Le dollar gagne du terrain mercredi, porté par des données d’inflation plus élevées que prévu aux Etats-Unis, qui confortent les perspectives de resserrement monétaire de la banque centrale américaine (Fed).
Vers 19H45 GMT, le billet vert prenait 0,44% face à la monnaie unique européenne, à 1,1149 dollar pour un euro, retrouvant des niveaux plus vus depuis mai 2025.
Il avançait aussi de 0,54% face à la devise britannique, à 1,3187 dollar pour une livre.
L’inflation américaine a poursuivi son accélération au mois de septembre, avec une hausse des prix de 3,7% sur un an, toujours largement tirée par les prix de l’énergie, selon les données officielles publiées mercredi.
Les analystes tablaient sur une progression moindre de cet indice des prix à la consommation (CPI), de 3,6% d’après le consensus publié par Trading Economics.
Dans la foulée, «les rendements des bons du Trésor ont fortement augmenté, (...) les marchés ayant revu à la hausse la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt en octobre», à l’issue de la prochaine réunion de la Fed, explique Kevin Ford, de Convera Bank.
Une politique monétaire ferme est de nature à soutenir une devise, d’où l’appréciation du «buck» - l’un des surnoms de la monnaie américaine.
James Knightley, économiste pour ING, souligne toutefois que les responsables de la Fed John Williams, Philip Jefferson et Christopher Waller ont laissé entendre «qu’il n’était pas nécessaire de procéder à des hausses consécutives des taux d’intérêt», se prononçant plutôt en faveur d’une approche «lente et régulière».
Il s’attend à ce que la Fed fasse preuve de «prudence et de circonspection dans le resserrement de sa politique monétaire».
En parallèle, «le risque français continue de peser» sur l’euro, affirme Francesco Pesole, analyste chez ING.
L’écart de rendement sur les taux d’emprunt à 10 ans entre la France et l’Allemagne s’est un peu resserré mardi, mais «sous l’effet d’un mouvement de soulagement sur le marché obligataire mondial» plutôt que de facteurs propres à la France, estime M. Pesole.
La dette publique française est attendue à un niveau record en 2027, à 121,7% du PIB. Selon les derniers chiffres publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques, elle représentait déjà 119% de la richesse nationale à la fin du mois de juin.