L’arrivée imminente de SpaceX, OpenAI et Anthropic sur les marchés prend des allures de «blockbuster» boursier. Pourtant, la réalité historique récente — de Rivian à Airbnb — tend à démontrer que le soufflé retombe après l’euphorie des premiers jours.
Pour l’investisseur engagé dans le secteur technologique, trois risques se dessinent au gré des prochaines entrées en bourse. D’abord, la fin de l’opacité: la transition vers une communication trimestrielle imposera un examen sans concession de la rentabilité, loin des valorisations du Private Equity.
Ensuite, l’impact technique du «déplacement» des flux passifs: l’intégration de ces mastodontes dans les indices obligera les gestionnaires d’ETF à rebalancer massivement les positions existantes pour financer ces nouvelles lignes. Ce rééquilibrage force une pression vendeuse technique, souvent décorrélée de la santé réelle des entreprises «cédées», créant une volatilité artificielle à court et moyen terme qui s'avérera compliquée à naviguer pour les investisseurs exposés aux différents titres concernés.
De tels évènements peuvent parfois marquer le point d'orgue d'un cycle haussier.
Enfin, la tendance historique parle en défaveur des offres publiques initiales: les prix d’introduction reflètent souvent le prestige plutôt que la valeur fondamentale. Laisser l'engouement initial post-IPO se purger et les actionnaires historiques ajuster leurs positions demeure une stratégie prudente avant de valoriser, dans un second temps, ces actifs sur leurs fondamentaux et non sur le seul engouement médiatique.
L'entrée en bourse d'Alibaba.com en novembre 2007 à Hong Kong (le groupe Alibaba fera lui son entrée en bourse à new York en 2014), coïncidant avec l'éclatement de la bulle spéculative des BRIC, illustre que de tels évènements peuvent parfois marquer le point d'orgue d'un cycle haussier. Ainsi, une question demeure: l'histoire se répétera-t-elle, ou la dimension de ces nouvelles entreprises nous fera entrer dans une nouvelle ère boursière.
