Points clés
- L’économie mondiale passe de l’efficacité «just-in-time» à la résilience «just-in-case»
- Trois dimensions se dégagent du «Great Rewiring»: commerce, capital et production
- Les valeurs émergentes et développées ainsi que l’immobilier coté signent les meilleures performances
Robeco a publié la 16e édition de son rapport sur les perspectives à 5 ans «Expected Returns 2027-2031», intitulé «The Great Rewiring» (Le grand recâblage). Cette analyse montre que, à l’instar du cerveau humain qui se reconfigure face aux perturbations, l’économie mondiale met en place de nouvelles voies pour contourner les goulets d’étranglement économiques, tels que le conflit au Moyen-Orient.
Selon ces perspectives, la quête d’une plus grande sécurité énergétique et l’essor de l’intelligence artificielle, qui remodèle l’ensemble du paysage économique, annoncent une nouvelle ère, où l’efficacité cède progressivement la place à la plasticité. Par le passé, les investisseurs évoluaient dans un monde optimisé pour l’efficacité. Aujourd’hui, l’architecture économique passe du modèle «just-in-time», fondé sur l’efficacité, à un modèle «just-in-case», qui privilégie la résilience.
La fragmentation géopolitique, comme la fermeture en 2026 du détroit d’Ormuz, par lequel transite un sixième des approvisionnements énergétiques mondiaux, l’illustre bien. L’économie mondiale crée de nouvelles voies pour contourner ces goulets d’étranglement, notamment grâce à une forte hausse des investissements dans les sources d’énergie renouvelable afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles.
Peter van der Welle, stratégiste de l’équipe Solutions multi-actifs chez Robeco: «L’an dernier, nous soutenions que le monde entrait dans une “Renaissance sans souffle”: une période durant laquelle des progrès technologiques extraordinaires coexistaient avec un frein dû à l’incertitude élevée entourant les politiques économiques. Cette année, nous restons fermement attachés à la composante Renaissance de cette thèse, mais nous sommes désormais enclins à nuancer l’élément “sans souffle”.»