Bourses européennes en ordre dispersé dans un climat d’incertitudes

AWP

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L’Eurostoxx 50 a reperdu les points qu'il avait gagnés la veille.

Les Bourses européennes ont fini la semaine sans direction vendredi, optant pour l’attentisme la semaine prochaine avant d’en savoir plus sur différents dossiers, notamment sur les relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et le Brexit.

Après avoir progressé en début de semaine, le marché, qui «s’est peut-être emballé, notamment sur les pourparlers entre les Chinois et les Américains» dont il attendait des détails concrets, «revient à la réalité» affichant «une volonté de prise de distance avant le week-end», a indiqué à l’AFP Frédéric Rozier, gérant de portefeuille au sein de Mirabaud France.

La reprise des derniers jours était «plutôt technique», a affirmé le spécialiste. Pour lui, «le marché n’est pas mûr pour l’instant pour rebondir», la prudence étant de mise avant le vote sur le Brexit et la série de résultats d’entreprises américaines attendue la semaine prochaine.

Sur le front du Brexit, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a assuré vendredi que «tous les efforts» devaient être faits pour éviter le scénario d’un divorce sans accord, d’ici un vote crucial du Parlement britannique mardi. La principale organisation patronale britannique, la CBI, a estimé qu’un Brexit sans accord serait «ingérable» compte tenu de ses conséquences sur l’activité des entreprises et l’économie à prévoir.

Sur le plan des indicateurs, la croissance économique au Royaume-Uni s’est un peu ressaisie en novembre, mais continue à manquer de tonus du fait des incertitudes du Brexit.

En Italie, la production industrielle a diminué de 1,6% en novembre sur un mois et en Espagne, elle a chuté de 2,6% en novembre sur un an.

Outre-Atlantique, les prix à la consommation ont reculé de 0,1% en décembre sur un mois, comme s’y attendaient les analystes, en raison de la chute des prix de l’énergie.

A New York, les indices évoluaient en légère baisse à la mi-séance: vers 17H20 GMT, le Dow Jones Industrial Average reculait de 0,26% à 23.939,85 points, l’indice élargi S&P 500 cédait 0,23% à 2.590,58 points et le Nasdaq perdait 0,35% à 6.961,52 points.

L’Eurostoxx 50 a perdu 0,18%.

La Bourse de Paris a cédé 0,51%, à 4.781,34 points. Valeo (-6,35% à 25,37 euros) a été particulièrement plombé par un abaissement de sa recommandation à «réduire» contre «conserver» auparavant par Kepler Cheuvreux. Michelin a cédé 2,73% à 86,78 euros et Renault a perdu 2,24% à 55,34 euros. Carlos Ghosn, bâtisseur de l’alliance Renault-Nissan, a fait l’objet de deux nouvelles inculpations par la justice japonaise, prolongeant sa détention au Japon. Marie Brizard a chuté de 4,90% à 2,72 euros. Le président du conseil d’administration du groupe, Benoît Hérault, a annoncé sa prochaine démission.

A Francfort, le Dax a perdu 0,31% à 10.887,46 points. L’équipementier Continental, plombé par une recommandation à la baisse d’UBS et qui sort déjà d’une année boursière difficile, a perdu 2,05% à 126,50 euros. BMW a reculé de 0,97% à 71,83 euros et Daimler de 0,78% à 48,91 euros. Volkswagen (-1,89% à 142,18 euros), au coude à coude avec Toyota et l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi pour la place de numéro un mondial, a annoncé vendredi des ventes en hausse de 0,9% l’an dernier, établissant un nouveau record à 10,83 millions de véhicules.

La Bourse de Londres a reculé de 0,36%, l’indice FTSE-100 des principales valeurs terminant à 6.918,18 points. Les majors pétrolières ont pâti d’un recul des cours du brut. BP a lâché 1,10% à 521,20 pence et Royal Dutch Shell (action «B») 1,22% à 2.389,00 pence. Les valeurs minières ont été pénalisées par des prises de bénéfices après l’optimisme des derniers jours à propos des discussions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, premier pays importateur mondial de métaux industriels. BHP a perdu 0,32% à 1.611,40 pence et Rio Tinto 0,39% à 3.867,50 pence.

A la Bourse de Milan, l’indice FTSE Mib a baissé de 0,06% à 19.290 points. La meilleure performance a été réalisée par le groupe de médias Mediaset (+3,08% à 2,91 euros), suivi de Fiat Chrysler (+2,5% à 14,212 euros), tandis que l’équipementier automobile Brembo a subi la chute la plus importante (-3,89% à 9,88 euros).

A Madrid, l’indice Ibex 35 a clos en légère hausse de 0,23% à 8.877,10 points. A la hausse, Mediaset Espana a bondi de 2,90% à 6,10 euros, tandis que Tecnicas Reunida a lâché 2,65% à 22,42 euros.

La Bourse de Zurich a ralenti sa progression, l’indice SMI des valeurs vedettes clôturant la semaine en légère hausse de 0,30% à 8.828,22 points. Le grand gagnant de la séance est le groupe suisse Richemont (+2,80% à 67,40 francs). Le numéro deux mondial du luxe a publié vendredi un chiffre d’affaires dopé par ses acquisitions dans la vente en ligne au troisième trimestre malgré un ralentissement de sa croissance, notamment en France affectée par le mouvement des «gilets jaunes». Le géant des matériaux de construction LafargeHolcim, qui a décroché une grosse commande aux Pays-Bas, selon l’agence de presse suisse AWP, a également terminé en haut du tableau (+1,42% à 44,37 francs). A l’inverse, le groupe d’ingénierie helvético-suédois ABB a chuté de 1,92% à 19,11 francs.

L’indice PSI 20 de la Bourse de Lisbonne a pris 0,71%, à 4.958,61 points. Le groupe Mota Engil a pris 2,56% à 1,77 euro, tandis que Pharol a reculé de 0,53% à 0,19 euro. 

L’indice AEX des principales valeurs de la Bourse d’Amsterdam a fini en hausse de 0,18% à 498,65 points. A la hausse, le spécialiste néerlandais de la peinture AkzoNobel a pris 1,17% à 70,68 euros. A la baisse, l’industriel Aalberts a chuté de 1,79% à 29,05 euros.

La Bourse de Bruxelles a terminé presque à l’équilibre (-0,04%), l’indice Bel-20 des valeurs vedettes s’affichant en clôture à 3.411,73 points. Parmi les 20 valeurs du Bel-20, Ageas a pris 0,86% à 39,40 euros. A l’inverse, Argenx a décliné de 1,99% à 93,70 euros.