Cette réunion politique monétaire s’inscrit dans un contexte hautement incertain concernant les trajectoires d’inflation et de croissance induites par le conflit en Iran et ses retombées sur les pays producteurs de pétrole et de gaz ainsi que par le goulet d’étranglement énergétique d’Hormuz.
La communication de Christine Lagarde lors de la conférence de presse et les projections macroéconomiques trimestrielles de l’institution seront scrutées avec la plus grande attention par le marché, qui anticipe déjà une hausse de 25 bps. durant le dernier trimestre de l’année.
Des membres du directoire de la BCE ont émis des craintes quant à la possibilité de voir le scénario inflationniste de 2022 se rematérialiser. Ce contexte n’est néanmoins pas identique : les déséquilibres entre offre et demande de main d’œuvre, de services et de biens manufacturés dans le sillage de la réouverture des économies post-covid associés à des conditions monétaires accommodantes ont disparu.
Le stigmate des pressions nominales observées par les ménages et les entreprises sont encore palpables et le décrochage des anticipations d’inflation est cependant redouté par l’institution francfortoise.
Nous estimons que la dépendance des décisions aux données publiées demeurera la clé de voûte de la communication de l’institution pour cette réunion. Celle-ci devrait néanmoins adopter une tonalité prudemment restrictive en laissant toutes les options sur la table pour la réunion du 30 avril, conditionnées aux développements sur les prix de l’énergie et à la réouverture du détroit d’Hormuz.
Les projections d’inflation et de risque devraient, elles, être revues à la hausse pour 2026 (1,9% attendue sur l’année en décembre 2025) tandis que la croissance serait amoindrie comparée à l’exercice de décembre 2025 (1,2% anticipés en 2026).