Synthèse
Les marchés actions mondiaux ont atteint de nouveaux sommets historiques, les obligations ont rebondi et les conditions de crédit se sont resserrées, tout cela dans l'espoir d'un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran qui n'a, pour l'instant, pas encore été signé. L'intelligence artificielle (IA) a stimulé les actions, la géopolitique a influencé les taux, et l'Europe a surperformé les Etats-Unis sur le segment obligataire alors que les craintes liées à la croissance et la prudence de la Banquecentrale européenne (BCE) contrastaient avec l'attitude ferme («hawkish») de la Réserve fédérale (Fed). Les données de cette semaine sur l'emploi non agricole (NFP) et l'indice des prix à la consommation (IPC; CPI) détermineront si cette dynamique se maintient.
Au-delà des chiffres
Macroéconomie
Durant la semaine écoulée, la deuxième estimation du PIB américain du premier trimestre 2026 a été révisée à la baisse, pour passer de 2,0% (première estimation) à 1,6% en glissement trimestriel, reflétant ainsi une baisse de la consommation et une diminution plus marquée des stocks. La croissance de la consommation a ralenti, sous l'effet d'une baisse des achats tant de biens que de services. Les investissements sont restés très soutenus, avec une hausse de 17,2% en glissement trimestriel pourles équipements et de 11,6% pour la R&D. Cette tendance solide des investissements a été corroborée par la hausse des commandes de biens durables (+7,9% en glissement mensuel en avril) et parle rebond des enquêtes de conjoncture, notamment l’indice de la Fed de Richmond et l’indice des directeurs d’achat (PMI) de Chicago.
La confiance des consommateurs (ConferenceBoard) est restée faible, même si les anticipations ont cessé de baisser. L’inflation sous-jacente («core») des dépenses de consommation personnelle (PCE) en avril est restée modérée à +0,2 m/m, le taux annuel s’établissant conformément aux attentes à 3,3% en glissement annuel, en hausse par rapport aux 3,0% du mois précédent.
Dans la zone euro, la confiance des industriels est restée déprimée en mai, même si le sentiment concernant les commandes était moins négatif. La confiance des consommateurs s'est également légèrement améliorée, bien que les données de consommation en France et en Espagne aient montré des signes de tension,avec une baisse de la consommation d'essence.
Les estimations Flash de l'inflation pour mai indiquaient une progression mensuelle modérée mais une tendance annuelle toujours à la hausse: France +2,8% en glissement annuel, Espagne +3,6% en glissement annuel et Italie +3,3% en glissement annuel, tandis que l'inflation allemande est restée stable à 2,7%. La croissance du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 2026 a été révisée à la baisse pour la France (-0,1% en glissement trimestriel) mais à la hausse pour l'Italie (+0,3% en glissement trimestriel), soutenue par la consommation et les dépenses d'investissement.
Cette semaine, l'attention se portera sur les Etats-Unis, avec la publication des indices définitifs PMI et ISM de l'activité, ainsi que des données sur le marché du travail. L'indice ISM manufacturier de mai devrait rester en territoire expansionniste, tandis qu'une hausse plus modeste est attendue pour l'indice ISM des services. Les données du marché du travail d'avril devraient rester constructives, avec une création d'emplois estimée à 89’000 et un taux de chômage qui devrait se maintenir à 4,3%.
Dans la zone euro, le chômage devrait rester à 6,2% en avril, bien que des risques à la hausse persistent compte tenu des signesd'affaiblissement de l'activité. L'estimation Flash de l'inflation dans la zone euro pour mai devrait montrer une contribution modérée de l'énergie aux variations mensuelles, l'inflation totale devant atteindre 3,2% et l'inflation sous-jacente («core», hors énergie et biens alimentaires) s'élever à 2,4%.