Les Bourses de Tokyo et Séoul ont tenté de résister mercredi à la morosité des valeurs tech, après le coup de froid du secteur à Wall Street et l’inflation américaine, tandis que le pétrole se replie avant un sommet sino-américain où sera abordée la guerre au Moyen-Orient.
Bourses prudentes, la tech sous pression
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a fini en hausse de 0,84% à 63’272,11 points après avoir été dans le rouge une partie de la séance.
A Séoul, l’indice Kospi a grimpé 2,63%, inversant également la tendance après avoir plongé dans les premiers échanges.
La Bourse de Taipei a lâché 1,25%, Sydney 0,46%. L’indice hongkongais Hang Seng cédait 0,18% vers 06H30 GMT.
Les places asiatiques ont hésité au gré d’échanges nerveux, les valeurs technologiques étant sous pression après la performance morose du secteur à Wall Street mardi sur fond de prises de bénéfices.
«Après le repli des valeurs américaines de semi-conducteurs mardi, les titres liés à ce secteur devraient subir des pressions à la vente (à Tokyo) et les prix élevés du pétrole continuent de peser sur les marchés», commentent les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
L’échec des négociations salariales entre le géant des puces mémoires Samsung et son syndicat avant une grève potentielle contribue aussi à assombrir la place de Séoul: le titre Samsung a lâché jusqu’à 6% avant d’effacer ses pertes et de repartir en petite hausse.
Par ailleurs, les investisseurs digèrent un nouveau sursaut de l’inflation américaine, qui a atteint 3,8% sur un an en avril, au plus haut depuis près de trois ans, alimentant les craintes de durcissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed).
Le japonais Nidec dévisse
Le japonais Nidec, premier fabricant mondial de moteurs de précision, a vu son titre dévisser de 18% en séance à la Bourse de Tokyo, après avoir annoncé avoir identifié des soupçons de falsification concernant la qualité de ses produits et promis une inspection approfondie.
Le titre est déjà retiré des indices Nikkei 225 et Topix, en raison de questions sur la gestion interne du groupe, plongée dans la tourmente depuis qu’une enquête interne a mis au jour de nombreux cas d’irrégularités comptables au sein de ses filiales en Italie, en Suisse et en Chine, entraînant de colossales charges de dépréciation d’actifs.
Dette: les rendements japonais et sud-coréens bondissent
Le rendement des obligations d’Etat japonaises à 20 ans s’est élevé mercredi à son plus haut niveau depuis 1997, à 3,495%, alors que la hausse des prix de l’énergie accentue les pressions inflationnistes.
La pression sur la dette nippone s’intensifie sur fond de flambée des cours du pétrole face à l’impasse sur le conflit au Moyen-Orient, laissant redouter de prochains relèvements de taux par la Banque du Japon.
Les obligations japonaises avaient déjà fait l’objet d’une forte vague de ventes en janvier en raison d’inquiétudes concernant les politiques budgétaires de la Première ministre Sanae Takaichi.
De son côté, le rendement des obligations sud-coréennes à 10 ans a franchi la barre des 4% pour la première fois depuis fin 2023, le choc pétrolier incitant là encore les investisseurs à anticiper des hausses de taux d’intérêt.
Parallèlement, les rendements des bons du Trésor américain ont grimpé après l’accélération de l’inflation aux Etats-Unis.
Vers 06h30 GMT, la devise américaine était stable à 157,70 yens pour un dollar. L’or cédait 0,12% à 4.709 dollars.
Le pétrole reprend son souffle
Vers 06h30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain pour livraison en juin perdait 1,47% à 100,68 dollars.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet, référence du marché mondial, cédait 1,40% à 106,26 dollars.
Les cours avaient fortement grimpé mardi sur fond d’impasse diplomatique au Moyen-Orient et «après la diffusion d’images satellite montrant que le terminal d’exportation de l’île iranienne de Kharg était à l’arrêt depuis plusieurs jours», rappelle Michael Wan, analyste de la banque MUFG.
«Et ce mercredi, le sommet Trump-Xi à Pékin constitue le principal point focal géopolitique», insiste-t-il.
Cette rencontre intervient alors que le pouvoir iranien a écarté mardi l’idée d’amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, jugées par Donald Trump «bonnes pour la poubelle».
Ce statu quo fait craindre un blocage prolongé du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement 20% de l’offre pétrolière mondiale, alors que les réserves de brut s’amenuisent au fur et à mesure.