Edmond de Rothschild résilient face au coronavirus

AWP

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Le groupe genevois a amélioré son bénéfice net en 2020, malgré une performance opérationnelle et des volumes érodés.

Edmond de Rothschild a vu ses résultats fortement augmenter en 2020, dopés par l’intégration en 2019 de la banque française au sein de la maison-mère genevoise. A périmètre constant, le groupe genevois a amélioré son bénéfice net, malgré une performance opérationnelle et des volumes érodés. Son président, Benjamin de Rothschild, est décédé en janvier.

La masse sous gestion s’est étiolée de 3% à 168 milliards de francs, une baisse causée principalement par des taux de change défavorables mais également un recentrage sur des marchés et clientèles cibles, indique mercredi Edmond de Rothschild.

Les entrées nettes d’argent ont atteint 0,4 milliard de francs, après des reflux de 2,4 milliards en 2019. «En France et à Monaco, la collecte a atteint des niveaux historiques», expliqué à AWP Vincent Taupin, directeur général (CEO) du groupe qui emploie 2500 personnes et présente 32 implantations dans le monde.

La clientèle privée a contribué à cette collecte à hauteur de 2 milliards de francs. Dans la gestion d’actifs, Edmond de Rothschild a enregistré des entrées de 2,2 milliards dans les actifs dits réels, à savoir l’immobilier, l’infrastructure et le capital-investissement, pour un total de 18 milliards de francs de masse sous gestion.

En revanche, un reflux de l’ordre de 3 milliards est constaté pour la partie traditionnelle de la gestion d’actifs, les fonds plus liquides. «Ces sorties se sont concentrées sur la période mars-avril, au plus haut des turbulences de marché, et sont cohérentes par rapport à ce que nos concurrents ont pu expérimenter», considère Cynthia Tobiano, CEO adjointe.

En termes de performances, le groupe bancaire a fortement profité de la reprise des marchés au deuxième semestre pour la gestion d’actifs, après la chute boursière du printemps. Du côté de la banque privée, l’évolution s’est révélée «excellente» en 2020.

Actuellement, 85% des employés sont astreint au télétravail, une contrainte qui n’a pas empêché de l’établissement genevois nouer de nouvelles relations commerciales qui ont contribué à la collecte, assure Vincent Taupin.

Marques de soutien

Les recettes se sont envolées de 15% à 894 millions de francs, grâce à l’intégration de la banque française. Les revenus récurrents ont profité de volumes de transactions élevés qui ont soutenu les commissions.

Le résultat brut d’exploitation a bondi d’un cinquième à 157 millions de francs, mais affiche un recul de 7% à périmètre constant. La banque privée et la gestion d’actifs ont soutenu la performance opérationnelle, contrairement aux activités de bilan. Pour ces dernières, «il a manqué l’année dernière 30 à 40 millions de revenus par rapport à 2019, ce qui est conjoncturel», selon Mme Tobiano.

Le bénéfice net a gonflé de près de 30% - ou augmenté de 4% à périmètre constant - à 57 millions de francs.

Depuis septembre 2019, la banque privée Edmond de Rothschild n’est plus cotée à la Bourse suisse. Les dernières actions n’étant pas en mains de la holding genevoise ont été annulées en juin dernier.

Le président de la banque Benjamin de Rothschild a succombé en janvier d’une crise cardiaque, ce qui a affecté le personnel du groupe, souligne Vincent Taupin. «Tout le monde le connaissait, tout le monde l’appréciait, cela a touché nombre de nos collaborateurs. Nous avons reçu beaucoup de témoignages de clients qui nous ont fait part de leur sympathie et de leur soutien.»

Au niveau des affaires, les premiers mois de 2021 se sont révélés favorables en termes de collecte et de génération de revenus. «Nous sommes conformes voire au-dessus des budgets», note le directeur général.

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