Pendant que le Barça flashe sur Anthony Gordon, le momentum du joyeux royaume des actions marque une pause, bien méritée selon l’expression consacrée.
Cela n’empêche en rien le S&P500 (SPX) d’atteindre un énième plus haut de tous les temps à la cloche mais on sent bien que tout cela ralentit, les volumes d’échanges sont faibles, le breadth négatif et la tech globalement en retrait ce qui prive le Nasdaq100 (NDX) d’un nouveau record, l’indice repasse en-dessous des 30'000 points et reste solidement ancré en territoire suracheté. Même constat sur les semi-conducteurs, après cinq séances consécutives d’un momentum puissant et rare. Le podium du jour du SPX se compose de la consommation discrétionnaire, des biens de consommation de base et des services de communication. Dans l’ensemble les sept magnifiques se portent bien, on observe surtout hier un regain d’intérêt pour les valeurs de la consommation discrétionnaire, aussi en Europe d’ailleurs avec notamment Puma, Adidas, LVMH ou encore EssilorLuxxotica qui retrouvent toutes de belles couleurs. Je passe rapidement et en silence sur Ferrari, dont le titre ne semble pas prêt de se remettre d’une manifeste faute de goût.
On notera que la volatilité du SPX recule de 4% hier, le VIX clôture à 16,29, son prochain support se situe à 16,18, c’est un niveau particulièrement bas qui illustre une fois de plus une volatilité du marché en mode «belle au bois dormant», tandis que celle des actions individuelles est particulièrement élevée, rarement un bon signe à terme pour les actions, historiquement c’est le VIX qui rejoint le pack et pas l’inverse. Commentaire à ce sujet de Lhermitte Securities: «c’est tout de même très calme…»
Au chapitre obligataire, cela se détend hier pour se retendre ce matin après de nouvelles frappes américaines contre l’Iran. Le rendement du 10 ans US remonte à 4,51% contre 4,47% hier, le dollar s’attaque au niveau de 1.1600 contre euro à nouveau, le pétrole remonte à 91,30$ le baril de WTI Light Crude et les futures d’actions US traitent en repli d’environ 0,4% ce matin, ce d’autant que cet après-midi le marché va devoir digérer une statistique macro dont il se passerait probablement volontiers. Le PCE d’avril sera publié à 14h30 CET aux Etats-Unis, le fameux Personal Consumption Expenditure, l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation qui était sorti à 3,5% en mars et est attendu à 3,8% en avril. Rappelons ici que l’objectif de la Réserve Fédérale à ce sujet est 2%. On semble donc s’en éloigner, ce d’autant que le PCE a entamé un rebond fin février, pile lorsque la guerre Iran / Etats-Unis a débuté, le marché risque de faire le parallèle, c’est à suivre de près.
Money time technique sur l’or, qui recule encore et traite ce matin à 4380$ l’once alors que sa moyenne mobile à 200 jours évolue à 4394$. L’or n’a plus traversé ses 200 jours depuis octobre 2023, chaud devant!
Le marché des puces mémoire liées à l’intelligence artificielle change profondément: autrefois très cyclique et instable, il bénéficie désormais d’une demande massive et plus prévisible grâce aux investissements des géants du cloud et de l’IA. Les grands clients signent de plus en plus de contrats de long terme pour sécuriser leurs approvisionnements, ce qui améliore fortement la visibilité des fabricants comme Micron Technology, SK Hynix ou Samsung Electronics. La demande explose pour les mémoires HBM, DRAM et NAND utilisées dans les centres de données IA, alors que l’offre reste insuffisante jusqu’à au moins 2027-2028, ce qui soutient les prix et les bénéfices. Les investisseurs estiment donc que le secteur devient plus solide et plus rentable, même si des risques subsistent, notamment un ralentissement des dépenses des géants technologiques, l’arrivée de capacités chinoises ou les tensions géopolitiques.
Le dollar évolue à 0,7884 franc suisse, ce qui signifie que le franc reste historiquement très fort face au billet vert. Les investisseurs suisses qui détiennent des actifs américains non couverts continuent d’être pénalisés par la force persistante du franc. A ce sujet le marché surveille de près la Banque nationale suisse, car sa tolérance face à un franc aussi fort pourrait devenir un sujet important si les tensions internationales continuent de pousser les investisseurs vers la devise helvétique.
L’argent traite ce matin à 72,84$ l’once et sous-performe clairement l’or. Après une forte chute hier de 4,3%, le métal reste sous pression. En cette fin de mois, la demande comme l’offre sur le marché physique sont décrites comme faibles, ce qui pousse progressivement les prix vers le bas. Le ratio or/argent demeure élevé, signe que l’argent souffre à la fois d’un moindre attrait défensif que l’or et des inquiétudes autour de la demande industrielle, très importante pour ce métal.
Au chapitre macro-économique d’hier, les derniers indicateurs économiques américains montrent une économie qui ralentit légèrement mais qui reste globalement solide. Du côté de l’emploi privé, les créations de postes mesurées par l’ADP continuent de perdre un peu de vitesse, ce qui suggère que le marché du travail devient progressivement moins tendu. En revanche, l’activité industrielle dans la région de Richmond surprend positivement: l’indice manufacturier ressort nettement au-dessus des attentes grâce à une amélioration des nouvelles commandes et des livraisons, tandis que les pressions sur les prix semblent légèrement se calmer.
Au menu macroéconomique américain cet après-midi, les investisseurs surveilleront principalement à 14h30 la seconde estimation du PIB du premier trimestre ainsi que l’inflation PCE d’avril, indicateur privilégié par la Fed pour mesurer les pressions inflationnistes. Seront également publiés à la même heure les chiffres des mises en chantier, des permis de construire et des inscriptions hebdomadaires au chômage, qui permettront d’évaluer la solidité du marché de l’emploi et du secteur immobilier. Enfin, à 16h00, les ventes de logements neufs viendront compléter le tableau de la santé de l’économie américaine et pourraient influencer les anticipations de politique monétaire.
L’actualité des entreprises reste dominée par la technologie et l’intelligence artificielle. Ferrari tente de répondre aux critiques autour de son arrivée dans l’électrique avec une nouvelle stratégie destinée à rassurer les investisseurs (une Topolino Testarossa?). Snowflake s’envole de 37% hors séance après des résultats très bien accueillis, tandis que Salesforce et Marvell Technology reculent légèrement malgré leurs publications trimestrielles. Microsoft décroche un important contrat de 9,7 milliards de dollars avec le Pentagone pour des logiciels d’entreprise. Amazon réorganise sa division santé en la confiant au cofondateur d’Amwell et accélère aussi dans les contenus générés par intelligence artificielle pour enfants. Meta Platforms lance de nouvelles formules d’abonnement payantes pour Instagram, Facebook et WhatsApp, tandis que Sony Group élargit son offre de divertissement à domicile avec de nouveaux téléviseurs et équipements audio.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse hormis Shanghai, qui grappille 0,19%. Tokyo perd 0,55% à la cloche, Hong Kong rend 1,44%, Séoul recule de 0,44% et le Nifty50 est fermé. Le future NDX recule de 0,4%, l’Europe est indiquée en repli de 0,8% à l’ouverture de 9 heures.