Suivi de Visa par Bordier

Daniel Pellet, Bordier & Cie

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Visa a battu le consensus en termes de bénéfice par action. Le groupe reste contre vents et marées le leader en matière de réseau de cartes de crédit.

En dépit d’un volume en hausse plus modeste que prévu, Visa enregistre des résultats solides pour son T2 fiscal 2019 (NB: l’exercice se termine à fin septembre), avec des revenus en hausse de 8.3% a/a, un peu mieux que les attentes du consensus (+7.7%), tirés par une réduction des incitations et une hausse des «Autres revenus». Les dépenses sont cependant restées assez élevées (surtout du côté des G&A, les frais généraux et administratifs) et pèsent sur les marges.

En termes de bénéfice par action (BNA), Visa a battu le consensus avec USD1.31, vs USD1.25 attendu, bénéficiant d’un taux d’impôts plus faible et un gain exceptionnel sur investissement (USD84mio). Les marges opérationnelles (ajustées) sont en ligne (à 66.7%). Le volume des transactions transfrontières s’est accru de 6%, en ligne avec les tendances commerciales de janvier à décembre, et s’est également renforcé au mois d’avril. Visa table sur une accélération pour le reste de l’année (croissance double digit), tirée par des effets sur les prix et des effets moindres des taux de change. Enfin, si la croissance des dépenses demeure modérée, les marges devraient montrer une certaine expansion, notamment au T4.

Globalement, les revenus T2 de Visa ressortent à USD5.5mia (+8% a/a et ~+10% a/a à tcc), légèrement supérieurs aux attentes. NB: revenus bruts de USD6.97mia en hausse de 10%, moins «client incentives» de USD1.48mia (+15% a/a, ou 21.2% des revenus bruts) donnent le revenu net. Le BN atteint USD3mia (+14% a/a) et le BNA USD1.31 (+17%), vs consensus à 1.25. Le volume de paiements ressort à USD2089mia (+4% et +8% à tcc), dont 55% à l’international et 45% aux USA, avec d’un côté les cartes de crédit (+2 et +7% respectivement) à USD1143mia, et de l’autre les cartes de débit (+5 et +10%) à USD946mio. Quant aux nombre de transactions, Visa annonce une hausse de 9% du total des transactions à 47.365mia (dont 33% credit card et 67% debit card).  

Les perspectives pour l’exercice en cours ont été réitérées: une croissance des revenus annuels au minimum de «low double digits» avec une variation de +/- 1 pt due au taux de change. Les «Client incentives» seront entre 22 et 23%des revenus bruts. La croissance des dépenses opérationnelles serait de «mid to high single digit», le taux effectif d’impôts de l’ordre de 20% et la croissance des BNA revue à la hausse à «high-end of mid-teens», +/- 1.5ppt pour les effets de change.

Alors que les volumes de transactions transfrontières montraient des signes de reprise, malgré les turbulences liées au Brexit, la Commission européenne va obliger Visa (et son concurrent Mastercard) à réduire sensiblement les coûts de paiement en Europe par carte bancaire émise en dehors de la région (aux USA ou en Asie par exemple). Les mesures de la CE, contraignantes, permettront aux détaillants qui acceptent des paiements effectués avec des cartes émises hors de l’Espace économique européen, de réduire leurs coûts (NB: Visa et Mastercard facturent des frais pour les paiements transfrontières, frais répercutés sur les prix de vente des marchandises).

Visa reste contre vents et marées le leader en matière de réseau de cartes de crédit, bénéficiant des opportunités de croissance à l’international et du potentiel des paiements numériques. Modèle Core Holding sous revue (le titre ayant rejoint sa valeur théorique). En termes de PER, Visa se traite à des niveaux élevés (30.5x pour 2019e, 26.4x pour 2020e et 22.7x pour FY2021e). Source: FactSet