Gonet: l'actualité des marchés au 22 mai

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,55%, S&P 500 +0,17%, Nasdaq +0,09%, Russell +0,93%, SOX +1,28%, Eurostoxx -0,26%, SMI +0,35%.

 

Un optimisme prudent autour du conflit en Iran s’invite sur les parquets de trading hier après-midi, qui permet au sentiment du marché de souffler, au pétrole de reculer et au Dow Jones de récupérer le niveau de 50'000 points.

Le baril de WTI Light Crude recule à 98,11 dollars, ce n’est pas anecdotique, sa moyenne mobile à 50 jours évolue actuellement à 98,66 dollars, tentative de cassure en cours donc, sachant qu’il s’agit ici d’un support solide, qui plie mais ne rompt pas depuis le début de l’année. C’est probablement ici un des principaux indicateurs à suivre ces prochains jours, les mouvements de l’or noir provoquent actuellement des réactions en chaîne. L’appétit pour le thème de l’intelligence artificielle semble aussi de retour, probablement encouragé par les résultats de Nvidia mais aussi par la rumeur qu’Anthropic, la maison mère de Claude (l’IA), aurait dégagé un bénéfice deux ans plus tôt que prévu, ce qui, si cela se confirme, rassurera tout un chacun sur la capacité des firmes du secteur à réaliser des retour sur investissements colossaux. On le sent bien, le marché ne demande qu’à célébrer de bonnes nouvelles, il ignore superbement l’approche manifestement de plus en plus restrictive de la Fed (minutes du dernier FOMC publiées mercredi soir), induite par des manifestations de plus en plus visibles d’un retour possiblement durable de l’inflation.

Les volumes d’échanges ralentissent significativement à Wall Street hier, on recherche principalement les utilities, les valeurs de consommation discrétionnaire et les materials. Le breadth est nettement positif, la volatilité recule de 4%, le VIX termine sa séance à 16,76, un niveau vraiment très bas qui indique que de nombreux intervenants sont en train de baisser leur garde. Walmart déçoit légèrement avec des résultats simplement conformes aux attentes et des inquiétudes autour de baisses de prix agressives dans l’alimentaire pour regagner des parts de marché. Dans la santé, Eli Lilly annonce des résultats encourageants pour son médicament contre l’obésité, jugés supérieurs à ceux des GLP-1 concurrents. IBM confirme également une aide publique américaine d’un milliard de dollars pour développer une nouvelle fonderie dédiée aux puces quantiques, soutenant tout le secteur du calcul quantique. Deere & Company dépasse les attentes grâce à sa division construction et foresterie, tandis que Intuit recule malgré de bons résultats.

Walmart déçoit légèrement avec des résultats simplement conformes aux attentes et des inquiétudes autour de baisses de prix agressives dans l’alimentaire pour regagner des parts de marché. SpaceX révèle dans son dossier d’introduction en bourse une perte nette de 4,9 milliards de dollars en 2025 malgré 18,7 milliards de revenus. Dans la santé, Eli Lilly annonce des résultats encourageants pour son médicament contre l’obésité, jugé supérieur à ceux des GLP-1 concurrents. IBM confirme également une aide publique américaine d’un milliard de dollars pour développer une nouvelle fonderie dédiée aux puces quantiques, soutenant tout le secteur du calcul quantique. Deere & Company dépasse les attentes grâce à sa division construction et foresterie, tandis que Intuit recule malgré de bons résultats.

On se penche sur les indicateurs internes de marché, pour constater que plusieurs signaux d’alerte commencent à s’accumuler sur les marchés actions américains malgré des indices proches de leurs records. Le principal problème vient de la détérioration de la «market breadth», la hausse reposant sur un nombre de plus en plus réduit de grandes capitalisations tandis qu’un nombre croissant d’actions s’affaiblissent en coulisses. SentimenTrader relève la faiblesse de certains secteurs cycliques et financiers, un optimisme jugé excessif chez les investisseurs, une hausse des nouveaux plus bas sur le marché ainsi que certaines anomalies de volatilité. Pris séparément, ces signaux ne sont pas forcément inquiétants, mais leur accumulation a historiquement souvent précédé des phases de correction ou de volatilité accrue. Le message n’est toutefois pas celui d’une baisse imminente: le marché reste haussier à court terme, mais les risques augmentent progressivement sous la surface, ce qui plaide davantage pour la prudence que pour l’euphorie.

