La Banque centrale européenne devrait maintenir ses taux directeurs inchangés pour la troisième fois consécutive. La communication de Christine Lagarde sera cependant scrutée à plusieurs égards.
Jusqu’à présent, la présidente insiste sur le fait que la posture monétaire est adéquatement positionnée pour faire face aux chocs potentiels qui affecteraient la zone euro. Les risques entourant l’horizon de projection de l’inflation sont symétriques et l’incertitude s’estompe. L’inflation de la zone euro gravite autour de la cible de 2% depuis le début de l’année, permettant la reconstitution des revenus réels des ménages et des entreprises. Les baisses de taux directeur depuis juin 2024 se diffuse progressivement dans la création de crédit supportant la demande interne. La croissance de la zone euro demeure toutefois morose, le plan de relance allemand peinant à se matérialiser et les pays exportateurs demeurent pénaliser par le ralentissement de la demande mondiale.
A cet égard, nous pensons qu’une baisse de 25 points de base (pb) serait encore nécessaire pour accompagner la reprise d’activité dans la zone qui peine à sortir des multiples chocs observés depuis 2022. A défaut de baisser les taux dans l’immédiat, nous estimons que Christine Lagarde adoptera une tonalité plus accommodante. L’euro fort, le reroutage des marchandises chinoises initialement destinées aux Etats-Unis et le sentiment dégradé des agents, mesurée à travers le comportement d’épargne des ménages, et le ralentissement marqué de l’investissement des entreprises font peser des risques à la baisse sur l’inflation et l’activité. Le resserrement quantitatif du bilan maintient par ailleurs une pression haussière sur les taux longs et limite la transmission de la baisse des taux courts dans un contexte d’augmentation progressive du volume de dette souveraine dans la zone. Nous ne pensons cependant pas qu’à ce stade, l’institution discute de son ralentissement d’exécution. Le marché, lui, s’attend à un ajustement marginal des taux au premier trimestre 2026 de 25 pb dans un contexte où la Fed s’apprête non seulement à réduire son taux directeur et à mettre un terme à son QT.