Gonet: l'actualité des marchés au 27 mai

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,23%, S&P 500 +0,61%, Nasdaq +1,19%, Russell +1,79%, SOX +5,53%, Eurostoxx -1,18%, SMI +0,17%.

 

Le sentiment général du marché reste globalement positif ce matin, porté à la fois par l’espoir d’un apaisement autour de l’Iran et par l’euphorie persistante dans le secteur technologique. La dynamique autour de l’intelligence artificielle continue d’alimenter la hausse des marchés après que SK Hynix et Micron ont franchi le seuil symbolique des 1000 milliards de dollars de capitalisation boursière, renforçant encore l’idée d’un véritable super cycle de l’IA. L’espoir d’un accord avec l’Iran pèse parallèlement sur le pétrole, le Brent restant sous les 100 dollars le baril, ce qui soulage les marchés obligataires et permet aux rendements américains de se détendre quelque peu. Sur le marché des changes, le dollar se stabilise face à l’euro mais reste demandé. Les métaux précieux, eux, marquent le pas avec un léger repli de l’or et de l’argent.

Les doutes liés au conflit autour du détroit d’Ormuz ne pèsent pas bien lourd face à la frénésie qui s’empare de plus belle des acteurs du marché. Le FOMO mène la danse comme rarement hier. De l’inflation? où ça? et alors? même pas peur clament les taureaux en cœur.

L’emballement autour de l’intelligence artificielle continue de bousculer la hiérarchie des marchés financiers mondiaux. Ce qui frappe aujourd’hui, ce n’est plus seulement l’envolée des géants déjà connus comme Nvidia ou Broadcom, mais la transformation fulgurante d’entreprises autrefois considérées comme très cycliques, techniques et relativement peu glamour. Les fabricants de mémoire électronique deviennent soudain des stars absolues de Wall Street et d’Asie, propulsés par la conviction que chaque serveur IA, chaque data center et chaque modèle d’intelligence artificielle nécessitera toujours plus de puissance, de stockage et de bande passante. Résultat: des sociétés qui étaient encore traitées il y a peu comme de simples valeurs industrielles se retrouvent désormais au cœur du récit technologique mondial, avec des performances boursières totalement vertigineuses.

Arrêt sur image: ce qui précède m’évoque la ruée vers tout ce qui se terminait par dot.com à la fin des années nonante. Votre entreprise pouvait se nommer banquerouteassurée.com, tant que le magique dot.com figurait à la fin de la raison sociale, le marché achetait. Alors certes, il y a un monde entre la bulle dot.com et aujourd’hui. A l’époque de très nombreuses firmes ne gagnaient pas d’argent, c’est un tout autre contexte aujourd’hui, l’industrie est plus mature, en revanche le comportement de l’investisseur semble ne jamais vouloir évoluer, il se rue à la suite du troupeau dès lors qu’il prend peur de rater le train de l’opulence. Et forcément l’incohérence l’attend au tournant, la question étant de savoir quand et où. À moins que quelque chose de différent ne soit en marche, qui pousserait les investisseurs à considérer que l’IA n’est plus un simple cycle technologique de plus, mais potentiellement une transformation structurelle de l’économie mondiale capable de modifier durablement les marges, les profits et la visibilité des entreprises qui alimentent cette révolution numérique.

L’Europe tente de suivre le mouvement, principalement à travers quelques valeurs liées aux semi-conducteurs qui enregistrent elles aussi des envolées spectaculaires. Mais l’écart avec les Etats Unis et l’Asie reste immense. Le centre de gravité de la révolution IA se situe clairement autour des fabricants de puces, des infrastructures de calcul et des chaînes d’approvisionnement technologiques américaines et asiatiques.

Séance plutôt calme hier Downtown Manhattan, la pression acheteuse est soutenue, en provenance de la tech, plus particulièrement des semi-conducteurs, l’indice SOX s’adjuge plus de 5% supplémentaires, atteint un nouveau record historique et évolue désormais en territoire suracheté. Scénario absolument identique pour le S&P500 (SPX) et le Nasdaq100 (NDX), ce dernier en profitant pour récupérer le niveau de 30'000 points. Les volumes d’échanges sont relativement faibles, le breadth légèrement négatif sur le SPX, positif sur le NDX. Le podium du jour du SPX se compose de la tech, des industrielles et des materials. La volatilité remonte le courant et progresse de 2,5%, le VIX termine la séance à 17,01. Ce n’est pas là un mouvement notable de par son amplitude, en revanche le simple fait que le VIX progresse dans la même direction que les actions indique que des participants commencent à couvrir leurs positions equity.