Au chapitre des monnaies on est moins optimiste que le marché des actions, le dollar reste demandé, la paire EUR/USD traite ce matin à 1,1604, elle reste sous sa moyenne mobile à 50 jours, la voie technique reste ouverte vers la zone 1,1411 – 1,1400. Le marché obligataire se détend quelque peu pour sa part, le rendement du 10 ans US revient à 4,57%, le 30 ans évolue à 5,09%. Les Fed Funds prédisent toujours une hausse de taux de 25 points de base par la Fed cette année, le marché préfère manifestement faire les yeux doux à l’intelligence artificielle. L’or continue de faiblir, l’once traite à 4525 dollars, sa 200 jours l’attend patiemment à 4371 dollars. Le métal jaune rencontre deux vents contraires puissants, la force du billet vert et des rendements obligataires élevés, qui augmentent de facto le coût d’opportunité de détenir la relique barbare qui, hormis le fait qu’elle rassure son monde, ne rapporte absolument rien.

Le franc suisse reste au centre des préoccupations des investisseurs. La paire EUR/CHF traite dangereusement sur un support horizontal, cours actuel 0,9136. Le vice-président de la BNS, Antoine Martin, rappelle hier que la banque centrale reste prête à intervenir sur le marché des changes si le franc se renforce trop fortement. Il souligne également que l’inflation suisse reste sous contrôle. Malgré ce discours, plusieurs éléments soutiennent structurellement le franc: la croissance suisse accélère, les risques de retour aux taux négatifs disparaissent et certains investisseurs commencent désormais à envisager de futures hausses de taux de la BNS. Le marché monétaire price même totalement cette possibilité. Les dépôts à vue de la BNS augmentent également, un indicateur surveillé pour détecter d’éventuelles interventions sur le marché des changes. Sur le marché obligataire suisse, la demande reste très forte : la Suisse a encore placé récemment des bons à court terme à rendement négatif, tandis que la Pologne a émis de la dette en francs suisses pour la première fois depuis dix ans.

Les messages macro-économiques en provenance des Etats-Unis restent contrastés hier. L’activité manufacturière surprend positivement avec un PMI flash au plus haut depuis quatre ans, tandis que les services ralentissent à leur plus bas niveau depuis février. Le rapport met surtout en évidence une forte remontée des coûts de production et des prix de vente, ravivant les inquiétudes inflationnistes. Le marché du travail montre aussi quelques signes de faiblesse avec des inscriptions au chômage légèrement supérieures aux attentes et des suppressions d’emplois en hausse dans les services. L’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie déçoit également, notamment à cause d’une chute des nouvelles commandes. A l’inverse, le secteur immobilier résiste mieux que prévu avec des mises en chantier et permis de construire supérieurs aux attentes. Enfin, Thomas Barkin rappelle que la Fed peut ignorer certains chocs temporaires, mais doit surveiller de près emploi, consommation et inflation avant d’ajuster ses taux.

Au menu macroéconomique du jour, l’Allemagne publie à 10h00 l’indice IFO du climat des affaires, un indicateur clé du moral des entreprises allemandes, avant les ventes au détail canadiennes à 14h30 qui permettront d’évaluer la solidité de la consommation. Les investisseurs suivront ensuite à 16h00 l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan aux Etats-Unis, particulièrement surveillé pour ses composantes liées aux anticipations d’inflation, puis le discours du gouverneur de la Fed Christopher Waller à 17h00, susceptible d’influencer les attentes de marché concernant l’évolution des taux américains.

En Europe, Deutsche Telekom et SAP remportent l’appel d’offres lié à la plateforme allemande d’IA souveraine, tandis que Compagnie Financière Richemont publie de solides résultats annuels. Eni signe trois accords en Indonésie, Electrolux détaille son augmentation de capital et Sandoz demande à l’UE d’enquêter sur un possible dumping chinois. Webuild annonce par ailleurs la résiliation d’un contrat lié au projet Neom. Aux Etats-Unis, Anthropic discuterait avec Microsoft pour utiliser ses puces IA, tandis que AMD accélère ses investissements à Taïwan. Après leurs résultats, Workday, Take-Two Interactive et Ross Stores progressent nettement hors séance, alors que Biogen et Denali Therapeutics abandonnent un traitement contre Parkinson après un échec clinique. En Asie, Kioxia devient la quatrième capitalisation japonaise, Samsung Electronics conclut un accord salarial avec son syndicat et Nintendo prévoirait de produire environ 20 millions de Switch 2 cette année selon Bloomberg.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse. Tokyo gagne 2,68% à la cloche, Hong Kong progresse de 0,92%, Shanghai de 0,91%, Séoul avance de 0,41% et le Nifty50 s’adjuge 0,5%. Le future SPX progresse de 0,3%, l’Europe ouvre en hausse de 0,6%.

Ça risque d'être calme aujourd'hui, clôture anticipée du bond market US ce soir à 20 heures CET, weekend de trois jours en perspectives, les traders sont déjà en route pour les Hamptons...

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