Les marchés européens en rouge après les décisions des banques centrales

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Paris recule de 0,29%, Francfort de 0,46% et Londres de 0,90%. Milan flanche de 1,75%. A Zurich, le SMI boucle en baisse de 0,31%.

Les bourses mondiales sont dans le rouge jeudi: l’Europe digère les décisions des banques centrales européenne et britannique, qui ont toutes deux laissé leurs taux inchangés, quand Wall Street est plombée par les doutes croissants des investisseurs sur la tech.

Sur le Vieux Continent, Paris a perdu 0,29%, Francfort 0,46% et Londres 0,90%. Milan a nettement baissé de 1,75%. A Zurich, le SMI a bouclé en recul de 0,31%.

La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés jeudi, pour la cinquième fois d’affilée, signalant que la vigueur actuelle de l’euro et le ralentissement de l’inflation ne la forcent pas dans l’immédiat à changer de cap.

Comme prévu par les observateurs, le taux de dépôt a été maintenu à 2,00%, l’institution estimant que «l’inflation devrait se stabiliser au niveau de son objectif de 2% à moyen terme», dans un «environnement mondial difficile».

Dans la foulée, l’euro restait stable (-0,06%) par rapport au dollar, à 1,1804 dollar pour un euro.

En parallèle, la Banque d’Angleterre a laissé jeudi son taux directeur inchangé à 3,75%, une décision prise à une courte majorité, car l’institution monétaire prévoit un ralentissement de l’inflation et une croissance moins forte que prévue cette année.

Globalement, «il était certes prévisible que les banquiers centraux ne modifieraient pas leurs taux, mais certains acteurs du marché espéraient tout de même des déclarations claires sur la suite», explique Andreas Lipkow, analyste indépendant.

Résultat, «l’attentisme se prolonge» et «l’appétit d’achat des investisseurs diminue», relève-t-il.

A Wall Street le Dow Jones reculait de 0,87%, l’indice élargi S&P 500 cédait 0,80% et l’indice Nasdaq perdait 0,81%.

Les marchés américains sont eux plombés par l’inquiétude quant aux valeurs technologiques, chahutées cette semaine.

Le lancement mardi soir, par la start-up Anthropic, derrière le modèle de langage Claude, d’un nouvel outil d’IA conçu pour traiter les tâches juridiques et de recherche, a mis le feu aux poudres, faisant craindre un danger pour le modèle économique du secteur des logiciels.

Plus généralement, les acteurs «se demandent si les investissements massifs dans l’intelligence artificielle des grands groupes technologiques seront rentables», explique Cyrille Collet, directeur de la gestion quantitative actions de CPRAM.

Alphabet et Qualcomm dégringolent

Alphabet, maison mère de Google, faisait les frais de ces doutes, au lendemain de la publication de ses résultats, pourtant robustes. Son titre reculait de 2,97% à 323,12 dollars sur le Nasdaq, après avoir plongé de plus de 7% au début de la séance.

Le spécialiste des composants électroniques Qualcomm était lui aussi sanctionné après ses résultats, perdant 6,72% à 138,96 dollars.

Les taux américains reculent

Les taux d’intérêt des obligations américaines reculent nettement, après plusieurs indicateurs d’emploi ayant dessiné un ralentissement du marché, ce qui rend plus probables des baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Vers 17h50 (heure suisse), le taux à échéance deux ans, le plus sensible à la politique monétaire, reculait à 3,49%, contre 3,56% la veille. Celui à dix ans baissait à 4,21%, contre 4,27% mercredi.

Novo Nordisk poursuit sa chute

Après avoir déjà lourdement reculé la veille, le laboratoire a chuté de 7,88% à Copenhague, après que l’américain Hims and Hers a prévu de lancer sa propre version du Wegovy, son médicament contre l’obésité, pour seulement 49 dollars, soit trois fois moins cher.

Novo Nordisk a indiqué qu’il allait attaquer en justice Hims and Hers.

Glencore et Rio Tinto lâchés

Le géant minier suisse Glencore (-7,48% à Londres) et son concurrent anglo-australien Rio Tinto ont annoncé jeudi la fin des discussions sur leur projet de fusion, qui aurait donné naissance à la plus grande entreprise du secteur, un an après l’échec de précédents pourparlers.

L’argent dévisse, le bitcoin sous les 70’000 dollars

Après la flambée du mois dernier, soutenue par la spéculation, les incertitudes géopolitiques et inquiétudes concernant l’indépendance de la Fed, l’or et l’argent s’étaient effondrés la semaine dernière, avant un rebond ces derniers jours.

Un répit de brève durée: vers 17h50, l’argent dévissait encore de 12,49% tandis que l’or cédait 1,69%.

Le cours du bitcoin est quant à lui passé sous la barre des 70.000 dollars, pour la première fois depuis l’élection en novembre 2024 de Donald Trump, qui avait propulsé le secteur des cryptomonnaies.

Vers 17h50, il était à 67’730 dollars, en baisse de 6,74%.

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