Les bourses mondiales se montrent prudentes mardi, y compris après la publication des ventes au détail aux États-Unis, qui ont stagné au mois de décembre, et surveillent de nombreux résultats d’entreprises des deux côtés de l’Atlantique.
Les bourses européennes ont clôturé la séance de mardi dans le calme, scrutant les nombreux résultats d’entreprises et dans l’attente d’indicateurs macroéconomiques importants aux États-Unis.
Paris (+0,06%) a terminé légèrement dans le vert, portée par la performance boursière du géant du luxe Kering (+10,90%), tandis que Londres (-0,31%), Francfort (-0,11%) et Milan (-0,04%), ont clôturé dans le rouge.
A Wall Street, après une ouverture en légère hausse, le Dow Jones prenait 0,39%, l’indice Nasdaq reculait de 0,12%, et le S&P 500 stagnait (+0,00%), vers 17H50.
Globalement, les marchés soufflent après le rebond du secteur technologique des derniers jours, après que celui-ci a chuté la semaine dernière, sur fond d’inquiétudes autour de la rentabilité des investissements massifs dans l’IA.
«Les investisseurs recentrent leur attention sur (...) les indicateurs économiques à venir», selon Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
La publication, une heure avant l’ouverture de Wall Street, des ventes au détail de décembre aux États-Unis n’est pas venue bousculer cette dynamique.
Ces dernières n’ont pas du tout progressé durant le dernier mois de l’année dernière, en dépit des fêtes de fin d’année, à 735 milliards de dollars selon le ministère du Commerce américain, un chiffre largement en deçà des attentes des marchés.
Dans la suite de la semaine, les investisseurs décortiqueront les chiffres de l’emploi aux États-Unis mercredi, suivis de l’inflation, toujours aux États-Unis, vendredi.
«S’il y avait plus de création d’emplois que ce que l’on attend, ce serait plutôt un signe positif sur l’économie, mais ce serait un signe négatif sur l’inflation», commente pour l’AFP Nicolas Budin, responsable de la gestion actions chez Myria AM.
Ces deux indicateurs sont déterminants pour évaluer la future politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Plus l’inflation et l’activité sont faibles, plus l’institution monétaire sera susceptible de baisser ses taux, ce qui est favorable aux actions.
Autre point d’attention des marchés: la publication des résultats d’entreprises.
Kering bondit
En Europe, le titre du groupe de luxe français Kering a gagné 10,90%, à 288 euros à Paris, après avoir présenté ses résultats annuels, portant une bonne partie de la hausse du CAC 40.
L’entreprise a fait état de ventes en baisse de 13% et d’un plongeon de son bénéfice net de 93,6% en 2025, mais les analystes de Capital Markets pointent du doigt «un chiffre d’affaires légèrement supérieur aux attentes au quatrième trimestre».
Et les résultats de Gucci, marque phare du groupe et en grande difficulté depuis plusieurs années, sont ressortis meilleurs qu’attendu, relèvent les analystes de Citigroup.
Commerzbank fait mieux que prévu
La deuxième banque privée allemande Commerzbank (-0,54%, à 35,26 euros à la clôture), sous la menace d’un rachat par l’italienne UniCredit, a annoncé mardi un bénéfice net de 2,6 milliards d’euros en 2025, meilleur qu’anticipé, et le lancement d’un programme de rachat d’actions.
Le bénéfice net reste quasi stable sur un an, alors que la banque prévoyait 2,5 milliards d’euros, en tenant compte d’une charge de 600 millions liée au départ de 3000 salariés en Allemagne l’an dernier, selon un communiqué. Hors restructuration, le résultat net progresse d’environ 13% à un niveau record de 3 milliards d’euros.
Le pétrole en légère baisse
Le marché pétrolier garde un oeil sur les tensions entre Washington et Téhéran après le bond de la veille provoqué par l’appel américain à la prudence pour les navires commerciaux qui s’approcheraient des côtes iraniennes.
Vers 18H10, le baril de WTI nord-américain perdait 0,47% à 64,06 dollars et celui de Brent de la mer du Nord lâchait 0,17% à 68,92 dollars.
Les rendements obligataires en baisse
Sur le marché obligataire, les rendements à 10 ans étaient tous en baisse mardi. Vers 18H10, le rendement des emprunts à 10 ans de l’Etat américain tombait à 4,14%, contre 4,20% la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, baissait lui aussi, à 2,81%, contre 2,84% lundi. Les rendements français, italiens et britanniques suivaient la même tendance.