Capex to Sales: le prix de l’hégémonie

Vincent Lagger, Swisscanto

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Graphique de la semaine de Swisscanto. Avec 650 milliards de dollars d’investissements prévus en 2026, les géants de la tech engagent une course à l’armement sans précédent.

© Keystone

 

La clôture des résultats trimestriels récents des hyperscalers a mis encore une fois en lumière une réalité implacable: l’intelligence artificielle n’est plus une utopie, c’est un gouffre financier. Alors que les dépenses d’investissement s’accélèrent, le marché hésite entre admiration pour cette puissance de feu et crainte d’un cycle d’investissement sans retour immédiat.

Les résultats publiés hier soir confirment une tendance évidente depuis plusieurs trimestres : le ratio investissements – chiffre d’affaire des géants technologiques atteint des niveaux stratosphériques. Pour Google, Microsoft, Amazon et Meta, l’investissement total pour 2026 devrait dépasser les 650 milliards de dollars. Si les cash-flows opérationnels permettent encore d’absorber ce choc, une divergence nette s’installe. Alphabet (Google) tire son épingle du jeu avec un Cloud en hausse de 63%, rassurant des investisseurs qui, à l’inverse, ont lourdement sanctionné Meta (-8%) pour l’opacité du retour sur ses dépenses massives.

Dans le même temps, OpenAI, le leader du secteur, a manqué ses objectifs de revenus et de croissance d’utilisateurs pour le T1 2026. Les doutes internes de sa directrice financière sur la capacité à financer les futurs contrats de calcul rappellent que le développement de l’IA ne peut indéfiniment brûler du cash sans une monétisation proportionnelle, alors que plusieurs IPOs devraient se concrétiser dans les prochains mois.

Nous approchons d’un point de rupture et le parallèle avec l’industrie des Télécoms de 1999 est riche en enseignement. À l’époque, les opérateurs avaient massivement investi pour câbler le monde. L’infrastructure était là, mais la rentabilité de la fibre a mis une décennie à se matérialiser, balayant au passage les investisseurs les plus exposés. Aujourd’hui, avec des dépenses d’infrastructure représentant parfois plus de 2% du PIB américain, la Big Tech joue son va-tout. Les investisseurs soutiennent encore l’effort, mais le «Reality Check» de la monétisation ne pourra pas être repoussé indéfiniment. 

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