Le cours de Danone a chuté à la Bourse de Paris mercredi, miné par un rappel de lait infantile par l’agence alimentaire de Singapour dans un contexte de rappel de laits d’autres marques.
Le titre a cédé 8,42% à 67,40 euros, après avoir perdu près de 12% à l’ouverture, d’après l’agence économique Bloomberg, la plus forte baisse en séance jamais enregistrée par le titre depuis l’introduction en Bourse de Danone en 1989.
L’agence alimentaire de Singapour (Singapore Food Agency ou SFA) a annoncé le 17 janvier le rappel de laits infantiles Dumex, une marque de nutrition infantile rachetée en 2022 par Danone.
Sont également visés des produits du géant suisse de l’alimentation Nestlé. A la Bourse suisse, le titre Nestlé perdait 0,96% à 73,23 francs suisses.
«La SFA a détecté la toxine céréulide dans deux produits supplémentaires de lait infantile», explique l’agence dans son communiqué.
«Ces produits pourraient avoir utilisé la même matière première fournie par la même source que celle utilisée dans les lots précédemment impliqués», précise la SFA, évoquant l’arrêt de la vente de cinq produits Nestlé annoncé le 8 janvier dernier pour la «présence potentielle de la toxine céréulide».
«À la demande de la Singapour Food Agency, nous avons, à titre de précaution, bloqué un lot de produits spécifiquement fabriqués pour le marché singapourien», a indiqué le groupe Danone.
Le géant laitier Lactalis a également annoncé mercredi procéder à un rappel de six lots de lait infantile de la marque Picot en France, en raison de la «présence potentielle» de «céréulide», substance d’origine bactérienne susceptible de provoquer diarrhées et vomissements.
Nestlé avait de son côté annoncé début janvier un rappel volontaire de lots de laits infantiles par mesure de précaution dans plusieurs pays en Europe après avoir détecté un problème de qualité dans un ingrédient venant d’un de ses grands fournisseurs, à savoir la «présence potentielle de céréulide».
Baisse des naissances en Chine
L’ampleur de la chute du cours de Danone est «très peu habituelle» puisque il s’agit d’une valeur qui normalement «résiste en période de vents contraires», relève Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
Les valeurs de consommation constituent en effet «habituellement le squelette stable d’un portefeuille un peu comme les valeurs +utilities+ ou de services aux collectivités car on sait qu’on en aura toujours besoin», ajoute Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.
En parallèle, Deutsche Bank a abaissé son objectif de cours pour Danone, en raison du ralentissement de la croissance des importations chinoises de lait infantile.
«La publication par le gouvernement chinois d’une baisse de 17% des naissances l’an dernier renforce les inquiétudes selon lesquelles les activités de lait infantile exposées à la Chine devraient faire l’objet d’une révision à la baisse de leur valorisation», expliquent les analystes de Deutsche Bank dans leur note publiée mardi.
Jefferies évoque également une baisse des naissances en Chine «attendue» en raison d’un effet de comparaison défavorable avec l’année 2024 marquée par un «boom des naissances» déclenché «par l’attrait de l’année du Dragon pour les naissances et par les décisions de fonder une famille après la période Covid», selon une note publiée lundi.