Cybersécurité: un impératif stratégique dans les marchés privés

Kathleen Schau, Adams Street Partners

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La montée des cybermenaces transforme la cybersécurité en priorité stratégique pour les acteurs des marchés privés.

 

Alors que les cybermenaces gagnent en fréquence, en ampleur et en sophistication, les acteurs des services financiers doivent adopter des mesures réfléchies et globales pour en atténuer les risques. Pour les gestionnaires des marchés privés, les enjeux sont particulièrement élevés. Situées à l’intersection du capital et de l’innovation, ces sociétés constituent des cibles privilégiées pour les cybercriminels cherchant à exploiter des données sensibles d’investisseurs, des informations confidentielles relatives aux transactions et des analyses propriétaires.

La nature interconnectée de l’écosystème des marchés privés accroît l’exposition. Au-delà de la protection des réseaux internes, les sociétés dépendent également des entreprises en portefeuille, des administrateurs de fonds et des prestataires technologiques tiers, chacun représentant un point d’entrée potentiel pour des acteurs malveillants. Une faille peut compromettre le flux de transactions, éroder la confiance des investisseurs et déclencher un examen réglementaire ou des litiges coûteux.

La plupart des experts du secteur considèrent que la meilleure réponse consiste à mettre en place un cadre de cybersécurité complet et multicouche, capable d’anticiper, de prévenir, de détecter et de répondre aux menaces. Ce cadre doit être régulièrement revu et actualisé afin de s’aligner sur les risques émergents, les attentes réglementaires et l’évolution des dépendances opérationnelles. Un programme de défense cyber bien structuré renforce la résilience de l’ensemble des fonctions de l’entreprise et protège contre divers vecteurs d’attaque, c’est-à-dire les méthodes utilisées par les cybercriminels pour infiltrer un réseau.

Le phishing, l’extorsion et les violations de données personnelles figurent parmi les cybercrimes les plus répandus et les plus coûteux. 

Dans les marchés privés actuels, la cybersécurité constitue un pilier stratégique de l’excellence opérationnelle et de la gouvernance fiduciaire. Un cadre de cybersécurité robuste et multicouche permet aux sociétés de mieux protéger les actifs et les investisseurs, tout en renforçant leur réputation en tant que gestionnaires de capital rigoureux et tournés vers l’avenir. La résilience cyber est désormais perçue comme un indicateur de maturité institutionnelle, un facteur différenciant pour les sociétés d’investissement de premier plan dans un monde de plus en plus numérique et interconnecté.

Des flux financiers massifs, une surface d’attaque élargie

Les transactions mondiales de private equity ont atteint environ 2000 milliards de dollars en 2024, hors 600 milliards d’appels de capitaux et 700 milliards de distributions au premier semestre. Ces flux illustrent l’importance des capitaux circulant à travers des systèmes interconnectés, chacun pouvant servir de point d’entrée à une exploitation malveillante.

Selon le rapport 2024 du FBI sur la criminalité en ligne, le phishing, l’extorsion et les violations de données personnelles figurent parmi les cybercrimes les plus répandus et les plus coûteux. Dans le secteur financier, la fraude liée aux investissements et la compromission de messagerie professionnelle représentent les pertes les plus importantes.

Les périodes de transaction amplifient encore le risque: 68% des sociétés de private equity constatent une hausse des incidents cyber durant le mois de clôture d’une opération, avec des demandes de rançon dépassant en moyenne un million de dollars pour les sociétés de taille intermédiaire.

Les données montrent toutefois un avantage clair pour les organisations disposant de cadres avancés: 55% détectent une violation en moins de 24 heures, une attaque sur six seulement aboutit, et 72% des incidents n’ont aucun impact opérationnel.

Des vulnérabilités spécifiques aux marchés privés

Les sociétés de marchés privés sont exposées à plusieurs risques:

  • Données et communications des LP: hébergées sur des plateformes cloud ou portails tiers;
  • Données de transactions et informations privilégiées: susceptibles d’entraîner des risques d’initiés;
  • Supervision des entreprises en portefeuille: exposition indirecte aux incidents en aval;
  • Dépendances tierces: élargissement de la surface d’attaque via administrateurs et prestataires technologiques.

Au-delà de ces vulnérabilités opérationnelles, l’enjeu est désormais clairement stratégique. Ces risques mettent en lumière une réalité opérationnelle et fiduciaire urgente: la cybersécurité constitue un élément central de l’excellence institutionnelle. À mesure que les marchés privés poursuivent leur transformation numérique et l’intégration croissante des données, le risque de pertes financières, d’exposition réglementaire et d’atteinte à la réputation liées à la cybercriminalité augmente significativement.

Dans ce contexte d’accélération numérique, la posture cyber ne peut plus rester statique. Les marchés privés doivent faire évoluer leur dispositif de cybersécurité au même rythme que leur transformation digitale. Les volumes transactionnels élevés, la sensibilité des données et l’interconnexion des systèmes amplifient à la fois les risques et les opportunités. Les sociétés qui investissent dans des cadres de cybersécurité complets et prospectifs sont mieux armées pour protéger leurs opérations, renforcer leur crédibilité et préserver leur valeur à long terme dans une économie numérique de plus en plus complexe.

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