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Wall Street marque une pause, les intervenants ne semblent pas vraiment avoir envie de vendre, mais l’oxygène vient à manquer à l’altitude actuelle des principaux indices américains d’actions et les arguments pour chasser de nouveaux sommets font défaut. Les baisses de taux de la Fed de cette année sont probablement intégrées dans les prix, la situation macro-économique valide toujours un scénario «boucles d’or» soit une croissance économique ni trop chaude ni trop froide, mais la fermeture du gouvernement des Etats-Unis empêche d’y voir clair depuis neuf jours, de nombreuses publications étant supprimées. Le marché est probablement dans l’attente du début de la saisons 3 des résultats trimestriels d’entreprises, qui débute mardi prochain. Les indices traitent proches de leurs records historiques, leur progression des six derniers mois a été historique, le sentiment général est détendu comme rarement (surtout du côté de Dumb Money, les petits porteurs dont le niveau d’optimisme est entré en territoire extrême. Du côté de Smart Money, les professionnels, on est neutre). La volatilité du marché ne parvient plus à décoller, le VIX traite à 16,43, il nous indique que de nombreux intervenants ont baissé leur garde, un phénomène suffisamment préoccupant pour que Warren Buffett en personne sorte du bois et répète sa fameuse phrase: «L'investisseur doit être prudent lorsque les autres sont avides et avide lorsque les autres sont prudents». Le momentum actuel du marché semble fort comme rarement, cela est important aussi, un marché doté de momentum est très compliqué à stopper sur le court terme. Surfer une telle vague semble prendre du sens, le faire en portant un gilet est probablement encore une meilleure idée.
C’est une journée plutôt calme que vivent les traders hier, les volumes d’échanges sont faibles, l’indice S&P500 équipondéré (SPW) perd 0,82%, c’est nettement plus que le SPX et cela nous indique que les prises de bénéfices sont générales, hormis peut-être sur la tech, qui rend vraiment peu de terrain. Les géants du secteur sont partagés, Meta et Nvidia passent une belle journée tandis qu’Apple boude. On notera les bonnes performances de Delta Airlines (DAL +4,25%) et Pepsico (PEP +4,24%) qui jouent le rôle d’ouvreurs de la saison des résultats. Le podium du jour du SPX se compose des biens de consommation de base, des services de communication et de la tech. Le breadth est clairement négatif sur le SPX, légèrement sur le NDX, ce dernier parvient aisément à défendre le niveau de 25'000 points. Côté marché obligataire c’est tout de même très calme, le rendement du 10 ans US se maintient à 4,12% mais c’est du côté du 30 ans que l’œil du marché devrait se tourner, son rendement glisse en-dessous de 4,70%, une death cross s’est produite hier (la moyenne mobile à 50 jours a traversé la 200 jours vers le bas, un signal de vente), objectif technique réaliste 4,60%. Au chapitre des monnaies, le dollar semble aller de moins en moins, à moins que ce ne soit aussi l’euro qui fasse sa partie du travail, pénalisé par le pataquès politique navrant en cours en France. La paire EUR/USD traite ce matin à 1,1574, elle a cassé sa moyenne mobile à 100 jours (@1,1634), son prochain objectif technique se situe à 1,1392 (bas en séance du 1er août).
Tiens, en parlant de la France, le spread OAT/Bund traite à 81 points de base ce matin. Tout un chacun attend la nomination d’un huitième premier ministre sous l’ère Macron dès ce soir. Je me demande si au bout de 10, le onzième est gratuit. Blague à part, l’Europe entière serait reconnaissante que nos voisins mettent leurs affaires en ordre, ce dont plus ou moins tout le monde doute, à suivre de près.
L’or fait l’objet de prises de bénéfices, probablement en partie provoquées par la réduction de la prime de risque au Proche-Orient, mais aussi par le renforcement du billet vert. On jette un œil à l’argent, qui se prend pour l’or et dépasse les 50 dollars par once, record de tous les temps établi hier à 51,23%, cours actuel 50,46 dollars, le graphique est vertigineux, l’argent a (presque) atteint son niveau actuel seulement deux fois, la première en janvier 1980, la seconde en avril 2011, tentative de cassure à la hausse en cours, chaud devant?
Sur le plan macroéconomique, il n’y a pas grand-chose à signaler du côté de la Réserve fédérale cette semaine: le gouverneur Barr exprime des inquiétudes concernant les risques de reprise de l’inflation et se dit sceptique quant à l’idée d’ignorer les hausses de prix liées aux droits de douane. Par ailleurs, John Williams, de la Fed de New York mais qui connait la musique, évoque dans le New York Times la possibilité de nouvelles baisses de taux pour soutenir le marché de l’emploi. Aucun progrès n’est fait sur la question du blocage budgétaire aux États-Unis, même si les Républicains envisagent de voter les budgets ministère par ministère sur une base annuelle. L’émission obligataire du Trésor américain à 30 ans (22 milliards de dollars) se déroule légèrement en dessous des attentes, avec un rendement supérieur de 0,4 point de base, même si la demande étrangère reste solide, contrairement à la vente décevante d’obligations à 10 ans la veille.
Aux Etats-Unis, Le BLS rappelle son personnel afin de préparer le rapport sur les prix à la consommation de septembre avant la fin du mois, selon l’agence Bloomberg. Le bureau avait suspendu la publication des chiffres depuis la fermeture.
Au menu macro-économique de ce vendredi, l'indice de confiance de l'Université du Michigan sera publié à 16h00 aux Etats-Unis.
GTT enregistre une commande du chantier naval Hanwha Ocean. S&P relève la note d'Unicredit à «A-» avec perspective stable. AstraZeneca porte à 4,5 milliards de dollars l'investissement dans son usine de fabrication en Virginie (USA). La Chine prend des mesures douanières musclées à l'encontre des puces d'IA de Nvidia, selon le FT. Apple devrait élargir le rôle de certains de ses cadres supérieurs en réponse au départ imminent de Jeff Williams, son directeur des opérations, selon l’agence Bloomberg. Instagram (Meta) explore la possibilité d'une application TV dédiée à la vidéo, selon l’agence Bloomberg. Samsung Electronics grimpe de 5% pour la reprise des actions en Corée du Sud après les séances fériées, rattrapant son retard sur le secteur.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo perd 1,01% à la cloche, Hong Kong rend 1,72%, Shanghai abandonne 0,94%, Séoul gagne 1,73% et le Nifty50 avance de 0,51%. Le future SPX traite en très légère hausse tandis que l’Europe est inchangée dans les premiers échanges.
Le baril de WTI Light Crude recule à 61,20 dollars.