La Banque d’Angleterre maintient son taux directeur inchangé à 3,75%

AWP/AFP

1 minute de lecture

Selon le gouverneur Bailey, la guerre a poussé les prix de l’énergie à l’échelle mondiale, cela est déjà visible à la pompe et, si cela dure, cela contribuera à des factures d’énergie plus élevées pour les foyers cette année.

La Banque d’Angleterre (BoE), dans le sillage de la banque centrale américaine (Fed), a laissé jeudi son taux directeur inchangé à 3,75%, repoussant à une échéance indéterminée le retour à son objectif d’inflation, en raison de l’explosion des prix de l’énergie avec le conflit au Moyen-Orient.

«La guerre au Moyen-Orient a poussé les prix de l’énergie à l’échelle mondiale», «cela est déjà visible à la pompe et, si cela dure, cela contribuera à des factures d’énergie plus élevées pour les foyers cette année», a déclaré le gouverneur de l’institution monétaire, Andrew Bailey, dans un commentaire joint à la décision.

Le banquier central a dit «surveiller la suite des évènements». «Quoi qu’il arrive», la mission de la BoE «est de s’assurer que l’inflation retourne à sa cible de 2%», a-t-il souligné.

Il a cependant estimé que «la meilleure façon de résoudre cela (était) à la source, en rouvrant les chaînes d’approvisionnement en énergie», alors que le détroit d’Ormuz, où transite un cinquième de la production de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) mondiale, est paralysé en raison des attaques iraniennes.

Cette décision de la BoE, largement anticipée par le marché, est la première depuis septembre 2021 prise à l’unanimité par les membres du Comité de politique monétaire (MPC).

Ils projettent désormais une inflation britannique aux environs de 3% au deuxième trimestre, et de 3,5% au troisième.

La BoE avait tablé, lors de sa précédente réunion en février, sur un retour de l’inflation autour de 2% dès le mois d’avril, son gouverneur estimant «avoir de la marge» pour une nouvelle détente monétaire cette année.

L’inflation avait en effet fortement reculé au Royaume-Uni en janvier - avant la guerre - à 3% sur un an.

Mais le pays est très dépendant du gaz, avec des prix de l’énergie parmi les plus élevés d’Europe, et donc sensible aux fluctuations.

La BoE se dit «prête à agir», mais s’inquiète également «de l’affaiblissement de l’activité économique qui découlera probablement de coûts de l’énergie plus élevés».

Ces risques sur l’inflation ont poussé jeudi le taux d’emprunt des obligations britanniques à 10 ans à un plus haut depuis janvier 2025, à près de 4,89%, juste après l’annonce de la décision de la BoE.

Un statu quo similaire est aussi attendu de la part de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, dans la foulée de celui de la banque centrale américaine (Fed) qui a, sans surprise, maintenu ses taux inchangés mercredi, entre 3,50% et 3,75%.

A lire aussi...