Barclays: échec de l’investisseur activiste Edward Bramson

AWP

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Le patron du fonds Sherbone, qui détient 5,5% de la banque, n’a convaincu que 13% de l’actionnariat de le laisser entrer au conseil d’administration.

Les actionnaires de la banque britannique Barclays ont massivement voté jeudi contre l’entrée au conseil d’administration d’un investisseur activiste qui pousse pour une restructuration de la branche d’investissement.

Plus de 87% des actionnaires se sont prononcés contre la résolution prévoyant d’accorder un siège à Edward Bramson, qui n’a recueilli que moins de 13% des votes en sa faveur, selon les résultats de l’assemblée générale publiés par Barclays.

Cette réunion annuelle s’est tenue à la mi-journée non loin du Parlement britannique dans le centre de Londres et a même été perturbée quelques instants par des militants écologistes protestant contre le financement des énergies fossiles.

L’investisseur activiste, qui détient une participation de 5,5% au capital via son fonds Sherbone, voulait obtenir un siège au conseil d’administration afin de peser sur la stratégie de la banque.

Ce Britannique établi à New York a dans son viseur la banque d’investissement de Barclays et pousse pour réduire la voilure dans cette activité très dépendante des marchés financiers et aux résultats plus erratiques que la banque de détail.

Barclays est lui-même conscient des performances décevantes dans cette branche dont la rentabilité n’est pas à la hauteur de ses attentes face à la dure concurrence des banques américaines, ce qui a conduit le directeur général Jes Staley à reprendre récemment en main cette activité afin de rassurer les actionnaires.

M. Bramson avait lui-même concédé sa défaite en arrivant à l’assemblée générale à laquelle il a assisté, selon la presse britannique. «Je pense qu’il est juste de dire que nous savons que nous n’avons pas obtenu la majorité des votes», avait-il alors déclaré, ajoutant s’attendre depuis plusieurs jours à une «assez lourde» défaite.

La direction a de son côté profité des discours introductifs pour rappeler sa forte opposition au projet de M. Bramson.

«Le conseil d’administration ne soutient pas cette désignation, dont nous pensons qu’elle déstabiliserait le groupe, en particulier au moment où nous avons tourné la page d’un passé turbulent», a souligné son président John McFarlane qui laisse sa place à un dirigeant de Rothschild, Nigel Higgins.

Sous l’égide de M. Staley, Barclays a entrepris une vaste restructuration ces dernières années, en réduisant sa présence dans certains pays pour devenir une banque transatlantique, focalisée sur ses activités européennes, notamment britanniques, et américaines dans la banque de détail et d’investissement.

Lors de l’assemblée générale, les actionnaires ont par ailleurs fait part d’un certain mécontentement sur les rémunérations proposées pour les dirigeants de la banque.

Cette résolution a été validée, mais 29% des actionnaires s’y sont opposés. Le conseil d’administration s’est dit «déçu» et indique vouloir comprendre les raisons de cette opposition.

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