Micron Technology explose en bourse grâce à l’énorme demande liée à l’intelligence artificielle. Le groupe, spécialisé dans les puces mémoire indispensables aux centres de données IA, vient même de franchir temporairement la barre symbolique des 1000 milliards de dollars de valorisation boursière. UBS relève fortement son objectif de cours, expliquant que le marché des puces mémoire change structurellement: les clients signent désormais des contrats de long terme afin de sécuriser leurs approvisionnements, ce qui réduit le caractère historiquement cyclique du secteur. Micron indique déjà que toute sa production 2026 de mémoire HBM (utilisée pour l’IA) est vendue. Malgré une hausse spectaculaire du titre, plusieurs analystes jugent encore la valorisation relativement raisonnable par rapport aux autres géants technologiques, même si certains rappellent que le secteur reste sensible à un éventuel ralentissement futur de la demande IA. Ça me rappelle autre chose: en mars 2000, 98% des analystes de Wall Street étaient à l’achat sur l’indice S&P500.


Le pétrole est en légère baisse ce matin, le baril de WTI Light Crude traite à 91,51$. L’or recule également, l’once évolue à 4487$, plus que 98$ et la jonction avec la moyenne mobile à 200 jours sera faite, un niveau de support solide. Le rendement du 10 ans US recule à 4,47%, prochain support la 50 jours à 4,38%. La paire eur/usd cote 1,1646, elle reste cappée en l’état pas sa 50 jours, qui évolue actuellement à 1,1663.


Les immatriculations automobiles européennes retrouvent un peu de carburant en avril avec une hausse de 5,1%, mais derrière ce chiffre global se cache surtout une bataille électrique de plus en plus spectaculaire. BYD continue de rouler sur tout le monde avec une explosion de 114,5%, preuve que les constructeurs chinois ne sont plus de simples invités à la table européenne mais désormais des concurrents sérieux. Tesla rebondit aussi fortement à +46,5%. Les constructeurs allemands avancent plus tranquillement, Mercedes, Volkswagen et BMW restant dans le vert. Stellantis s’en sort correctement également. En revanche, Renault cale légèrement avec un recul de 3,6%, probablement coincé entre la pression chinoise, Tesla et un consommateur européen qui regarde désormais autant l’autonomie de la batterie que les prévisions météo.

Les dernières statistiques américaines dressent un tableau macro-économique relativement solide mais toujours contrasté. La confiance des consommateurs en mai ressort légèrement meilleure que prévu à 93,1, même si elle reste un peu inférieure au mois précédent. Les ménages apparaissent plus optimistes pour l’avenir malgré des inquiétudes persistantes liées au contexte géopolitique. Sur le marché de l’emploi, les perceptions se détériorent légèrement, avec moins d’Américains estimant que les emplois sont faciles à trouver. L’activité manufacturière dans la région de Dallas repasse en territoire de croissance, tandis que les indicateurs immobiliers montrent un marché du logement qui continue de ralentir doucement, avec des prix globalement stables ou en léger recul.

Au menu macroéconomique de ce jeudi, les investisseurs surveilleront d’abord la confiance des consommateurs en France, un indicateur utile pour évaluer le moral des ménages et la dynamique potentielle de la consommation. La journée sera ensuite marquée par deux interventions de membres de la Réserve fédérale américaine, avec un discours de Logan à 10h00 puis de Cook à 21h55. Les marchés chercheront surtout à détecter d’éventuels indices sur l’évolution future des taux d’intérêt américains et la perception de la Fed concernant l’inflation et la croissance économique.

L’actualité entreprises du jour confirme que la technologie et surtout l’intelligence artificielle continuent de dominer les flux de marché mondiaux. Nvidia prévoit d’investir massivement à Taïwan, considéré comme le cœur de la révolution IA, tandis que ByteDance sollicite Qualcomm pour des puces dédiées à l’intelligence artificielle et que plusieurs acteurs des semi-conducteurs renforcent leurs partenariats industriels. En parallèle, SoftBank prépare les introductions en bourse de plusieurs activités liées à l’énergie et à la robotique IA. Dans l’automobile et l’industrie, Volvo obtient une dérogation américaine pour ses technologies chinoises connectées, Xiaomi souffre de la hausse des coûts de composants et Tesla reste au centre des spéculations après des discussions internes évoquant une possible fusion avec SpaceX.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse, hormis Séoul qui gagne 2,25%. Tokyo clôture à l’équilibre, Hong Kong perd 1,07%, Shanghai se replie de 1,25% et le Nifty50 traite légèrement dans le rouge. Le future SPX avance de 0,1%, l’Europe traite en hausse de 0,4% dans les premiers échanges.

FOMO it is!

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