Le yen, pénalisé par la perspective d’un durcissement monétaire de la Fed, approche mardi de son plus bas niveau en 40 ans, tandis que la Bourse de Séoul plongeait de 6%, plombée par les valeurs technologiques, dans le sillage de Wall Street.
Séoul décroche, la tech plonge
Les Bourses asiatiques ont été refroidies par la glissade enregistrée à Wall Street la veille par les géants américains de la tech, à commencer par Google (-5%), Microsoft (-3,2%) et SpaceX (-16,4%).
Dans ce contexte, l’indice Kospi de la Bourse de Séoul a plongé de plus de 6% mardi en séance: il lâchait 6,37% à 8534 points vers 04h45 GMT
Il était plombé par la dégringolade des mastodontes des puces-mémoires SK hynix, qui décrochait de plus de 7%, et Samsung Electronics, qui abandonnait environ 6%.
Le coup de froid sur la tech à Wall Street lundi a ravivé les inquiétudes sur les sommes colossales investies dans l’IA, malgré des perspectives de rendement à court terme qui restent incertaines.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei perdait 2,05% à 70’868 points, et l’indice élargi Topix 1,57%. La Bourse de Sydney cédait 0,32%, Taipei 0,50% et l’indice hongkongais Hang Seng 1,13%.
Yen plombé, risque d’une intervention
La devise japonaise se stabilisait vers 04h45 GMT à 161,61 yens pour un dollar, après avoir glissé durant la nuit à 161,93 yens, proche de 161,95 yens, un niveau jamais vu depuis décembre 1986.
Sa récente glissade est nourrie par la flambée des prix énergétiques (la facture des importations du Japon ayant gonflé) et surtout par le renforcement du dollar, à mesure que se précisent les perspectives de possibles hausses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) à la suite de sa réunion de politique monétaire la semaine dernière.
L’écart entre les taux d’intérêt des banques centrales japonaise et américaine tend à doper le dollar et à renforcer la pression sur le yen, ce dernier devenant comparativement moins rémunérateur.
De quoi attiser les spéculations sur une possible nouvelle intervention de Tokyo: le gouvernement japonais avait déjà dépensé environ 11.700 milliards de yens (63 milliards d’euros) en mai pour soutenir sa monnaie, avec un impact très éphémère.
La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, a dit mardi s’être entretenue avec le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.
«Le Japon et les États-Unis partagent déjà une position claire, selon laquelle des mesures énergiques doivent être prises si nécessaire», a-t-elle indiqué à la presse, une formule évoquant une possible intervention sur le marché des changes.
Pour enrayer durablement la glissade du yen, cependant, «il faudrait une modification des fondamentaux: notamment les faibles taux d’intérêt réels (nippons) par rapport aux États-Unis», insiste Michael Wan, analyste de la banque MUFG.
Pour cela, il faudrait que la Banque du Japon se montre plus explicite sur de nouvelles hausses de taux et que la Fed atténue ses positions. Mais «à court terme, la tendance semble favoriser (le repli du yen) tant que nous n’aurons pas plus de visibilité».
Le pétrole hésite
Vers 05h00 GMT, le prix du baril de WTI nord-américain perdait 0,20% à 73,71 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, 0,41% à 77,58 dollars. Ils avaient entamé la séance en légère hausse.
Le marché avait chuté la veille face à l’évolution favorable des pourparlers entre Washington et Téhéran, notamment la suspension des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
«Bien que le transit physique des barils par le détroit d’Ormuz s’effectue actuellement normalement, la menace constante d’une escalade localisée des conflits (...) continue de soutenir structurellement les cours des contrats pétroliers à échéance plus lointaine», juge Kelvin Wong, analyste de Market Pulse (Oanda).