Les devises évoluent avec retenue jeudi, les investisseurs évitant de prendre de trop gros paris face aux nombreuses incertitudes qui entourent la guerre au Moyen-Orient.
Vers 18H45 GMT, la devise américaine grappillait 0,10% à la monnaie unique européenne, à 1,1693 dollar pour un euro.
«Pour l’instant, il y a tout simplement trop de questions sans réponse pour justifier une tendance marquée du dollar dans un sens ou dans l’autre», estime Antje Praefcke, de Commerzbank.
Malgré une prolongation unilatérale américaine de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, le ton et les actes restent agressifs, sans signe de déblocage à ce stade sur le plan diplomatique.
Donald Trump a ordonné jeudi la destruction des bateaux iraniens posant des mines dans le détroit d’Ormuz. Il a aussi assuré avoir «tout le temps du monde» concernant l’Iran.
Des explosions ont retenti à Téhéran où le système de défense antiaérienne a été activé.
Une source sécuritaire israélienne a déclaré jeudi soir à l’AFP que l’armée israélienne n’était pas en train d’attaquer l’Iran.
Mais le ministre de la Défense a prévenu que le pays était «prêt à reprendre la guerre contre l’Iran» et attendait le feu vert de Washington pour ramener ce pays «à l’âge de pierre».
Pour Mme Praefcke, «la seule certitude est que le détroit d’Ormuz reste fermé», ce qui soutient les prix du pétrole.
«En l’absence de signes d’une nouvelle escalade susceptible de faire grimper le dollar, et compte tenu de l’absence de perspective de fin du conflit - ce qui pourrait entraîner des ventes massives de billets verts - une attitude attentiste s’impose», remarque l’analyste.
L’euro pour sa part réagissait peu au repli de l’activité du secteur privé dans la zone euro en avril.
L’indice d’activité PMI Flash compilé par S&P Global pour la zone euro a reculé ce mois-ci pour la première fois depuis 16 mois, miné par les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l’énergie et les chaînes d’approvisionnement.
La veille pourtant la monnaie unique européenne avait souffert de la forte révision à la baisse de la prévision de croissance en Allemagne.
Ces nouvelles données sur l’activité «ne suffiront pas à convaincre la Banque centrale européenne (BCE) de modifier ses taux d’intérêt la semaine prochaine, compte tenu des perspectives qui demeurent très incertaines», estime Andrew Kenningham, de Capital Economics.