Le dollar recule légèrement vendredi, le marché tablant de moins en moins sur une hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) dès octobre, malgré des chiffres de l’inflation en hausse publiés cette semaine.
Vers 18H55 GMT, le billet vert perdait 0,11% face à la monnaie unique européenne, à 1,1232 dollar pour un euro.
En cause, selon Kevin Ford, de Convera: «la décision prise à Bangkok par le président (de la Fed, ndlr) Kevin Warsh de ne pas alimenter les anticipations d’une hausse des taux en octobre.»
En marge des assemblées du FMI à Bangkok, Kevin Warsh s’est en effet «gardé, sans surprise, de fournir la moindre indication sur l’orientation future de la politique monétaire», remarque Patrick O’Hare, de Briefing.com.
«Nous cherchons naturellement à savoir ce que nous réservent 2027 et 2028, mais personne ne possède une capacité de prévision infaillible», a déclaré M. Warsh.
La publication cette semaine de données d’inflation plus élevées que prévu avait pourtant, dans un premier temps, accru les anticipations de hausse de taux de la Fed et fait monter le dollar.
Mais les opérateurs tablent désormais en grande majorité sur un statu quo lors de la prochaine réunion de l’institution, fin octobre, suivie d’un relèvement des taux lors du rendez-vous de décembre, selon l’outil de veille CME FedWatch.
Aux propos de Kevin Warsh s’ajoutent «les commentaires plus prudents de certains membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC)», affirme Thu Lan Nguyen de Commerzbank.
«Le président de la Fed de New York, John Williams, (...) a, comme beaucoup de ses collègues, plaidé en faveur d’une nouvelle hausse de taux» mais «il n’a guère laissé transparaître un sentiment d’urgence», souligne l’analyste.
En parallèle, la livre «continue de faire preuve de résilience» sur le marché des changes, note Derek Halpenny, analyste de MUFG.
La devise britannique «est restée globalement stable face au dollar américain depuis la fin juin», précise-t-il, contrairement à l’euro qui s’est enfoncé.
Le PIB du mois d’août était meilleur que prévu et depuis le début de l’année l’économie britannique résiste mieux qu’attendu au choc énergétique.
«La résilience de l’économie donne à la Banque d’Angleterre la marge nécessaire pour relever les taux», estime Mme Nguyen.