Le prix de l’or a faibli cette semaine, miné par la résistance du dollar, valeur refuge concurrente, face aux incertitudes sur la résolution du conflit au Moyen-Orient.
«La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz a fait grimper les prix du pétrole brut, ce qui a entraîné une augmentation des anticipations d’inflation mondiale», rappelle David Morrison, de TradeNation.
De quoi pousser la Réserve fédérale (Fed), qui se réunit la semaine prochaine, à maintenir ses taux directeurs à des niveaux élevés au lieu de les abaisser progressivement.
Le cours du métal jaune reste donc «freiné par l’affaiblissement des anticipations d’une baisse des taux directeurs de la Fed, le niveau élevé des rendements obligataires et la vigueur du dollar à court terme», résument Soni Kumari et Daniel Hynes, analyste chez ANZ.
Cependant, les experts d’ANZ estiment que «la hausse des risques pesant sur la croissance économique, conjuguée aux incertitudes budgétaires et géopolitiques, continuera d’inciter les investisseurs» à acheter des métaux précieux.
Les annonces contradictoires s’enchaînent en effet sur le front de la guerre au Moyen-Orient. L’Iran est revenu le week-end dernier sur sa décision d’ouvrir le détroit, et Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu, qui devait prendre fin mercredi soir, à la veille de son expiration.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, va finalement se rendre vendredi à Islamabad pour des discussions au sujet de la guerre avec les Etats-Unis et Israël, a confirmé l’agence de presse officielle Irna.
Vendredi, vers 14H55 GMT (16H55 à Paris), l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 4726,38 dollars, contre 4830,34 dollars à la clôture de la semaine passée.
Le nickel se sucre
Le cours du nickel a progressé cette semaine, les experts du groupe d’étude international de ce métal (INSG) anticipant un déficit d’offre en 2026 de 32’000 tonnes, selon un communiqué publié mercredi.
L’Indonésie, de très loin le premier producteur mondial, a renforcé l’encadrement de son secteur minier avec un quota d’extraction de minerai de nickel (RKAB) pour 2026 fixé à un niveau nettement inférieur à celui de 2025.
Résultat, la production mondiale de nickel devrait décliner d’environ 4% après s’être affichée en hausse pendant plusieurs années.
La demande pour le métal, elle, continue de monter, en hausse d’environ 4%.
L’INSG mentionne qu’il existe un certain degré d’incertitude concernant ces chiffres, lié principalement à la possibilité que le gouvernement indonésien revoie ses quotas à la hausse et à «l’impact en constante évolution du conflit au Moyen-Orient».
Sur le LME vendredi, la tonne de nickel pour livraison dans trois mois s’échangeait à 18’970 dollars, contre 18’117 dollars à la clôture une semaine plus tôt.
Le sucre nickel
Le sucre est reparti à la hausse cette semaine, porté par la hausse du pétrole qui accroît la concurrence avec l’éthanol.
Le sucre est utilisé pour la production de carburants alternatifs sous forme d’éthanol. Quand le pétrole monte, les sucreries sont incitées à consacrer une part plus importante de la trituration de la canne à sucre à sa production.
Cette semaine, les cours du pétrole sont largement remontés alors que le marché a commencé à perdre espoir sur une résolution rapide du conflit.
Donald Trump a assuré jeudi qu’il avait «tout le temps du monde» concernant la guerre au Moyen-Orient, au contraire de l’Iran selon lui, dans un message sur son réseau Truth Social.
Vendredi, à New York, la livre de sucre brut pour livraison en juillet valait 431,70 cents, contre 412,30 cents huit jours auparavant.
A Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en août valait 13,99 dollars contre 13,48 dollars le vendredi précédent à la clôture.