Roche limite l’impact du tarissement des recettes COVID-19

AWP

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Le cœur de métier dans la pharma a affiché une croissance de 4,8% à 11,70 milliards, grâce notamment au nouveau produit ophtalmique Vabysmo. L’action clôture en repli de 2,57%.

Roche a bel et bien souffert au premier trimestre 2023 de l’abrupte normalisation des recettes réalisées dans la franchise COVID-19, la vague omicron ayant fait exploser les ventes de tests sur la base de comparaison. Le coeur de métier dans la pharma a néanmoins affiché une croissance de 4,8% à 11,70 milliards de francs.

Homologué début 2022 aux Etats-Unis, le Vabysmo contre de la dégénérescence maculaire humide liée à l’âge (DMLA) et l’oedème maculaire diabétique (OMD) a à lui seul surcompensé un manque à gagner attribué à la concurrence des biosimilaires estimé à 330 millions de francs. La performance a aussi été portée par des ventes de l’anti-coronavirus Ronapreve au Japon pour 567 millions, quand celles-ci ont déjà disparu des autres débouchés du groupe.

En première ligne avec sa panoplie de tests tout au long de la crise sanitaire, la division Diagnostics a accusé une chute de près d’un tiers de ses recettes, à 3,62 milliards de francs, selon un communiqué publié mercredi. Le chiffre d’affaires du groupe a au final fondu de 7% à 15,32 milliards, ou 3% à taux de changes constants (tcc).

Piliers de croissance au rendez-vous

L’Ocrevus contre la sclérose en plaques, l’Hemlibra contre l’hémophilie, l’Evrysdi contre l’amyotrophie spinale et le Tecentriq en oncologie ont aussi contribué à l’essor des revenus.

La performance s’avère supérieure aux projections des analystes consultés par AWP, qui tablaient en moyenne sur un chiffre d’affaires total de 14,80 milliards de francs, dont 10,98 milliards dans la pharma et 3,81 milliards dans le diagnostic.

La direction reconduit ses ambitions pour l’ensemble de l’exercice, comprenant un tassement de 1 à 5% des revenus comme du bénéfice par titre ajusté hors effets de change. Les revenus de la franchise Covid-19 doivent notamment s’évaporer d’environ 5 milliards de francs, tandis que le manque à gagner attribuables aux biosimilaires reste devisé à 1,6 milliard.

Les actionnaires devraient quoi qu’il en soit à nouveau profiter d’une amélioration de leur rémunération.

Sur le front du renouvellement du portefeuille, le nouveau directeur général (CEO) Thomas Schinecker a laissé entrevoir en téléconférence de presse trois nouveaux lancements de produits d’ici la fin de l’année-.

Nébuleuse Covid-19

Les analystes attribuent la discrépance entre leurs pronostics et les résultats à l’évolution capricieuse des recettes afférentes à la crise sanitaire. «La croissance sous-jacente de Roche sera plus aisément perceptible une fois évaporés les revenus liés à la pandémie», observe Stefan Schneider, pour Vontobel.

Chez Stifel, Eric Le Berrigaud met en exergue l’inattendue contribution de 567 millions de francs pour la distribution du Ronapreve au Japon, soit 400 à 500 millions de plus qu’escompté. Apurée de cet effet exceptionnel, la performance s’avère peu ou prou conformes aux expectatives, poursuit l’expert.

Honorable, la performance n’a guère été du goût des investisseurs, le bon de jouissance Roche clôturant la séance sur un net repli de 2,57% à 274,65 francs, alors que l’indice de référence SMI a cédé 1,29%.

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