Les prix à la consommation ont continué de progresser en septembre en comparaison annuelle, poussés par la flambée des hydrocarbures en raison de la guerre au Moyen-Orient.
L’inflation en Suisse a accéléré en septembre de 1,0% sur un an, a indiqué jeudi dans un communiqué l’Office fédéral de la statistique (OFS). Les prix avaient déjà crû de 0,8% en août.
Mais l’inflation sous-jacente - hors prix volatils de l’énergie, des carburants et des produits frais - n’a crû que de 0,5% en comparaison annuelle, soulignant l’effet important du prix des hydrocarbures.
Comparé au mois précédent, l’indice des prix à la consommation (IPC) est par contre resté stable, en raison de «tendances opposées, qui se sont dans l’ensemble compensées», ont complété les statisticiens fédéraux.
L’évolution des prix est conforme aux prévisions des économistes interrogés par l’agence AWP. Ces derniers tablaient sur une inflation entre 0,7% et 1,2% sur un an en septembre. La variation mensuelle était attendue entre -0,3% et +0,2%.
En comparaison annuelle, les plus importants contributeurs à la hausse des prix sont le mazout (+65%), le diesel (+28,7%) et l’essence (19,9%). A l’inverse, les locations de voitures (-12,3%), ainsi que les chaussures pour hommes (-7,7%) et femmes (-6,9%) ont affiché des baisses notables des prix.
L’envolée des prix des carburants s’explique par la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz dans le golfe Persique, auquel est venu s’ajouter celui de Bab-el-Mandeb en mer Rouge. Sur un an, le prix du baril de Brent, référence mondiale du brut, a décollé d’environ 52%.
Parmi les principaux postes de dépenses des ménages, l’alimentation et les boissons ont reculé (-1%) sur un an, alors que les loyers (+1,6%) ont poursuivi leur progression. Les coûts de la santé sont quant à eux restés quasiment stables (-0,1%).
Une BNS attentiste
«Le chiffre le plus révélateur est (...) celui de l’inflation hors produits pétroliers, qui atteint seulement 0,3% sur un an», a estimé Arthur Jurus, directeur des investissements à la banque Oddo BHF Suisse. Mais «pour les ménages, une énergie plus chère absorbe du pouvoir d’achat et limite les autres dépenses. L’augmentation des prix de l’énergie peut donc affaiblir la demande intérieure, sans traduire une surchauffe de l’économie», a-t-il averti.
Pour Brian Mandt, de la Banque cantonale de Lucerne, «la dépréciation du franc, bien que modérée, exerce une pression à la hausse. Les prix des biens importés ont ainsi nettement augmenté» de 2,1%. Face à cette situation, «la BNS n’est donc pas contrainte de relever rapidement son taux directeur», a ajouté l’expert.
La Banque nationale suisse, qui a observé le statu quo monétaire mi-septembre, table elle sur un taux d’inflation moyen de 0,7% cette année et de 0,8% la suivante, soit nettement dans les clous de la stabilité des prix qu’elle défend avec une inflation entre 0% et 2%.