Après avoir connu les montagnes russes lors d’une année marquée par les droits de douane mis en place par le président américain Donald Trump, l’économie américaine a vu son ralentissement se confirmer, tant au dernier trimestre que sur l’année, provoquant la fureur du locataire de la Maison-Blanche.
Sur les trois derniers mois de l’année, le PIB américain a progressé de 1,4% en rythme annualisé, selon les données publiées vendredi par le département du Commerce.
Cette performance s’avère décevante comparée aux attentes des marchés, qui anticipaient plutôt une croissance de 2,5% sur cette période, selon le consensus publié par MarketWatch.
Avant même la publication des données, Donald Trump a réagi, accusant les démocrates et la paralysie budgétaire d’octobre et novembre dernier, la plus longue de l’histoire du pays, d’être la cause de ces moindres performances économiques.
«Le +shutdown+ des démocrates a coûté aux Etats-Unis au moins deux points de PIB. C’est la raison pour laquelle ils recommencent», a accusé le président américain sur son réseau Truth Social.
Les États-Unis sont confrontés à un nouveau «shutdown», partiel cependant cette fois, puisqu’il ne touche que le département de la Sécurité intérieure, sur fond de tensions relatives à la politique migratoire de M. Trump.
Il s’en est également à nouveau pris au président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, l’accusant de ne pas en avoir fait suffisamment concernant les taux directeurs, qui sont restés inchangés lors de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC).
Les marchés s’attendent à ce qu’ils n’évoluent pas non plus lors de la prochaine réunion prévue mi-mars.
«Pas de paralysie! Et aussi, DES TAUX D’INTERET PLUS BAS», a réclamé Donald Trump vendredi sur son réseau Truth Social.
Consommation et IA en soutien
Selon le département du Commerce, le ralentissement de la croissance au quatrième trimestre s’explique avant tout par «un retournement des dépenses publiques et des exportations et un ralentissement des dépenses de consommation».
«L’ampleur de la faiblesse des dépenses publiques est une grosse surprise, retirant près d’un point à la croissance», a relevé de son côté dans une note le chef économiste de Pantheon Macroeconomics, Samuel Tombs, qui y voit l’effet du «shutdown», mais également des coupes budgétaires réalisées au début du mandat de Donald Trump.
Par ailleurs, si les investissements sont en hausse, ils se concentrent avant tout sur l’intelligence artificielle (IA), soutenant les dépenses en équipement alors que dans le même temps celles dans d’autres secteurs sont en recul, selon Pantheon.
Dans l’ensemble, la croissance a néanmoins profité «des dépenses de consommation solides et de la forte demande pour l’IA», a de son côté estimé la cheffe économiste de Navy Federal Credit Union, Heather Long, qui relève tout de même que le ralentissement du marché de l’emploi a pu peser.
«Les embauches ont été anémiques malgré la croissance et cela provoque de la frustration chez les Américains», a-t-elle estimé.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance de la première puissance économique mondiale a été de 2,2%, en retrait par rapport à 2024, selon les données publiées vendredi par le département du Commerce.
Un ralentissement également notable, alors que l’activité économique américaine avait progressé de 2,8% en 2024, la dernière année du mandat de son prédécesseur Joe Biden, et même 2,9% en 2023.
«Nous nous attendons à un rythme de croissance similaire pour 2026, avec les foyers disposant de revenus suffisants qui continueront à dépenser alors que les autres seront de plus en plus confrontés à des coûts élevés et des périodes de chômage plus longues», a anticipé Joel Kan, économiste pour MBA, dans un commentaire publié vendredi.
Les économistes font en effet de plus en plus référence à une économie en «K», dans laquelle les plus hauts revenus maintiennent un haut niveau de dépense, tirant la croissance avec eux, alors que les classes moyennes et les personnes aux revenus plus modestes sont confrontées à une inflation persistante qui pèse sur leurs capacités financières.