Gonet: l'actualité des marchés au 30 janvier

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,11%, S&P 500 -0,13%, Nasdaq -0,72%, Russell +0,05%, SOX +0,16%, Eurostoxx -0,70%, SMI +0,95%.

Ces dernières semaines certaines parties du marché ont connu des mouvements quasi paraboliques, signe d’un appétit pour le risque extrême et parfois d’une liquidité mal répartie, ce qui fait peser des risques croissants sur la stabilité des marchés. La séance d’hier l’illustre fort bien avec des dégagements brutaux sur des segments très prisés récemment: métaux, minières, semi-conducteurs, banques européennes ou encore des indices comme le Kospi Sud-Coréen. D’autres tendances très marquées incluent la surperformance des petites capitalisations, la faiblesse du dollar et un regain de spéculation des investisseurs particuliers autour de l’IA.

Malgré ces excès apparents, les investisseurs restent largement concentrés sur la poursuite du marché haussier, reléguant au second plan les signaux de surchauffe. Il faut dire que les arguments fondamentaux en faveur de la hausse sont réels: économie encore solide, liquidité globalement abondante, nouveaux budgets de risque alloués en ce début d’année 2026 et résultats d’entreprises robustes. Les chocs géopolitiques ont pour leur part un cycle de vie de plus en plus court. La volatilité reste contenue, en revanche certains mouvements sont amplifiés par une liquidité insuffisante sur des marchés plus étroits. Réduire une exposition sur les grandes capitalisations américaines ou les bons du Trésor US est relativement facile, mais réallouer des montants massifs vers les small caps ou les métaux, beaucoup moins liquides, l’est nettement moins. La flambée de l’argent en est un bon exemple: le volume d’échanges d’un des principaux ETF est passé d’environ 2 milliards de dollars en temps normal à près de 40 milliards de dollars ces derniers temps, un niveau proche de celui du principal ETF sur le S&P 500 (SPX). En parallèle, la courbe de volatilité de l’or s’est inversée, signe que les investisseurs se ruent sur les options de court terme pour capter la hausse. Les fortes baisses observées en séance hier reflètent précisément cette faible profondeur de marché lorsque des positions surpeuplées (crowded trades) cherchent à sortir.

L’énorme trou d’air vécu par l’or hier à l’heure de notre goûter (l’once perd 400 dollars en quelques minutes avant de se reprendre en partie) et traiter ce matin à 5164 dollars entraîne avec lui notamment le Nasdaq100 (NDX), qui perd jusqu’à 2,5% avant de lui aussi reprendre ses esprits et terminer sa séance en repli de seulement 0,53%, on a presque envie de fêter ça… Les écarts du jour entre titres sont assez fous, voyez Microsoft qui chute de 10%, pendant que Meta décolle de 10,4%. La chute de Microsoft s’explique par le retour d’une interrogation persistante qui taraude les investisseurs depuis fin 2023: les sommes massives engagées dans l’intelligence artificielle vont-elles réellement se traduire par des profits pour les grandes plateformes technologiques? À l’inverse, l’augmentation des investissements de Meta dans ce domaine est perçue positivement, le groupe ayant réussi à démontrer que l’IA soutient et améliore la performance de ses revenus publicitaires. Le secteur des logiciels prend cher hier, perçu comme de plus en plus fragile face à l’avènement de l’IA, voyez SAP et ServiceNow qui chutent de 16% respectivement 10% à la cloche. Toute autre ambiance dans le bureau d’à côté avec les fabricants de puces-mémoire, que le marché s’est mis à aimer depuis quelques temps. Sandisk se met en orbite de 18% hier après ses trimestriels, nettement au-dessus des attentes.

