BNS: trop tôt pour adopter un ton plus restrictif

Nadia Gharbi, Pictet Wealth Management

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Décembre semble probablement trop tôt pour que la BNS entame un cycle de resserrement monétaire, même si les conditions propices à une hausse des taux se mettent progressivement en place.

Comme prévu, la BNS a laissé son taux directeur inchangé à 0%. Son discours concernant le marché des changes a toutefois légèrement évolué. L’engagement pris en juin d’une «volonté accrue d’intervenir ... pour contrer une appréciation rapide et excessive du franc suisse» a été remplacé en septembre par un engagement à être «active sur le marché des changes lorsque cela est nécessaire afin d’assurer des conditions monétaires appropriées», reflétant une diminution des pressions à l’appréciation sur le franc.

Les prévisions d’inflation ont été révisées à la hausse, en particulier à court terme en raison de la hausse des prix du pétrole et à moyen terme en raison de l’affaiblissement du franc.

Lors de la conférence de presse, l’attention s’est concentrée sur la révision des indications concernant le marché des changes, ses implications pour la politique monétaire ainsi que sur les conditions susceptibles d’amener la BNS à relever ses taux.

Concernant la devise, Martin Schlegel a indiqué que les pressions à l’appréciation du franc s’étaient quelque peu atténuées, notamment en raison de l’élargissement des écarts de taux d’intérêt avec d’autres régions. Toutefois, la BNS reste prête à intervenir «dans un sens comme dans l’autre» si nécessaire. Sur les taux, Schlegel a réaffirmé que l’orientation actuelle de la politique monétaire demeure appropriée et que les décisions futures seront prises réunion après réunion, sans donner d’indication quant au calendrier d’un éventuel resserrement.

Dans l’ensemble, cette décision n’a comporté aucune surprise majeure et renforce notre opinion selon laquelle il est encore trop tôt pour que la BNS adopte une posture plus restrictive.

La Suisse ne connaît pas les mêmes dynamiques inflationnistes que les Etats-Unis ou la zone euro, et les pressions sur les prix domestiques restent modérées. Toutefois, des prix de l’énergie durablement élevés, une économie résiliente et un franc plus faible dans un contexte d’élargissement des écarts de taux pourraient progressivement renforcer les pressions inflationnistes.

Décembre semble probablement trop tôt pour que la BNS entame un cycle de resserrement monétaire, même si les conditions propices à une hausse des taux se mettent progressivement en place. Beaucoup dépendra de l’évolution des prix de l’énergie et du franc suisse dans un environnement mondial incertain. Même dans ce scénario, tout cycle de resserrement en Suisse devrait rester modéré.

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