Asie: les bourses lestées par la tech, la roupie indonésienne dégringole

AWP

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Le Nikkei à Tokyo perdait 1,68% à 67’250,75 points, tandis qu’en Corée du Sud, le Kospi se repliait de 1,24% à 8692,06 points.

Les bourses asiatiques reculent jeudi, après des prévisions du géant américain des semiconducteurs Broadcom qui ont déçu les investisseurs, tandis que la roupie indonésienne est tombée dans la matinée à son plus bas niveau historique face au dollar américain.

La devise indonésienne a franchi le «seuil psychologique» des 18’000 roupies pour un dollar, a analysé l’économiste en chef de Permata Bank, Josua Pardede.

La roupie figure parmi les devises les plus malmenées d’Asie du Sud-Est depuis l’attaque des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran fin février, qui a déclenché un conflit régional et fait grimper les prix mondiaux du pétrole.

Cet affaiblissement de la roupie a été alimenté par une demande accrue en dollars due à la flambée des prix du pétrole et à la réduction de l’excédent commercial, a ajouté Josua Pardede.

La Bourse de Jakarta chutait de 3,82% à 5714,41 points vers 06h10.

Les marchés d’actions inquiets après Broadcom

Dans le même temps, l’indice Nikkei à Tokyo perdait 1,68% à 67’250,75 points, tandis qu’en Corée du Sud, le Kospi se repliait de 1,24% à 8692,06 points. A Hong Kong, l’indice Hang Seng accusait une baisse de 1,47% à 25’256,89 points.

Les marchés boursiers asiatiques sont pénalisés par le repli de la tech, moteur de la flambée mondiale vers des sommets historiques ces dernières années, notamment après la publication du géant des puces Broadcom la veille après la clôture de Wall Street, déjà en baisse.

En dépit de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, les investisseurs ont sanctionné le choix du groupe, sixième capitalisation mondiale, de maintenir ses objectifs annuels plutôt que de les relever.

Ces perspectives, suivies de la chute de Broadcom dans des échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street ont ravivé les craintes que les sommes colossales investies dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA) aient été excessives et que les valorisations soient surévaluées.

«Toutes les grandes évolutions génèrent des bulles» spéculatives qui peuvent éclater, a averti l’investisseur Ray Dalio mercredi auprès de Bloomberg TV.

Les investisseurs ont aussi été refroidis par un baromètre montrant mercredi que la création d’emplois privés aux Etats-Unis a progressé en mai plus vite qu’attendu par les marchés, deux jours avant la publication du rapport officiel sur l’emploi américain. Cette perspective alimente les spéculations sur une possible hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), que les investisseurs ne voient pas d’un bon oeil.

«Pour les investisseurs, une forte croissance n’est plus le cadeau sans complication qu’elle était autrefois», écrit Stephen Innes de SPI Asset Management.

«Le marché a passé une grande partie de l’année dernière à agir comme si des baisses de taux étaient perpétuellement imminentes. Au contraire, la combinaison d’un marché de l’emploi résilient, de données d’activité solides et de prix élevés de l’énergie oblige de plus en plus les investisseurs à envisager le scénario inverse», poursuit-il.

«Après des mois de perplexité, les investisseurs semblent accepter» que l’avenir «ressemble bien plus à un cycle de durcissement qu’à un cycle de baisse», ponctue-t-il.

Pétrole en baisse malgré de nouvelles frappes au Moyen-Orient

Autre ingrédient de la morosité boursière: le retour des inquiétudes géopolitiques.

Bahreïn et le Koweït ont été visés par des frappes et le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’»aucun progrès tangible» n’a été réalisé dans les négociations avec les Etats-Unis en vue d’un accord mettant fin au conflit au Moyen-Orient, contrairement à ce qu’avance Washington.

«On me dit que les négociations se passent très bien (...) Qui sait, (la fin des discussions) pourrait être ce week-end», a jugé le président américain Donald Trump.

Après être monté mercredi au rythme de ces développements, le pétrole reculait jeudi. Vers 04H10 GMT, le cours du baril de Brent de la mer du Nord perdait 0,90% à 96,93 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate s’enfonçait de 0,85% à 95,20 dollars.

Le bitcoin, qui est passé mardi sous les 70.000 dollars pour la première fois depuis deux mois, reculait jeudi de 3,48% à 64’665,56 dollars.

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