Gonet: l'actualité des marchés au 17 mars

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,83%, S&P 500 +1,01%, Nasdaq +1,22%, Russell +0,94%, SOX +1,96%, Eurostoxx +0,39%, SMI +0,33%.

Avez-vous remarqué que depuis quelques temps Wall Street a tendance à courber l’échine le vendredi, pour reprendre du poil de la bête le lundi? La faute aux Etats-Unis et leurs actions tous azimuts qui déstabilisent lentement mais sûrement une planète déjà pas trop bien en point, notamment sur le plan géopolitique et commercial. On préfère donc ne pas trop s’exposer aux actions en fin de semaine pour revenir dans la course après le weekend.

Pour ceux que cela intéresse, les mardis le S&P500 (SPX) perd 0,3% en moyenne.

Hier ne fait pas exception avec un rebond technique opéré par les principaux indices Downtown Manhattan, qui étaient tous venus renifler leur moyenne mobile à 200 jours en clôture vendredi soir, un niveau technique solide et important que l’on ne traverse pas comme ça non mais… les chroniqueurs boursiers citent le timide repli du pétrole comme raison principale du rebond, votre serviteur penche pour les 200 jours, les indices rebondissent dessus mollement, dans des volumes d’échanges dignes d’une séance unplugged sur MTV. C’est le Nasdaq100 (NDX) qui mène la danse hier, porté par ses mastodontes qui clôturent tous en hausse, tout comme la majorité des acteurs du merveilleux monde de l’intelligence artificielle.

Malgré cette légère détente du cours de l’or noir hier, la situation reste tendue. Je vous passe les détails du jour que vous connaissez déjà, le principal d’un point de vue du marché est que ce détroit semble toujours aussi étroit, ça ne passe pas ou peu, de plus il semble que les positions shorts (ventes à découvert) contre le fonds coté en bourse USO (United States Oil Fund) aient fortement augmenté récemment. Vous allez me dire que c’est une bonne nouvelle, que le marché s’attend à ce que le pétrole baisse. Certes, certes, en revanche si l’or noir a la mauvaise idée de pousser un peu plus haut, tôt ou tard cela forcera les shorts à se couvrir et une jolie boule de neige acheteuse se formera, qui emportera tout sur son passage vers des niveaux stagflationnistes. En résumé, chaque jour qui passe sans que le baril ne recule significativement augmente les tensions au sein du marché.

Cette semaine sera pavée de banques centrales avec surtout la Fed demain soir, qui ne devrait pas réduire le loyer de l’argent aux Etats-Unis, en revanche on est très intéressés à entendre ce que Jerome Powell nous dira sur la politique monétaire future de l’institut d’émission. Demain nous aurons aussi droit à l’indice américain des prix à la production (PPI) et aujourd’hui nous avons à digérer les annonces de Jensen Huang, le patron de Nvidia, j’y reviens.

Résumons: les banques centrales, le PPI et Nvidia sont les principaux éléments à suivre cette semaine, avec dans le siège du conducteur un baril de pétrole qui monopolise tous les regards.

Nvidia présente de nombreux nouveaux produits lors de sa conférence annuelle et prévoit que ses puces dédiées à l’intelligence artificielle pourraient générer jusqu’à 1’000 milliards de dollars de ventes cumulées d’ici 2027. Cette prévision vise à rassurer les investisseurs sur la solidité de la demande, même si elle ne traduit pas une accélération majeure par rapport aux objectifs précédents. L’entreprise mise sur une explosion continue des besoins en puissance de calcul, portée par l’IA et élargit son activité au-delà de ses puces graphiques (GPU) en se développant fortement dans les processeurs centraux (CPU), concurrençant ainsi des acteurs comme Intel. Elle a aussi intégré des technologies issues de la startup Groq pour améliorer la rapidité des systèmes d’IA et explore des projets innovants comme des centres de données dans l’espace. Nvidia renforce également ses partenariats avec de grands groupes comme IBM et Adobe et développe de nouveaux usages, notamment dans les véhicules autonomes. Malgré son immense succès et sa valorisation record, l’entreprise fait face à une concurrence croissante (notamment AMD) et à des clients qui cherchent à concevoir leurs propres puces, ce qui soulève des doutes sur la poursuite de sa croissance exceptionnelle.

Morgan Stanley estime que les défauts de paiement dans le crédit privé (notamment les prêts directs aux entreprises) pourraient atteindre environ 8%, principalement à cause des bouleversements liés à l’intelligence artificielle dans le secteur des logiciels. Ce secteur est particulièrement fragile car les entreprises y sont très endettées et disposent de marges de sécurité faibles pour rembourser leurs dettes. Le risque est accentué par un grand nombre d’emprunts arrivant bientôt à échéance (mur de maturités), ce qui oblige les entreprises à se refinancer dans un contexte plus incertain. Parallèlement, les investisseurs deviennent plus prudents et demandent davantage à récupérer leur argent, ce qui met sous pression certains fonds de crédit privé, au point que certains ont déjà limité les retraits. Même si ces tensions sont importantes, Morgan Stanley considère qu’elles ne représentent pas un risque systémique pour l’ensemble du marché financier. En revanche, la croissance du crédit privé pourrait ralentir, notamment si les investisseurs particuliers se retirent au profit d’investisseurs institutionnels.

On se penche sur l’indice manufacturier Empire State de mars qui recule de 7 points sur un mois à -0,2, en dessous des attentes. Les nouvelles commandes progressent légèrement, mais les expéditions diminuent, tandis que l’emploi augmente modestement. Les prix des intrants chutent fortement à leur plus bas niveau depuis janvier 2025, alors que les prix de vente restent globalement stables. La production industrielle de février progresse de 0,2% sur un mois, un peu en dessous des prévisions. L’indice du marché immobilier NAHB de mars gagne 1 point à 38, légèrement au-dessus des attentes, avec une amélioration de ses trois composantes.

Au menu macro-économique de ce mardi, l’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne, à 11h CET, les permis de construires et les mises en chantier aux Etats-Unis à 15h puis les promesses de vente, à 15h.

Kering regroupe ses Maisons de Joaillerie sous la responsabilité de Jean-Marc Duplaix. L'Allemagne veut que Commerzbank reste indépendante, déclare le Chancelier Merz après l'offre de rachat d'Unicredit. Alcon renonce à son rachat de Lensar face à l'opposition et aux délais réglementaires aux Etats-Unis. Mercedes-Benz dément les rumeurs de discussions avec Geely sur le partage de plateformes. Nvidia fait feu de tous bois lors de sa journée développeurs, avec un focus sur la robotique. Le groupe estime qu'il va générer au moins 1’000 milliards de dollars de chiffre d'affaires grâce aux puces d'IA d'ici fin 2027. Alibaba lance la plateforme d'IA Wukong pour les entreprises. SK Hynix envisage une cotation ADR aux Etats-Unis. NEC va investir plus de 100 milliards de yens dans le secteur des câbles sous-marins. Uniqlo (Fast Retailing) convoite les droits de naming du Dodger Stadium pour renforcer sa marque aux Etats-Unis.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo égare 0,09% à la cloche, Hong Kong grappille 0,16%, Shanghai recule de 0,85%, Séoul prend 1,63% (Nvidia) et le Nifty50 gagne 0,5%. Le future SPX recule de 0,4% pendant que l’Europe ouvre en repli de 0,3%.

Le rendement du 10 ans US a légèrement reculé à 4,23%, le dollar également à 1,1493, l’or se maintient au-dessus des 5'000 dollars l’once, le baril de Brent traite à 103,7 dollars tandis que le WTI Light Crude cote 97,33 dollars.

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