Les marchés financiers sont tournés mardi vers la Réserve fédérale américaine (Fed), les investisseurs anticipant des baisses des taux imminentes dans une séance également animée par la situation politique en France après la chute du gouvernement Bayrou.
A Wall Street, vers 15h45 GMT, l’indice Nasdaq cédait 0,12% et le S&P 500 glissait de 0,03% quand le Dow Jones prenait 0,17%.
Le département américain du Travail a revu en forte baisse le nombre d’emplois créés entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025, soulignant que le ralentissement du marché de l’emploi avait déjà débuté durant la fin du mandat de Joe Biden.
Selon le Bureau des statistiques du travail (BLS), les entreprises américaines ont au final créé 911'000 emplois de moins sur l’ensemble de l’année fiscale 2024-2025, soit quasiment deux fois moins que ce qui avait été rapporté initialement.
De quoi encore renforcer les attentes de baisses de taux imminentes de la Fed. La prochaine réunion de son comité de politique monétaire se tiendra les 16 et 17 septembre.
En Europe, Francfort a terminé en baisse de 0,37%, quand Londres a gagné 0,23% et Milan 0,68%. A Zurich, le SMI a cédé 0,26%.
La Bourse de Paris, sur le devant de la scène au lendemain de la chute du gouvernement de la deuxième économie de la zone euro, a quant à elle pris 0,19%.
«On observe une véritable dichotomie: les actions font comme si de rien n’était, tandis que les obligations traduisent une défiance croissante», a relevé Matéis Mouflet, analyste marchés chez XTB France, évoquant la situation en France.
C’est dans ce contexte délicat que l’agence de notation financière Fitch pourrait faire basculer vendredi la note souveraine de la France du groupe AA («qualité haute ou bonne») au groupe A («qualité moyenne supérieure»).
Vers 15h45 GMT, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans évoluait à 3,47%, son équivalent italien était à 3,48% et l’allemand à même échéance s’élevait à 2,66%.
Sur le marché des changes, l’euro reculait de 0,33% face au dollar, à 1,1724 dollar pour un euro.
A l’agenda cette semaine, les investisseurs seront attentifs jeudi à la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) et à l’inflation américaine pour le mois d’août avec la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI).
L’or à des sommets
«Les anticipations de baisses des taux de la banque centrale américaine (Fed) sont actuellement le principal moteur des marchés financiers. Elles provoquent une flambée du prix de l’or», qui a atteint un nouveau record à 3'674,27 dollars l’once mardi, a souligné Kathleen Brooks, directrice de la recherche économique de XTB.
Vers 15h45 GMT, l’once d’or prenait 0,21% à 3'643,84 dollars.
Les minières industrielles dans le vert
Les valeurs minières industrielles ont grimpé mardi après l’annonce d’une fusion à plus de 50 milliards de dollars du géant minier britannique Anglo American avec le groupe canadien Teck Resources, pour donner naissance à Anglo Teck, un nouveau mastodonte du cuivre qui entend profiter du boom de ce métal pour améliorer sa rentabilité.
A Londres, où le secteur est particulièrement représenté, Anglo American a grimpé de 9,07%, Glencore de 5,29% et Antofagasta de 1,95%.
A New York, Teck Resources flambait de 13,94% vers 15h45 GMT.
Le pétrole fait face au risque géopolitique
Les cours du pétrole sont en hausse mardi, portés par la possibilité de nouvelles sanctions américaines contre la Russie et les tensions au Moyen-Orient.
«Nous sommes prêts à prendre des mesures fortes contre la Russie», a une nouvelle fois affirmé le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent.
Par ailleurs, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré avoir ordonné mardi l’attaque visant les dirigeants du Hamas au Qatar, après une fusillade meurtrière survenue la veille à Jérusalem et revendiquée par le mouvement islamiste palestinien.
Pour Jorge Leon, analyste de Rystad Energy, il s’agit d’une «nouvelle étape dans l’escalade en cours au Moyen-Orient» avec un «risque de débordement régional (qui) s’accroît». «Tout dépendra largement de la réaction du Qatar», note-t-il.
Vers 15h45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,02%, à 66,70 dollars, et celui du WTI américain gagnait 1,14%, à 62,97 dollars.