Cela ne sert strictement à rien mais vous permettra d’en placer une ce soir à l’apéro ou dans un diner. Avec cette chute de 10% hier, Microsoft égare 357 milliards de dollars de capitalisation boursière, ce qui représente 1,4 x le poids de Nestlé en bourse. Le géant Nestlé…

Les volumes de trading augmentent hier Downtown Manhattan, le breadth est positif sur le SPX, négatif sur le NDX, la tech porte fièrement le bonnet d’’âne du jour, pendant que le podium du SPX se compose des services de communication, de l’immobilier et des financières. On notera que le NDX vient tester sa moyenne mobile à 50 jours en séance avec succès. La volatilité gagne 3% sur la séance, le VIX clôture à 16,88 après être grimpé jusqu’à 19,74 en séance. On se tourne du côté du marché obligataire où c’est tout de même très calme, le rendement du 10 ans US remonte légèrement à 4,27%, peut-être réagit-il au vent qui tourne autour de la Fed et nous indique que le favori de Donald Trump pour remplacer Jerome Powell est désormais Kevin Warsh, connu pour être plutôt faucon (partisan d’une politique monétaire restrictive donc), un ange passe au-dessus de ma logique… Le dollar lui aussi semble avoir entendu la rumeur, la paire EUR/USD revient à 1,1934, le prochain niveau de support se situe à 1,1919.

Après la cloche de fin de séance sur le NYSE, Apple annonce avoir a enregistré des ventes trimestrielles record et publie des perspectives supérieures aux attentes, tout en avertissant que la hausse des coûts des composants pourrait peser sur les marges. La première réaction du marché est de pousser le titre 2% plus haut mais cela ne dure pas, ce matin l’action indique un timide +0,7%.

On se penche sur la macro de ce jeudi avec les inscriptions initiales au chômage qui s’établissent à 209’000 la semaine dernière, en dessous du chiffre précédent révisé à 21’000. Les demandes continues ressortent à 1’827‘000, meilleures que le consensus. Le déficit commercial de novembre atteint 56,8 milliards de dollars, plus large que les 50,6 milliards attendus et en forte hausse par rapport à octobre (29,2 milliards). La productivité du troisième trimestre est confirmée à +4,9% en rythme annualisé, tandis que les coûts unitaires du travail restent à +1,9%.

La Chine prévoit de vendre pour 29 milliards de dollars d’obligations d’État spéciales afin de recapitaliser ses plus grands assureurs, selon l’agence Bloomberg, renforçant ainsi les acteurs majeurs d’un secteur sous pression pour se consolider.

Donald Trump poursuit le Trésor américain et l’IRS pour au moins 10 milliards de dollars, à la suite de la divulgation non autorisée de ses déclarations fiscales durant son premier mandat.

Le président américain met en garde le Royaume-Uni et le Canada contre la conclusion de nouveaux accords commerciaux avec la Chine, après que leurs dirigeants se sont rendus à Pékin ce mois-ci dans le but de renforcer leurs relations.

Au menu macro-économique de ce vendredi, les grandes économies européennes publient la lecture préliminaire de leurs PIB du quatrième trimestre 2025 en matinée. A 14h00 l'Allemagne communiquera son estimation de l'inflation de janvier. Aux Etats-Unis, prix à la production et indice PMI de Chicago sont attendus à 14h30 (15h45 pour le PMI).

Adidas a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 13% et un résultat opérationnel en hausse de près de 54% en 2025. Swatch publie sous les attentes. Amazon en pourparlers pour investir jusqu'à 50 milliards de dollars dans OpenAI, selon le WSJ. Les autorités américaines enquêtent sur des allégations selon lesquelles le personnel de Meta Platforms aurait accès aux messages WhatsApp. Elon Musk explorerait diverses pistes pour l'IPO de SpaceX, dont un rapprochement avec Tesla ou une combinaison alternative avec xAI. ByteDance et Alibaba s'apprêtent à lancer leurs nouveaux modèles d'IA respectifs, selon The Information.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse à part Séoul qui grappille 0,06%. Tokyo égare 0,1%, Hong Kong perd 2,07%, Shanghai rend 0,96% et le Nifty50 baisse de 0,64%. Le future SPX traite nettement en repli ce matin, il perd 0,8%, le NDX recule pour sa part de 1%.

Une certaine forme de nervosité semble s’emparer des intervenants à l’aube de ce dernier jour de trading du mois de janvier, après le coup de semonce plutôt violent d’hier après-midi. 

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