Matières premières: l’or et le cuivre corrodés, le coton flambe

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Ce vendredi vers 17h30, l’once d’or s’échange à Londres à 4639,45 dollars, contre 4709,50 dollars à la clôture de la semaine passée.

Le prix de l’or a continué de glisser cette semaine, durant laquelle plusieurs banques centrales ont ouvert la porte à des hausses de taux pour contrer la flambée des prix, tirée par l’énergie en raison du conflit au Moyen-Orient.

Le métal jaune souffre «des pressions à la suite de la hausse des prix du pétrole, qui a également tiré à la hausse les anticipations de taux d’intérêt aux Etats-Unis», résume Thu Lan Nguyen, analyste chez Commerzbank.

Des taux plus hauts rendent en effet le dollar et les obligations d’Etat plus attractifs pour les investisseurs, qui délaissent donc l’or, éclipsant son rôle traditionnel de valeur refuge.

La demande en or au premier trimestre 2026 a particulièrement été plombée par la baisse de 5% en volume des investissements en or, selon le dernier rapport du Conseil mondial de l’or (CMO).

Comparativement au mois de mars, au cours duquel l’or a perdu 11,6% de sa valeur, sa chute a ralenti en avril, à environ -1%.

Cette stabilisation «suggère que le marché se projette de plus en plus au-delà des craintes d’inflation à court terme pour se concentrer sur des risques plus larges pesant sur la croissance, la stabilité financière et l’incertitude géopolitique», estime Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

Vendredi, vers 15H30 GMT (17H30 à Paris), l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 4639,45 dollars, contre 4709,50 dollars à la clôture de la semaine passée.

Le cuivre se rouille

Le cours du cuivre a pâti cette semaine de données pessimistes sur la demande et de perspectives de croissance dans le monde affectées par la guerre au Moyen-Orient.

Sur les deux premiers mois de cette année, l’excédent d’offre de cuivre a augmenté de plus de 100’000 tonnes par rapport à l’année précédente, pour atteindre environ 310’000 tonnes, a révélé le groupe d’étude international du cuivre (ICSG) dans son dernier rapport mensuel publié mardi.

«Cela s’explique par une demande pratiquement inchangée, combinée à une hausse de la production de métal», explique Thu Lan Nguyen, de Commerzbank.

Selon l’analyste, le prix du cuivre encore relativement haut, «conjugué à l’incertitude persistante liée au maintien de prix de l’énergie élevés, n’augure rien de bon pour l’évolution future de la demande» de ce métal industriel.

Crucial pour la confection de circuits électriques, le cuivre est sensible comme tous les métaux de base aux coûts de l’énergie.

Cependant, «les inquiétudes concernant l’approvisionnement en acide sulfurique en provenance du Moyen-Orient, un intrant essentiel pour la transformation des métaux, notamment au Chili et au Pérou, deux géants mondiaux de la production» pourraient raréfier ce matériau à court terme, souligne Ole Hansen, de Saxo Bank.

Une tonne de cuivre coûtait 13’020 dollars sur le LME, contre 13’309,50 dollars lors de la clôture de la semaine dernière.

Le coton brûle

Le cours du coton s’est encore envolé cette semaine, poussé par une sécheresse dans la principale région productrice aux Etats-Unis et la hausse des prix du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le coton a touché dans la journée de vendredi son plus haut niveau depuis avril 2024, à 84,17 cents la livre.

«Environ 98% de la production de coton aux États-Unis était toujours touchée par la sécheresse» fin avril, avance Mark Bowman, analyste chez ADM Investors Services, pour expliquer cette flambée des prix.

Les Etats-Unis sont l’un des principaux producteurs de coton au monde et le second exportateur juste après le Brésil, selon les données du ministère américain de l’agriculture.

Par ailleurs, la hausse des prix du pétrole à cause de la guerre au Moyen-Orient renchérit le coûts des des fibres synthétiques, ce qui a aussi contribué à favoriser la demande de coton depuis le début de la guerre.

La livre de coton pour livraison en mai à New York valait 83,01 cents vendredi vers 15H30 GMT (17H30 à Paris), contre 79,36 cents à la clôture vendredi dernier.

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