Gonet: l'actualité des marchés au 14 octobre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +1,29%, S&P 500 +1,56%, Nasdaq +2,21%, Russell +2,79%, SOX +4,93%, Eurostoxx +0,67%, SMI +0,03%.

Wall Street démarre sa semaine sur les chapeaux de roues. C’est un joli rebond technique que nous offrent les indices américains d’actions hier, portés par le TACO du weekend. Meilleure séance depuis mai pour le S&P500 (SPX) et le Nasdaq100 (NDX) qui récupèrent tous deux une bonne partie des pertes de vendredi. Les shorts sont rachetés, les mastodontes de la techs recherchés et l’appétit au risque retrouvé. Un appétit plutôt timide ceci dit, comme l’illustrent les volumes d’échanges en repli. Le podium du jour du SPX se compose de la tech, de la consommation discrétionnaire et des services de communication. Le breadth est clairement positif, la volatilité rentre dans le rang, le VIX perd 12% à 19,03, au passage il teste sa moyenne mobile à 200 jours, qui évolue actuellement à 19,26, à suivre. On notera que l’indice S&P500 équipondéré (SPW) progresse de 1% contre +1,56% au SPX, ce qui nous indique que l’effort acheteur de ce lundi n’est pas général. Côté marché obligataire c’est le calme plat, Columbus Day oblige, ce matin le 10 ans US traite à 4,01% (support à 4,00%) tandis que le 30 ans évolue à 4,61% (support à 4,60%).

Au chapitre des monnaies, le dollar semble vouloir poursuivre son redressement, la paire EUR/USD cote 1,1547 ce matin. On s’arrête un instant sur les métaux précieux, l’or s’envole chaque jour un peu plus, ce matin ne fait pas exception avec un nouveau record à 4179,70 dollars l’once peu avant 8 heures (CET), puis on entend un grand «plouf» sur les parquets de trading, et la relique barbare de se retrouver à 4090 dollars en quelques minutes, pour revenir actuellement à 4120 dollars. Quelqu’un a manifestement pris ses profits au petit-déjeuner, même constat sur l’argent (XAG) qui testait sa résistance historique de 49,45 dollars - 49,80 dollars (testée uniquement deux fois, en janvier 1980 et en avril 2011) depuis jeudi et la casse nettement hier, pour atteindre 53,54 dollars ce matin puis corriger d’un coup à 50,55 dollars et remonter à 52 dollars. On notera que le bitcoin corrige aussi ce matin, à suivre.

Mais pourquoi donc l’or et l’argent ont-ils décollé à ce point depuis février 2024, le métal jaune traitait alors autour des 2’000 dollars, l’argent à 23 dollars. L’affaiblissement du billet vert y a probablement contribué, mais pas au début, il a accéléré vers le bas à partir de février 2025. Les perspectives de baisses de taux de la Fed sont à prendre en compte, les craintes d’un retour de l’inflation dû au tarif du grand blond aussi. Mais n’est-ce pas paradoxal de voir ces deux valeurs considérées comme refuges monter au ciel main dans la main avec les actions liées à l’IA? On se tourne alors du côté des gouvernements, qui parviennent de moins en moins à contrôler leurs déficits, leurs budgets et pour certains leur parlement. L’indépendance des banques centrales est remise en question, étrange période, les investisseurs se détournent peut-être des obligations gouvernementales, trop risquées? Même le dollar, longtemps considéré comme LA valeur refuge fait peur, il faut dire que depuis le 20 janvier 2025 les Etats-Unis, encore première puissance économique mondiale, font de plus en plus peur tellement leur attitude est imprévisible.

Le rebond technique observé hier ne semble pas convaincant. Ce matin l’humeur du marché est maussade, la Chine a répondu à qui vous savez et impose des restrictions à cinq filiales américaines de Hanwha Ocean en réponse aux mesures américaines contre son industrie maritime. Elle évalue l’impact de l’enquête du bureau du commerce américain (USTR) sur son secteur et menace de nouvelles représailles. Les futures américains goutent peu la nouvelle, on se concentre sur l’agenda de la semaine qui est bien chargé. C’est aujourd’hui que démarre officiellement la saison 3 des résultats de sociétés, nous aurons notamment au menu Johnson & Johnson, Wells Fargo, JP Morgan, Goldman Sachs, Citigroup, Blackrock et General Mills. En parallèle la macro se fait rare, fermeture du gouvernement des Etats-Unis oblige, un nouveau deal géant et incestueux est annoncé dans le monde de l’IA (j’y reviens), Scott Bessent (le seul gars à la Maison-Blanche apparemment doté de capacité de discernement, le marché l’écoute donc) indique s’attendre toujours à une rencontre Xi – son patron à la fin du mois et, cerise sur le gâteau, Jerome Powell donne un discours aujourd’hui à 18h20.

