Gonet: l'actualité des marchés au 8 avril

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,18%, S&P 500 +0,08%, Nasdaq +0,10%, Russell +0,17%, SOX +1,11%, Eurostoxx -1,05%, SMI -1,48%.

Le président des Etats-Unis, qui donnait à Téhéran jusqu’à 20h hier (heure de New York) pour rouvrir le détroit d’Ormuz, évoque des progrès sur une proposition en dix points émanant de l’Iran. Il annonce qu’il accepte de suspendre les attaques contre l’Iran pendant deux semaines, sous réserve de la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, en soulignant ces avancées. Selon un haut responsable américain, les États-Unis interrompent toutes leurs opérations offensives en Iran. Plus tôt hier, Trump menaçait d’anéantir l’ensemble de la civilisation du pays si Téhéran ne cédait pas à ses exigences. Le gouvernement iranien indique toutefois son intention de continuer à affirmer son influence sur Ormuz, tandis que Trump précise que les États-Unis «aident à gérer l’accumulation du trafic» dans le détroit.

Israël indique que le cessez-le-feu de deux semaines ne s’applique pas au Liban, alors que le Premier ministre pakistanais, impliqué dans la médiation, affirmait auparavant que l’accord inclut le conflit avec le Hezbollah au Liban. Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien annonce l’ouverture de négociations avec les États-Unis vendredi à Islamabad. Par ailleurs, des pays du Golfe comme le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis signalent des attaques de missiles après l’annonce du cessez-le-feu conditionnel et Israël continue de frapper l’Iran malgré cette annonce, selon un responsable sécuritaire israélien.

La séance de trading d’hier est plutôt ennuyeuse, elle démarre mal pour se terminer plutôt bien. Les principaux indices d’actions US clôturent la séance en nette remontée par rapport à leurs plus bas du jour. La séance reste sous tension après des menaces très dures de Trump. Malgré cela, les marchés limitent leurs pertes et se redressent en fin de séance, aidés par une initiative diplomatique du Premier ministre pakistanais, qui appelle à repousser l’ultimatum de deux semaines et à instaurer un cessez-le-feu. Les investisseurs restent étonnamment calmes face aux risques géopolitiques majeurs actuels. Le marché semble habitué à relativiser ce genre de crise.

Hier après-midi tout un chacun se demandait sur les parquets de trading si l’irréparable n’allait pas être commis. C’est un énorme ouf de soulagement que poussent les traders ce mercredi, cette nouvelle version du TACO tombe à point nommé, le sentiment du marché passe d’un coup du côté obscur vers une sorte d’état de béatitude et cela se voit sur les écrans, tout ou presque est vert. L’espoir d’un apaisement pérenne dans la région grandit, qui devrait logiquement faire reculer le cours de l’or noir. Le baril de Brent chute de 13% à 94,63 dollars, c’est bien mais gardons en tête que ce niveau reste historiquement élevé. L’annonce de cette nuit pourrait se traduire par une baisse des prix à la pompe dans les prochaines semaines, avec un certain décalage. Cependant, une baisse durable reste incertaine. Elle dépend surtout de la réouverture effective et sécurisée du détroit, du retour à la normale du transport pétrolier et d’un accord solide entre les parties. Or, le cessez-le-feu ne dure que deux semaines et de nombreux désaccords persistent. Dans ce contexte, les prix pourraient rester volatils et repartir rapidement à la hausse au moindre incident.

Alors certes, on ne va pas bouder le rebond de ce mercredi matin, j’y reviens, en revanche le premier moment d’euphorie passé, les intervenants du marché des actions vont probablement prendre du recul, par exemple en lisant les dix propositions de l’Iran, base de discussion acceptable selon le président des Etats-Unis rappelons-le, et qui incluent notamment la demande de pouvoir poursuive l’enrichissement d’uranium…En poursuivant la lecture des demandes de Téhéran, on comprend en substance que les Etats-Unis devraient s’engager à ne plus mener d’attaque contre le pays et ses alliés, à retirer leurs forces armées de la région, à débloquer les avoirs iraniens gelés, à lever toutes les sanctions en cours, à laisser le contrôle du détroit d’Ormuz à l’Iran et à inclure des compensations pour les dommages de guerre. À votre avis, ça va passer?

Comme d’habitude, c’est l’avenir qui nous fournira la réponse. Dans l’intervalle voyons un peu la réaction des différentes classes d’actifs ce matin.

Le pétrole chute donc, le baril de WTI Light Crude perd 14% à 96,29 dollars. Malgré ce joli plongeon, l’or noir reste dans sa tendance haussière entamée en 1999, pour la remettre en question il lui faudra traverser le niveau de 71 dollars.

Sur la partie des actions, le future S&P500 (SPX) gagne 2,5%, son compère du Nasdaq prend 3,2% tandis que l’Europe traite en progression de 4,8% dans les premiers échanges. Cette hausse massive sur le vieux continent est probablement amplifiée par des facteurs techniques comme des positions shorts importantes qui se retournent. Au niveau sectoriel cela devrait swinguer comme rarement aujourd’hui. On pense notamment aux compagnies aériennes d’un côté et aux sociétés pétrolières et gazières de l’autre. On pourrait en parallèle assister à un retour en grâce de secteurs délaissés tels que la tech, le luxe ou encore les matériaux de base. Puis viendra le weekend et on verra bien si les intervenants se sentent suffisamment confiants pour conserver leurs positions actions, ou pas.

Ce matin le future SPX pète littéralement la forme, il a cassé ses trois moyennes mobiles d’un coup, la 200, la 50 et la 100 jours. En parallèle il réintègre son canal haussier entamé en octobre 2022, sans pour autant entrer en territoire suracheté. Une death cross menace toujours de se produire, c’est à suivre. Même constat sur le future du NDX, avec en revanche la certitude qu’une death cross se produira dans les deux jours.

Sur la partie obligataire, on peut s’attendre à une belle hausse de ce segment en Europe ce matin, les perspectives de hausses de taux par la BCE diminuent. Le rendement du 10 ans US recule logiquement, à 4,24% contre 4,35% hier, les craintes d’inflation reculent quelque peu dans les esprits. Le dollar rend aussi du terrain, la paire EUR/USD remonte à 1,1694, elle aussi traverse ses trois moyennes mobiles par le haut. L’or n’en demandait pas tant, qui retrouve de jolies couleurs et remonte à 4818 dollars l’once, pendant que le bitcoin repasse au-dessus de la barre des 70’000 dollars.

Au menu macro-économique de ce mercredi, nous suivrons notamment les ventes au détail en zone Euro, à 11h, puis les stocks de brut aux Etats-Unis (16h30), le discours de Mary Daly (Fed) à 19h05 et enfin les minutes de la dernière réunion de la Fed, à 20h.

Bayer confirme ses objectifs 2026 malgré les tarifs douaniers américains sur la pharmacie. Intel s'associe à SpaceX et Tesla pour exploiter une nouvelle usine de puces informatiques. Ford sollicite l'administration Trump face au poids des tarifs douaniers sur le F-150, selon le WSJ. L'iPhone pliable d'Apple reste en bonne voie pour un lancement en septembre, selon Bloomberg, après des rumeurs évoquant le contraire.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en forte hausse. Tokyo gagne 5,39% à la cloche, Hong Kong monte de 2,93%, Shanghai avance de 2,69%, Séoul bondit de 6,87% et le Nifty50 s’adjuge 3,44%.

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