Le yen recule lundi, pâtissant d’une croissance plus faible qu’attendue au Japon, avec seulement un très faible sursaut au quatrième trimestre.
Le Produit intérieur brut (PIB) du pays a progressé de 0,1% sur la période octobre-décembre par rapport au trimestre précédent, selon les statistiques officielles publiées lundi, là où le consensus des analystes sondés par Bloomberg tablait sur 0,4%.
La croissance, qui s’était contractée de 0,7% (chiffre révisé) au troisième trimestre, a été stimulée en fin d’année par les mesures de relance du gouvernement.
Mais ces chiffres décevants renforcent la pression sur la Première ministre Sanae Takaichi pour muscler ses mesures de soutien... quitte à gonfler l’endettement.
Par ailleurs, ils ont «tempéré les anticipations de hausse des taux de la Banque du Japon, favorisant ainsi la dépréciation du yen», relève Lee Hardman, analyste chez MUFG.
Vers 11h30, la monnaie nippone perdait 0,57% face à la devise américaine, à 153,58 yens pour un dollar.
Le dollar faisait du surplace par rapport aux autres devises, prenant à peine 0,02% à l’euro, à 1,1865 dollar.
Dévoilée vendredi, la hausse des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis a freiné en janvier, à 2,4% sur un an, contre 2,7% le mois précédent, selon les données officielles publiées vendredi.
Cette décélération est légèrement plus forte que ce que prévoyaient les analystes (2,5% selon Bloomberg), et se rapproche de la cible de 2% visée par la Réserve fédérale (Fed).
En conséquence, les investisseurs «anticipent désormais une probabilité accrue de trois baisses de taux de la Fed d’ici la fin de l’année», de quoi faire perdre au dollar «son élan haussier», estime M. Hardman.
Cependant, la prochaine baisse des taux de la Fed n’est pas attendue par le marché avant la prise de fonction du nouveau président de la Fed en juin.
La semaine dernière, le ministère du Travail américain a en effet dévoilé des chiffres meilleurs que prévu concernant l’emploi en janvier.
L’or, «traditionnellement considéré comme une protection contre l’inflation», comme le souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank, baissait pour sa part de 0,75% lundi, à 5.003,87 dollars l’once.
L’indice d’inflation PCE pour décembre aux Etats-Unis, préféré par la Fed pour le suivi de ses objectifs, est lui attendu vendredi, décalé en raison de la paralysie budgétaire.