Le retour des revenus obligataires, mais la prudence reste de mise

Vivek Paul, Natalie Gill, Laszlo Tisler, James Turner, Jack Hattem, BlackRock Investment Institute

1 minute de lecture

Après des années de rendements proches de zéro, les obligations rapportent à nouveau un revenu aux investisseurs. Mais la manière dont ce revenu se génère a changé et la sélectivité dans la recherche de ce rendement devient plus essentielle que jamais.

Un cycle de hausse des taux qui se poursuit

Le mouvement de normalisation des rendements obligataires souverains amorcé après la pandémie s'est prolongé en 2026, à mesure que s'installe le nouveau régime économique dicté par la rareté de l'offre. Les obligations d'État à long terme sont particulièrement exposées à ce repositionnement, la prime de terme progressant de pair avec les taux directeurs.

Les points clés de la publication:

  • Un paysage de revenu transformé. Après plus d'une décennie de taux ultra-bas dans le sillage de la crise financière mondiale, les investisseurs évoluent désormais dans un environnement où les rendements se sont durablement repositionnés à la hausse. Depuis la pandémie, la persistance des pressions inflationnistes, l'endettement croissant des États et la demande de capitaux pour financer le développement de l'intelligence artificielle alimentent un contexte de taux élevés pour longtemps, avec un risque de duration accru à la clé.
  • Plus de 80% de l'univers obligataire mondial offre désormais un rendement supérieur à 4%, tandis que le rendement moyen du portefeuille stratégique du BII a grimpé à 5,6%, contre 2,3% en 2021. Les investisseurs doivent néanmoins rester sélectifs quant aux risques qu'ils acceptent de prendre pour capter ce revenu.
  • Des rendements plus élevés ne signifient pas automatiquement de meilleures opportunités. La sélectivité est cruciale, en particulier dans un marché où les risques de duration, de crédit et de liquidité sont en cours de repricing.
  • Le rôle traditionnel des obligations a évolué. Les emprunts d'État à longue échéance sont devenus plus vulnérables à l'inflation et aux pressions budgétaires, et se révèlent moins fiables comme diversificateurs de portefeuille qu'à l'époque post-crise financière: selon les données LSEG, la corrélation entre les rendements quotidiens des actions américaines et des bons du Trésor à 10 ans s'est établie à 7% sur les cinq dernières années, contre -43% durant la décennie précédant la pandémie.

«Dans l'environnement actuel, la sélectivité dans la recherche de revenu devient plus importante que jamais, car le rendement à l'échéance ne compense pas toujours de la même manière le risque pris. Les investisseurs devraient réduire la duration sur les obligations d'État, rester flexibles sur le crédit et explorer des sources non traditionnelles, comme les stratégies de revenu dérivé sur les actions», explique Vivek Paul, Global Head of Portfolio Research du BlackRock Investment Institute.

A lire aussi...