Ce lundi 19 janvier, c’est le Blue Monday, considéré par beaucoup comme le jour le plus déprimant de l’année. En effet, ce troisième lundi de janvier concentre tous les ingrédients d’une morosité ambiante: les fêtes sont loin, les bonnes résolutions vacillent, les factures s’accumulent, la météo est maussade et les prochaines vacances semblent encore loin.
En Europe, nous faisons en outre toujours face à un contexte géopolitique est incertain, tandis que plusieurs Etats membres doivent assainir leurs finances publiques, ce qui fragilise les gouvernements et alimente la contestation sociale.
Ce contexte anxiogène explique probablement pourquoi les européens épargnent toujours davantage. Leur taux d’épargne a ainsi encore augmenté en 2025 pour atteindre 15% du revenu disponible – soit trois fois plus qu’aux Etats-Unis – et, pour 2026, les intentions d’épargne des Européens sont au plus haut depuis le début des sondages de la Banque Centrale Européenne.
A l’entame de 2026 il y a cependant de nombreuses raisons de rester optimiste!
Bien qu’au début 2025 nombre d’observateurs craignaient que les tensions commerciales et géopolitiques ne plongent nos économies en récession, l’économie mondiale est restée résiliente et devrait, selon la plupart des économistes, continuer à afficher un rythme de croissance soutenu en 2026. Il faut dire que, ces dernières années, les récessions se sont devenues raréfiées, en plus d’être historiquement relativement courtes. En effet, depuis 1900, les récessions américaines n’ont duré en moyenne que 14 mois, contre 49 mois pour les périodes d’expansion. Les récessions sont donc l’exception plutôt que la norme, ce qui donne raison aux optimistes!
C’est également vrai sur les marchés financiers, où de nombreux épargnants restent tétanisés à l’idée d’une correction. Pourtant, comme le disait Peter Lynch, gourou de Wall Street: «les investisseurs ont perdu plus d’argent en essayant d’anticiper les corrections que dans les corrections elles-mêmes.»
Depuis 1957, le S&P 500 a connu 11 phases haussières d’une durée moyenne de 61 mois, avec une performance moyenne de +169%. A l’inverse, les 10 phases baissières ont duré en moyenne 14 mois, avec une baisse moyenne de 34%. Les périodes de hausse sont donc nettement plus longues et plus marquées que les corrections — preuve que, sur le long terme, les optimistes triomphent!
Et pourtant, malgré cette réalité statistique, les Européens osent encore trop peu croire en un avenir meilleur. Ils épargnent beaucoup et, en conséquence, seuls 30% de leur patrimoine est investi en actions ou fonds d’investissement, contre près de 50% aux Etats-Unis. Cela représente un coût d’opportunité gigantesque.
La croissance économique en «K» n’est pas une fatalité
Ainsi, si le ressenti économique, et donc la propension à épargner, des Européens est plus négatif qu’aux Etats-Unis, c’est aussi parce qu’ils souffrent d’un effet richesse négatif induit par une gestion trop conservatrice de leur épargne.
Ces quinze dernières années, le rendement des produits d’épargne corrigé de l’inflation a été négatif (-16,5%), alors que le marché d’actions européen (Stoxx 600) affiche plus de 50% de progression sur la même période.
Ceci permet de comprendre l’origine de cette croissance économique en forme de «K» que nous connaissons actuellement.
La branche ascendante du K est composée des ménages ou entreprises qui s’enrichissent grâce à la hausse du prix des actifs financiers, soutenue ces dernières années par les développements technologiques et le déploiement de l’intelligence artificielle. La branche descendante du K est en revanche composée de ceux qui s’appauvrissent, pénalisés par la pression sur les salaires et l’impact de l’inflation sur leur épargne.

Il n’y a cependant pas de fatalité et il n’est pas trop tard pour inverser la tendance!
Alors, en ce 19 janvier, conjurons le sort! Parions sur un avenir meilleur et faisons un pas vers les marchés financiers pour faire croître notre patrimoine. En le faisant, nous soutenons nos entreprises, donc notre économie et nos emplois, et nous contribuons ainsi à enclencher un cercle vertueux.
C’est le triomphe des optimistes!