Le Mondial de football bénéficiera à certains secteurs de l’économie américaine, mais dans une ampleur limitée, compte tenu de la taille de cette dernière. L’économie américaine profite avant tout d’une forte augmentation de sa productivité et de la santé de son marché de l’emploi, ainsi que le montrent Anita Patel, Investment Directeur de Capital Group, et Grant Cambridge, Portfolio Manager, lors d’une présentation à la presse jeudi à Zurich.
Certes, une hausse du baril au-dessus de 100 dollars à la suite d’une prolongation de la fermeture du Détroit d’Ormuz pourrait coûter 50 à 75 points de base à la croissance américaine, mais les fondamentaux sont si solides que le gérant d’actifs se dit constructif sur l’économie, les obligations et les actions.
A long terme, les gains de productivité assurent les deux tiers de la croissance économique, précise-t-elle. Le fossé est évident par rapport à l’Europe. Certes l’inflation augmente et le sentiment des consommateurs sont au plus bas, mais les perspectives sont favorables. Les effets directs et indirects des créations d’emplois sont très importants. Sur le marché des actions, «je ne vois pas de bulle spéculative», déclare Grant Cambridge, Portfolio Manager.
Le multiple du marché a reculé cette année, mais la tendance reste haussière sous l’effet de la forte augmentation des bénéfices. La hausse des bénéfices a atteint 29% au premier trimestre, un record depuis deux décennies et elle devrait à nouveau présenter un taux d’augmentation à deux chiffres ces prochains trimestres.
L’investisseur ne peut toutefois répondre aux défis du marché avec une gestion passive. Non seulement les changements des préférences de styles sont fréquentes entre Croissance et Value, mais le marché est de plus en plus concentré. Les 10 plus grandes valeurs représentent 38,6% de l’indice en mai dernier. «Nous entrons dans une nouvelle phase du marché», prévient Anita Patel. La dispersion des performances devrait s’accroître, ainsi que la volatilité. Sans surprise, ce pionnier de la gestion active plaide pour une approche active.
Un portefeuille diversifié
Grant Cambridge, Portfolio Manager, privilégie un portefeuille diversifié composé de positions à long terme à travers des sociétés susceptibles d’augmenter fortement et durablement leurs bénéfices et leurs dividendes. C’est la philosophie adoptée par Capital Group dès sa création au début des années 1930 à travers son principal fonds. Lequel comprend un format luxembourgeois depuis 2016. Ce fonds surperforme sur 3 et 5 ans même s’il ne se concentre pas sur l’IA. 60% des positions de ce fonds sont détenues plus de 5 ans.
Actuellement, la principale surpondération du portefeuille de Capital Group porte sur la société Eli Lilly, leader du marché des médicaments contre l’obésité. Pour Anita Patel, le groupe devrait profiter d’un avantage majeur par rapport à Novo Nordisk, par exemple du fait de moindres restrictions dans la prise de ses médicaments par les patients. La qualité du management et la capacité d’Eli Lilly à développer ses propres Data Centers plaisent aussi au gérant.
A l’égard des «7 magnifiques», Grant Cambridge note que sont des sociétés de qualité et profitant de bonnes perspectives de free cash-flow. «Nous surpondérons trois des «Mag 7», à savoir Amazon, Microsoft et Meta», ajoute Anita Patel. Une société comme Amazon est d’ailleurs en soi un groupe bien diversifié.
En revanche, les gérants sous-pondèrent les financières, notamment les bancaires, préférant les assurances et un groupe comme Visa.
Si les IPO d’ampleur sont au centre de l’actualité, Capital Group s’avère attentiste à leur propos. Il s’agira de les étudier en profondeur, indique, prudent, Grant Cambridge.