Au chapitre «copains copines, on se prête l’usine», OpenAI et Broadcom annoncent un partenariat pour développer et déployer 10 gigawatts d’accélérateurs d’intelligence artificielle sur mesure. OpenAI concevra les puces, tandis que Broadcom fournira les solutions de connectivité dans les centres de données d’OpenAI et de ses partenaires. Le déploiement commencera en 2026 et s’achèvera en 2029. Les termes financiers ne sont pas divulgués, mais selon le Wall Street Journal, l’accord vaut plusieurs milliards de dollars. L’action Broadcom bondit de 9,9% hier, portée par l’annonce. Son CEO Hock Tan compare cette infrastructure d’IA à l’essor du chemin de fer ou d’Internet, tandis que Sam Altman indique qu’OpenAI dispose déjà de 2 gigawatts de capacité et voit une demande pour en utiliser 30. Cette collaboration s’ajoute à plusieurs accords récents d’OpenAI: un contrat de 300 milliards de dollars avec Oracle, un partenariat avec Oracle et l’administration Trump pour investir 500 milliards dans 10 gigawatts de capacités aux États-Unis, un projet de Nvidia pouvant atteindre 100 milliards, et un accord avec AMD pour devenir un fournisseur clé de puces d’IA. 

Au registre de la macro, cette semaine nous suivrons le discours de Jay Powell cet après-midi, puis les interventions du gouverneur Miran demain et jeudi, et celle du gouverneur Waller jeudi. Le dernier Beige Book de la Fed doit également être publié mercredi. En supposant qu’il n’y ait pas de nouvelles publications économiques gouvernementales, la semaine s’annonce plutôt légère en données, avec l’indice des petites entreprises de la NFIB mardi, l’indice Empire State mercredi, et l’indice de la Fed de Philadelphie ainsi que la confiance des constructeurs jeudi.

Au menu macro-économique de ce marci, l'indice ZEW de confiance des financiers allemands (11h00) et le discours de Jerome Powell (18h20) sont les deux principaux événements du jour.

Michelin abaisse ses objectifs pour 2025, le marché américain est difficile. Publicis voit sa croissance organique atteindre 5 à 5,5% cette année, contre 5% précédemment envisagé. Airbus va ouvrir de nouvelles lignes d'assemblage en Chine et aux Etats-Unis pour sa famille vedette, l'A320neo. Safran investit dans une nouvelle ligne d'assemblage du moteur d'avions LEAP au Maroc. Moody's a réduit de stable à négative la perspective de la notation crédit Baa2 de Stellantis. Ericsson enregistre une hausse de son bénéfice net au troisième trimestre, malgré un chiffre d'affaires en baisse. Givaudan publie des ventes trimestrielles proches des attentes du marché. ABB développe des centres de données d'IA de nouvelle génération avec Nvidia. Apple lance son iPhone Air en Chine, avec des précommandes qui débuteront le 17 octobre. Google va consacrer plus de 10 milliards de dollars à la construction d'un centre de données dans le sud de l'Inde. Le groupe annonce par ailleurs l'arrivée de Nano Banana dans Google Search, Notebook et Photos. Samsung Electronics a enregistré sa meilleure performance trimestrielle des trois dernières années au troisième trimestre. BYD songe à l'Espagne pour implanter une nouvelle usine.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse. Tokyo perd 2,58% à la cloche, Hong Kong abandonne 1,71%, Shanghai rend 0,62%, Séoul recule de 0,63% et le Nifty50 égare 0,52%. Le future SPX traite en repli de 0,9%, l’Europe ouvre en recul de 0,8%, retour de volatilité en vue?

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