Repères d’un investissement d’impact réussi

Lucas Szymkowiak, BlueOrchard

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Malgré les incertitudes de 2025, l’investissement d’impact se précise: rendement, résilience, innovation et échelle en sont les piliers.

 

Selon le Global Impact Investing Network (GIIN), les capitaux placés dans des stratégies «impact» ont augmenté de 21% entre 2019 et 2025 malgré une croissance de la masse sous gestion globale de seulement 5%. Cela va de pair avec l’augmentation des allocations en investissement d’impact chez de nombreux investisseurs institutionnels: +49% chez les assureurs et +47% chez les caisses de pensions.

Cet environnement «sélectif» a conduit les investisseurs à privilégier les grands managers aux performances éprouvées. En 2025, les gérants détenant le plus d’encours ont vu leurs actifs croître significativement, tandis que les plus petits ont stagné. Cette croissance à deux vitesses s’explique moins par la taille que par l’analyse approfondie des pratiques d’impact management et de leur lien à la performance financière. 

Justifier cette croissance à deux vitesses par la seule taille des GPs serait cependant réducteur, alors que nombreux sont les LPs conduisant une analyse de plus en plus fine des pratiques d’ «impact management»  de leurs partenaires et de leur relation à la performance financière.

A cet égard, l’étude du GIIN indique une surperformance des investissements à impact en comparaison des investissements traditionnels, et ce pour toutes les classes d’actifs, démontrant que la fameuse «double bottom line» conciliant efficacement et de manière non exclusive objectifs financiers et extra-financiers ne relève pas de l’utopie qu’avancent ses détracteurs.

La profondeur et la liquidité des marchés actions et obligataires offre l’opportunité de mobiliser des volumes sans précédent en fonction d’enjeux de durabilité majeurs, générant ainsi un impact à grande échelle.

Néanmoins, ces objectifs financiers ne se limitent plus au seul rendement; la résilience du portefeuille apparaît tout aussi stratégique dans la construction d’une allocation performante, notamment dans le milieu institutionnel. 

La microfinance, constituant historiquement l’une des portes d’entrée les plus emblématiques de l’impact investing, incarne avec acuité le concept de résilience associé l’additionalité majeure générée par l’inclusion financière. Grâce à une diversification géographique poussée, un fonds de microfinance investit dans de nombreux pays émergents, où les risques se révèlent très idiosyncratiques et rarement corrélés entre eux. Cette décorrélation permet au portefeuille de rester stable même en période de turbulences localisées. Ce profil distinctif a séduit de nombreux investisseurs institutionnels suisses; aujourd’hui, certains fonds de pensions allouent jusqu’à 3% de leur portefeuille à la microfinance, confirmant ainsi l’institutionnalisation de cette classe d’actifs, reconnue pour sa stabilité et sa volatilité contenue, y compris lors des périodes marquées par des stress globaux ou des chocs exogènes.

L’impact comme vecteur de résilience s’illustre également au sein des structures innovantes de certains véhicules d’investissement, à l’image des initiatives «blended finance», auxquelles 31% des participants à la dernière étude du GIIN ont pris part, essentiellement sur les marchés non cotés. Ces approches consistent à associer des capitaux publics (ou philanthropiques) à des investissements privés afin de mieux répartir et mitiger les risques. Les mécanismes de «de-risking» comme la subordination, les garanties ou l’octroi de premières pertes permettent de cibler des segments de marché traditionnellement jugés trop risqués ou non rentables par le capital privé seul.

La «blended finance» agit donc comme un catalyseur, attirant des ressources privées vers des secteurs essentiels (éducation, agriculture, santé…) en renforçant la résilience des portefeuilles et l’efficacité du déploiement de capitaux. Cette structuration innovante confirme la capacité de la finance à impact à évoluer dans sa mission: répondre à des besoins sociaux et environnementaux, tout en maintenant des critères de solidité, de rendement et de gestion du risque pleinement alignés avec les attentes institutionnelles.

En marge des allocations impact dans les marchés privés, dominant à ce stade largement les allocations SRI, une stratégie «multi-assets» réaliste en la matière ne peut ignorer les classes d’actifs plus traditionnelles. La profondeur et la liquidité des marchés actions et obligataires offre l’opportunité de mobiliser des volumes sans précédent en fonction d’enjeux de durabilité majeurs, générant ainsi un impact à grande échelle.
L’investissement d’impact sur les marchés publics incite les émetteurs à améliorer leurs pratiques via un engagement actionnarial exigeant. Cette convergence entre performance et impact, valorisée par les investisseurs, permet une mise à l’échelle significative.

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