Synthèse
La rupture du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran a entraîné une hausse des cours du pétrole. Le compte rendu de la Réserve fédérale (Fed) a confirmé un ton «hawkish», et la Banque centrale européenne (BCE) a justifié sa hausse des taux en juin. En dépit de ces tensions, les marchés sont restés calmes: les actions ont enregistré de modestes gains, soutenues par le thème de l’intelligence artificielle (IA), tandis que les marchés du crédit ont absorbé une grande partie de l’offre nouvelle, même si l’intérêt des investisseurs pour les obligations liées à l’IA est en baisse. Le dollar américain (USD) est resté stable au cours de la semaine, et l'attention se porte désormais sur les données d'inflation des Etats-Unis et le début de la saison des résultats.
Au-delà des chiffres
Macroéconomie
La semaine dernière a clairement mis en évidence la fragilité du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, le prix du pétrole ayant rebondi au-dessus des 75 dollars le baril dès que le président Trump a déclaré la trêve «terminée» – ce qui rappelle que les entreprises disposent encore de peu de marge de manœuvre pour atténuer les pressions inflationnistes liées aux coûts. L’indice ISM des prix payés le confirme: il a légèrement reculé à 67,7 en juin, contre 71,3 en mai. Toutefois, il est resté à un niveau résolument élevé. Parallèlement, les entreprises ont souligné leur volonté de réembaucher: l’indice de l’emploi est repassé en territoire positif pour la première fois depuis février, un rebond attribué en partie aux embauches liées à la Coupe du monde de la FIFA. Ceci renforce un marché du travail qui continue de fonctionner avec un nombre très faible de demandes d’allocations chômage. Le compte rendu de la Fed a confirmé l’orientation restrictive signalée lors de la réunion de juin: les experts ont revu à la hausse leurs prévisions d’inflation pour 2026/27 et les participants ont estimé que les risques d’inflation penchaient à la hausse.
De l’autre côté de l’Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) a exposé les raisons qui ont motivé la hausse de 25 pb décidée en juin: le choc énergétique s’étant avéré plus persistant que prévu lors des réunions de mars et d’avril, et ses effets indirects devenant de plus en plus visibles et généralisés, les responsables ont estimé que les perspectives d’inflation s’étaient suffisamment détériorées pour justifier un resserrement plutôt qu’une nouvelle pause dans une optique d’«attentisme». Par ailleurs, les responsables ont averti que «le souvenir de la période de forte inflation de 2022 pourrait inciter les ménages et les entreprises à réagir plus rapidement que par le passé». Néanmoins, cette décision a été prise avant la forte baisse des cours du pétrole, et nous estimons que les risques d’inflation se sont atténués depuis lors, ce qui réduit la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire.
La production industrielle allemande a progressé pour le deuxième mois d’affilée (0,9% en glissement mensuel (m/m) contre 0,2%précédemment), portée par un bond de 3,6% en glissement mensuel de la production automobile, et une hausse de 1,9% en glissement mensuel des commandes, qui s’est maintenue même en excluant les équipements militaires. L’amélioration des entrées de commandes due à la modernisation des équipements militaires et un climat de confiance moins morose dans un contexte de baisse des prix de l’énergie pourraient soutenir davantage ce rebond.
Cette semaine, l’indice des prix à la consommation (IPC; CPI) des Etats-Unis du mois de juin indiquera si les prix à la consommation ont atteint leur pic; l’indice des prix à la production (IPP; PPI) américain mettra à l’épreuve la rigidité des prix dans des catégories de services telles que les tarifs aériens et la gestion de portefeuille, qui détermineront l’évolution future des dépenses de consommation personnelles (PCE) sous-jacentes; les ventes au détail des Etats-Unis mettront en évidence la vigueur et la résilience de la consommation. Dans la zone euro, la production industrielle du mois de mai montrera si le rebond allemand est un phénomène national ou s’il s’étend à l’ensemble de l’Union européenne.