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L’IA a faim de semi-conducteurs dans des proportions gargantuesques, hier c’est au tour d’AMD d’en profiter, la firme de Santa Clara et OpenAI (la maman de Chat GPT pour ceux qui vivraient dans une grotte sans WIFI) annoncent que la première nommée va fournir des GPU (Graphic Processing Unit) de type MI400 à la firme de Sam Altman, qui souhaite au passage s’émanciper un chouia de Nvidia. On parle tout de même ici de 6 gigawatts, ça claque et on se demande alors comment la société à but non lucratif, du moins à sa fondation en 2015, va faire pour payer tout ça. La facture s’élevant à environ 78 milliards de dollars, une paille de nos jours 4.0, OpenAI paiera les puces AMD le prix du marché, sans remise directe, mais en plus AMD lui accorde des warrants (options d’achat) sur 160 millions d’actions AMD à un prix de 1 cent par action. Ces options se débloqueront progressivement si OpenAI atteint certains objectifs liés à la puissance de calcul effectivement déployée (vous suivez? moi j’ai décroché). En bref, OpenAI paie plein tarif pour les puces, AMD s’assure de son côté un client important sur le long terme et devinez ce qui se passe en bourse hier? Mais oui… l’action AMD en hausse de 23,7% à la cloche, c’est qui qui a déjà virtuellement récupéré son prix d’achat?
Voici ici un exemple quasiment parfait d’un accord circulaire entre deux géants de la tech, ce n’est pas le premier et cela confirme la tendance du moment. Il faut noter que ces accords massifs entre géants de la tech créent une forte interdépendance qui concentre le pouvoir technologique et financier entre quelques acteurs, accroît les risques de régulation et de bulle spéculative tout en exposant potentiellement chacun à des paris technologiques incertains sur la viabilité de l’AGI (Artificial General Intelligence, ou intelligence artificielle générale: désigne une forme d’intelligence artificielle capable de raisonner, apprendre et s’adapter de manière autonome, dans n’importe quel domaine, comme le ferait un être humain).
Cet appétit insatiable de l’IA entretient une pression acheteuse sur les principaux indices d’actions américains, les perspectives de baisses de taux de la Fed restent en parallèle d’actualité, la macro est passée au second plan, fermeture provisoire du gouvernement des Etats-Unis oblige, on écoutera ceci dit tout de même quelques discours de banquiers centraux aujourd’hui, sans oublier non plus le début de la saison 3 des résultats trimestriels d’entreprises, dès mardi prochain.
Septième séance consécutive de hausse pour l’indice S&P500 (SPX) hier, le principal indicateur boursier de la planète atteint un nouveau record historique en clôture, tout comme le Nasdaq100 (NDX) et le Russell2000 (RTY). Notons que le NDX vient tester 25'000 points en séance, il termine sa journée à 24978 pts mais rassurez-vous, les casquettes et les t-shirts sont prêts. Le podium du jour du SPX se compose de la consommation discrétionnaire, des utilities et des services de communication. Les semi-conducteurs sont tirés vers le haut par AMD, Nvidia (NVDA -1,11%) boude et on observe que l’indice S&P500 équipondéré (SPW) recule très légèrement. Les géants de la tech sont à nouveaux aux manettes manifestement. La volatilité rend un peu de terrain, le VIX clôture à 16,37. C’est une journée clairement orientée vers le risque que celle d’hier, on recherche les valeurs de momentum, de croissance et aussi les petites capitalisations.
J’allais oublier…le gouvernement américain est toujours fermé, ce qui traumatise manifestement le marché.
Au chapitre obligataire, les rendements US sont plutôt calmes en ce début de semaine, le 10 ans évolue ce matin à 4,16%, son principal support se situe à 4,00%, tandis que le 30 ans évolue à 4,76%, sa moyenne mobile à 200 jours se situe actuellement à 4,79%, à noter qu’une death cross y est annoncée d’ici deux à trois séances. Côté monnaies, la paire EUR/USD cote 1,1682 ce matin, l’euro est affaiblit par le Muppet Show en cours en France, qui n’augure de rien de bon en l’état, la moyenne mobile à 50 jours de la paire se trouve à 1,1684.
Le président des Etats-Unis ouvre la voie à une possible sortie de l'impasse budgétaire en déclarant qu'il négocierait avec les démocrates sur les subventions pour les soins de santé, mais indique ensuite qu'il ne discuterait qu'une fois le gouvernement rouvert. Le Sénat rejette à nouveau un projet de loi provisoire.
Emmanuel Macron donne au Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu jusqu'à mercredi soir pour négocier avec les partis français dans un dernier effort pour endiguer la crise politique que traverse le pays.
Au programme du jour, les commandes d'usines allemandes (très nettement plus faibles que prévu), la balance commerciale US (14h30, probablement annulée à cause du shutdown) et plusieurs discours de banquiers centraux de la Fed, dont Michelle Bowman autour de 15h00.
Orsted boucle son augmentation de capital géante de 9,4 milliards de dollars. Novo Nordisk perd son appel contre la sélection par le gouvernement américain des produits d'insuline devant faire l'objet de négociations sur les prix. Un incendie majeur dans l'usine Novelis d'Oswego (aluminium) va perturber les constructeurs automobiles américains, notamment Ford, pendant des mois, selon le WSJ. Tesla devrait dévoiler un modèle Y moins cher pour relancer ses ventes. Spotify annonce que ses utilisateurs peuvent intégrer Spotify dans leurs conversations ChatGPT.
Cette nuit et ce matin en Asie, Tokyo grappille 0,01% à la cloche, Hong Kong, Shanghai et Séoul sont fermées tandis que le Nifty50 prend 0,3%. Le future SPX égare quelques miettes et l’Europe traite en repli de 0,1% dans les premiers échanges. Le pétrole cote 61,80 dollars le baril de WTI Light Crude, pendant que l’or grimpe un peu plus encore, ce matin à 3950 dollars l’once.