Japon: l’inflation ralentit en avril, mais pourrait repartir

AWP

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Les prix à la consommation (hors produits frais) ont augmenté de 1,4% sur un an en avril, largement en dessous des prévisions des économistes qui tablaient sur 1,7%, après 1,8% en mars.

L’inflation a ralenti au Japon en avril mais pourrait repartir à la hausse, préviennent les analystes, alors que le gouvernement envisage de nouvelles mesures pour atténuer les effets de l’envolée des cours de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.

Les prix à la consommation (hors produits frais) ont augmenté de 1,4% sur un an en avril, largement en dessous des prévisions des économistes qui tablaient sur 1,7%, après 1,8% en mars.

Ce ralentissement s’explique en partie par une baisse des prix des carburants sous l’effet de mesures d’urgence décidées par le gouvernement, s’ajoutant à des subventions énergétiques instaurées en décembre.

Face à l’embardée de l’inflation, la Première ministre Sanae Takaichi avait en effet adopté fin 2025 un plan de relance de 117 milliards d’euros pour aider ménages et entreprises, tout en procédant à des subventions et rabais fiscaux sur l’énergie.

La dirigeante ultraconservatrice planche sur des mesures supplémentaires face à la flambée des prix de l’énergie, alors que l’économie nippone est très dépendante des importations en hydrocarbures du Moyen-Orient.

Nouvelles pressions attendues sur les prix

La facture énergétique des ménages nippons a en effet augmenté selon les dernières données, tout comme les prix de divers produits allant de l’alimentation aux frais de téléphonie mobile.

«Bien que les pressions inflationnistes se soient atténuées en avril, elles vont repartir à la hausse d’ici peu», estime Abhijit Surya, de Capital Economics.

Shannon Nicoll, de Moody’s Analytics, partage cette analyse, estimant que «les prix de l’énergie seront soumis à de nouvelles pressions dans les mois à venir en raison de la hausse des prix des carburants. Le calendrier et l’ampleur de cette pression dépendront des évolutions internationales».

Face à la hausse des prix liée au conflit au Moyen-Orient, Mme Takaichi planche sur un budget supplémentaire dont le montant pourrait dépasser 3.000 milliards de yens (16,2 milliards d’euros), a rapporté l’agence Kyodo.

La Première ministre s’est jusqu’à présent abstenue de chiffrer l’ampleur de ce budget, se contentant d’indiquer qu’elle envisageait d’agir avant que la pression des prix ne devienne incontrôlable.

Les importations de pétrole brut en provenance du Moyen-Orient ont chuté de 67% sur un an en avril, tandis que celles d’autres produits énergétiques ont également fortement reculé, selon des données gouvernementales publiées jeudi.

L’archipel, longtemps guetté par la déflation, est confronté depuis le printemps 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation au-delà de 2%. Pour l’endiguer, la Banque du Japon (BoJ) a entamé en mars 2024 un resserrement de ses taux, après 10 ans de politique monétaire ultra-accommodante.

La BoJ a fortement relevé ses prévisions lors de sa dernière réunion fin avril, face aux nouvelles pressions sur les prix liées à la guerre au Moyen-Orient. Elle mise désormais sur une inflation de 2,8% en 2026, contre 1,9% anticipés précédemment.

Elle table ensuite pour l’exercice 2027 sur une inflation de 2,3%.

Avant l’annonce du ralentissement d’avril, nombre d’analystes anticipaient par conséquent un relèvement du taux directeur de la BoJ, fixé depuis décembre à 0,75% - son plus haut niveau depuis 1995 -, lors de la prochaine réunion de l’institution en juin.

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