Les bourses de Tokyo et Séoul ont plongé jeudi, plombées par les valeurs tech sur fond d’inquiétudes quant à la rentabilité de l’IA, dans un climat déjà assombri par le regain des hostilités au Moyen-Orient qui rend le pétrole fébrile.
La tech fait décrocher les Bourses
A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 2,79% à 66.835,56 points, et à Séoul, l’indice Kospi a dévissé de 6,37% à 6820,60 points.
Les titres liés aux semiconducteurs s’effondraient de concert sur les deux places: à Séoul, les champions des puces mémoires Samsung Electronics et SK hynix plongeaient respectivement d’environ 9% et de 12% dans les derniers échanges.
Le marché a pâti «du repli des valeurs du secteur des semi-conducteurs aux Etats-Unis et de prises de bénéfices consécutives à la récente progression de l’indice Nikkei», résument les analystes de Monex Securities.
Après s’être envolées à des sommets vertigineux pendant des mois, les valeurs tech jouent désormais les montagnes russes, les investisseurs s’interrogeant notamment sur la capacité des fabricants de puces à maintenir durablement leur rythme de folle progression des revenus et bénéfices.
Dans ce contexte, les résultats trimestriels du mastodonte taïwanais des semiconducteurs avancés TSMC, publiés en fin d’échanges asiatiques jeudi étaient particulièrement scrutés, mais n’ont pas inversé la tendance.
TSMC a publié un bénéfice net record au deuxième trimestre, dépassant les attentes, et annoncé qu’il investirait 100 milliards de dollars supplémentaires dans l’Etat américain de l’Arizona.
Les investisseurs ne se demandent pas «soudainement si la demande en infrastructures d’IA existe, mais plutôt dans quelle mesure cette demande est déjà intégrée dans le cours des actions» très élevé, conclut Stephen Innes, de SPI Asset Management.
«Les résultats peuvent rester excellents tout en s’accompagnant d’une baisse des cours des actions: lorsque les attentes ont atteint des sommets, même de bons résultats peuvent sembler décevants», explique-t-il.
Parallèlement, «la situation au Moyen-Orient demeure tendue: l’armée américaine poursuit ses attaques contre l’Iran et le président Trump a laissé entendre que de nouvelles offensives pourraient avoir lieu», poursuivent les experts de Monex.
Aucun signe d’accalmie n’était perceptible jeudi entre l’Iran et les Etats-Unis après une semaine de frappes, les deux parties recommençant à bloquer le détroit d’Ormuz et les ports iraniens.
La Bourse de Taipei a fini stable, l’indice hongkongais Hang Seng gagnait 1,39% vers 06h30 GMT.
Le pétrole nerveux
Vers 06h30 GMT, le prix du baril de WTI nord-américain cédait 0,20% à 79,45 dollars, inversant la tendance après avoir évolué en nette hausse en début d’échanges en Asie.
Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, reculait de 0,35% à 84,65 dollars.
Le marché reste suspendu au regain de tensions au Moyen-Orient, où le passage stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transitaient avant le conflit un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, est à nouveau paralysé.
«Le pétrole a conservé une grande partie de ses gains récents, alors que les opérateurs continuent de surveiller le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ainsi que l’avancement, ou l’absence de progrès, des négociations diplomatiques», observe Daniela Hathorn, de Capital.com.
«Les derniers développements ont mis en évidence la fragilité des négociations et la sensibilité persistante des marchés aux alertes de l’actualité», souligne-t-elle.
Le yen stable, le dollar suspendu à la Fed
La monnaie japonaise se stabilisait vers 06h30 GMT à 162,16 yens pour un dollar, face à un billet vert toujours affaibli par les attentes sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Publié mercredi, l’indice des prix à la production (PPI) aux Etats-Unis a ainsi ralenti en juin, à 5,5% sur un an. Ce signal rassurant vient s’ajouter au repli plus marqué qu’attendu du l’indice des prix à la consommation (CPI).
En raison de cette modération des pression inflationnistes, les chances que la Fed resserre ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion à la fin du mois se sont donc encore réduites, selon les investisseurs, de quoi faire reculer le dollar.
De son côté, le won sud-coréen s’est légèrement apprécié face au dollar après que la banque centrale du pays a relevé ses taux d’intérêt pour la première fois depuis 2023, afin de lutter contre une inflation persistante.