La Banque d’Angleterre (BoE) a laissé jeudi son taux directeur inchangé à 3,75%, une décision attendue mais prise à une courte majorité, car l’institution prévoit un ralentissement de l’inflation grâce aux mesures budgétaires britanniques et anticipe une croissance moins forte que prévue cette année.
«Nous pensons désormais que l’inflation retombera autour de 2% d’ici au printemps», a déclaré le gouverneur de l’institution monétaire, Andrew Bailey, dans un commentaire joint au rapport de politique monétaire.
«C’est une bonne nouvelle», a-t-il estimé, mais «nous devons nous assurer que l’inflation reste à ce niveau. C’est pourquoi nous avons maintenu les taux inchangés».
Quatre des neuf membres du Comité de politique monétaire (MPC) ont exprimé leur préférence pour une baisse de 0,25 point de pourcentage, là où les analystes tablaient plutôt sur deux votes en faveur d’une coupe.
«Si tout se déroule bien, il devrait y avoir de la marge pour davantage de réduction du taux directeur cette année», a cependant précisé M. Bailey.
L’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé en décembre au Royaume-Uni pour la première fois depuis cinq mois, à 3,4% sur un an, un chiffre supérieur aux prévisions et bien au-dessus de l’objectif de 2% visé par la BoE.
Mais celle-ci prévoit désormais un retour de l’inflation à ce niveau en avril, grâce à «l’effet combiné des mesures annoncées» en novembre dernier dans le budget du gouvernement travailliste, là où elle tablait sur courant 2027 dans son rapport de novembre
L’institution cite notamment la réduction des factures de gaz et d’électricité, la pause sur la hausse des taxes sur l’essence ou encore le gel des tarifs ferroviaires.
L’enquête que la BoE mène annuellement suggère par ailleurs que les employeurs britanniques prévoient d’accorder des augmentations de salaire d’environ 3,4% cette année, contre 4% anticipés en 2025.
La BoE a par ailleurs abaissé ses prévisions de croissance pour le Royaume-Uni en 2026, à 0,9% contre 1,25% précédemment, et 2027, à 1,5% contre 1,6%.
Elle pointe un marché de l’emploi à la peine, avec un taux de chômage au plus haut depuis cinq ans (5,1%) sur les trois mois achevés en novembre.
Elle souligne aussi que «la politique monétaire restrictive et l’incertitude, en partie liée au budget 2025, ont pesé sur l’activité».
Lors de sa dernière réunion en décembre, l’institution avait procédé à sa sixième baisse de taux depuis août 2024.
Vers 12H25 GMT (13H25 à Paris), la devise britannique perdait 0,70% par rapport au billet vert, à 1,3559 dollar pour une livre, et reculait aussi de 0,57% par rapport à la monnaie unique européenne, à 86,97 pence pour un euro. Elle accélérait légèrement ses pertes par rapport à jeudi matin.