2026 reste l’année du revenu courant

Kai Hirschlein, Vontobel Fixed Income

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Une sélection de titres rigoureuse est cruciale. Aux Etats-Unis, l’activité économique devrait rester relativement robuste. L’Europe semble en revanche plus vulnérable.

©Keystone

 

Nous continuons d’anticiper, jusqu’à la fin de l’année, une croissance mondiale positive mais inférieure à la moyenne, sans récession toutefois, dans un environnement marqué par de fortes disparités régionales. Aux Etats-Unis, l’activité économique devrait rester relativement robuste, soutenue par les investissements liés à l’intelligence artificielle, les dépenses d’investissement du secteur privé et un marché du travail globalement résilient. L’Europe semble en revanche plus vulnérable: la hausse des prix de l’énergie s’ajoute à une situation déjà fragile, pesant sur le pouvoir d’achat et le moral des ménages, tandis que les exportations continuent de souffrir d’une demande mondiale atone et de pressions concurrentielles structurelles.

Pour les investisseurs obligataires, l’interaction entre la politique budgétaire, l’offre d’émissions et la qualité du crédit devient ainsi un facteur déterminant. A l’échelle mondiale, les politiques budgétaires demeurent plutôt favorables à la croissance, mais davantage par le biais de dépenses structurelles ciblées — notamment dans les domaines de la défense, des infrastructures, de la sécurité énergétique et de la résilience industrielle — que par de vastes plans de relance. Cette tendance devrait se traduire par des volumes d’émissions souveraines durablement élevés, en particulier en Europe.

Les marchés deviennent plus sélectifs

Parallèlement, le marché primaire montre que des volumes d’émission importants continuent d’être absorbés: la demande pour les revenus courants reste solide. Les marchés continuent de fonctionner, même dans des phases de volatilité accrue, mais avec une sélectivité nettement plus marquée, surtout à l’égard des émetteurs de moindre qualité et des structures de financement plus agressives.

A nos yeux, l’intelligence artificielle constitue moins un risque généralisé pour les marchés obligataires qu’un facteur accentuant les écarts entre gagnants et perdants. Certains émetteurs en bénéficient grâce à des investissements accrus, une meilleure productivité et des profils de revenus plus robustes; d’autres subissent davantage les effets de la transformation technologique et de la pression concurrentielle sur les prix.

Nous en déduisons un positionnement constructif mais discipliné. Nous privilégions les opportunités offrant un revenu courant de meilleure qualité: certaines obligations Investment Grade sélectionnées avec soin, les obligations financières ainsi que les segments les plus solides du High Yield (notations BB et, de manière sélective, les meilleures notations B). A l’inverse, la prudence reste de mise lorsque les spreads offrent peu de marge de sécurité: notamment sur les émetteurs notés CCC, les crédits de moindre qualité dans la catégorie B nécessitant un refinancement, ainsi que les entreprises exposées à des risques structurels liés à leur modèle économique. 

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