Depuis le début de l’année, les marchés financiers affichent des tendances inhabituelles. Tandis que les taux des bons du Trésor américain à 2 ans ont reculé, le S&P 500 et l’or, eux, ont atteint des niveaux records. De plus, les investisseurs semblent anticiper à la fois la résilience de l’économie et la poursuite de politiques monétaires accommodantes. Cependant, la stabilité de l’emploi se détériore aux États-Unis, ce qui rend l’espoir d’un soft landing incertain. Une volatilité accrue sur les marchés pourrait rétablir la relation entre données économiques et comportement des marchés. La dette émergente demeure ainsi fortement liée aux perspectives de l’économie américaine. Les obligations émergentes libellées en dollars, bénéficient traditionnellement de la baisse des taux américains. Malgré des spreads de crédit proches de leurs niveaux les plus bas, nous continuons d’identifier des opportunités de valeur par rapport aux marchés développés.
Aujourd’hui, la dette émergente présente un ratio rendement/risque attractif. Cependant, l’écart entre les obligations à haut rendement (High Yield, HY) et celles de qualité supérieurs (Investment Grade, IG) se situe à un niveau historiquement bas. Il convient donc de privilégier les émetteurs de haute qualité. Nous favorisons également les maturités courtes et intermédiaires, un choix qui permet de mieux se prémunir contre d’éventuelles surprises inflationnistes. Enfin, nous avons aussi une préférence pour les émetteurs du secteur financier, moins exposés aux droits de douane et susceptibles de tirer parti d’une courbe de taux plus pentue.
Dans un contexte économique et géopolitique en constante mutation, il devient de plus en plus difficile de prévoir les tendances macroéconomiques à long terme. Dans la construction des portefeuilles, nous estimons donc essentiel de privilégier la génération de revenu, de rechercher des valorisations acceptables et d’adopter une gestion rigoureuse des risques via la diversification. Le niveau de risque de crédit du portefeuille permet d’arbitrer entre le rendement du portefeuille et l’exposition au risque de taux d’intérêt, offrant ainsi une protection en cas de ralentissement économique. À nos yeux, les obligations émergentes de qualité, à court terme, sont particulièrement attractives, comme en témoignent les rendements et la volatilité observés fin août 2025 (J.P. Morgan CEMBI Broad Diversified High-Grade Index).