La Fed est au centre du narratif en ce début de semaine, qui vous savez tente une nouvelle fois de prendre le contrôle sur l’institution tout en niant en être…
Aux États-Unis, plusieurs figures politiques et économiques de tous bords défendent publiquement l’indépendance de la Réserve fédérale après que le ministère de la Justice a lancé une procédure contre son président Jerome Powell, une initiative perçue comme une tentative de pression inédite du gouvernement de Donald Trump. Les anciens responsables de la Fed, Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen dénoncent une instrumentalisation de la justice visant à saper l’autonomie de la banque centrale, tandis que des responsables actuels, comme John Williams, président de la Fed de New York, mettent en garde contre les risques économiques d’une ingérence politique dans la politique monétaire. Certains républicains, dont la sénatrice Lisa Murkowski, s’opposent également à Trump et affirment qu’ils refuseraient d’approuver de nouveaux dirigeants de la Fed tant que la question de l’indépendance ne serait pas réglée. Trump souhaite de son côté nommer un dirigeant plus accommodant sur les taux d’intérêt, Kevin Hassett étant son favori, tout en entretenant le suspense. Jerome Powell affirme que la procédure judiciaire repose sur un prétexte lié au coût des rénovations du siège de la Fed et non sur une véritable affaire criminelle, estimant que le véritable motif est la frustration de Trump de ne pas avoir obtenu de baisses de taux. Cette situation inquiète les marchés, même si la Bourse de New York a rebondi après une ouverture en baisse, les investisseurs pariant que l’enquête ne remettra pas durablement en cause l’indépendance de la Fed.
Wall Street rebondit après un repli en début de séance. Le Dow Jones et le S&P500 (SPX) prolongent chacun leurs plus hauts niveaux de clôture atteints vendredi. La levée de boucliers autour du patron de la Fed incite probablement les acheteurs à revenir rapidement aux affaires, on vendra l’Amérique plus tard, le marché se concentre à nouveau sur la macro (indice des prix à la consommation cet après-midi) et la micro avec les résultats trimestriels de sociétés qui vont commencer à tomber dès aujourd’hui, JP Morgan et Bank of New York lanceront le bal. En parallèle on attend la décision de la Cour suprême américaine sur la légalité des droits de douanes imposés par le président des Etats-Unis, cette décision pourrait tomber demain.
Rien de particulier sur la partie technique des principaux indices, on retiendra cependant que le VIX réalise un superbe faux départ hier, décolle en direction de ses moyennes mobiles à 50 et 100 jours à l’ouverture pour rapidement rentrer dans le rang, niveau actuel 15,35, techniquement il peut aller visiter 12,70. Le rendement du 10 ans US remonte à 4,19%, rendez-vous au CPI pour que cela évolue peut-être un peu, résistance à 4,23% (200 jours). Le Dollar Index (DXY) reste en embuscade, il se bat actuellement avec sa 50 jours, c’est à suivre de près, s’il la casse il pourrait accélérer à la hausse, ce qui actuellement ne fait pas vraiment consensus dans les salles de marchés.
Les investisseurs américains semblent afficher un optimisme marqué sur l’économie, malgré des données récentes contrastées. Si les créations d’emplois déçoivent, la baisse du taux de chômage et la solidité de la croissance nourrissent une lecture positive de la conjoncture. Wall Street privilégie les secteurs cycliques comme la consommation discrétionnaire, les matériaux, l’industrie et l’énergie, tandis que la technologie sous-performe en ce début d’année. Les marchés parient sur une poursuite de l’expansion économique, soutenue par une immigration plus faible expliquant le ralentissement de l’emploi, par une demande privée encore solide, par la dissipation de certaines incertitudes commerciales et par les effets retardés des baisses d’impôts.
Cet optimisme se reflète aussi sur le marché obligataire, avec une courbe des taux qui se pentifie: les rendements à court terme baissent davantage que ceux à long terme, signe que les investisseurs anticipent des baisses de taux sans récession marquée. La perspective de politiques plus favorables à la croissance à Washington et d’un possible allègement des droits de douane renforce ce sentiment.
Au Japon le yen s’affaiblit à son plus bas niveau depuis juillet 2024 et les actions grimpent en flèche après que l’annonce que la Première ministre Sanae Takaichi a l'intention de convoquer des élections anticipées. Cette décision vise à consolider le soutien à sa politique favorable à la relance.
Au menu macro-économique de ce mardi, l’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis (CPI) de décembre à 14h30.
Sika annonce un chiffre d'affaires préliminaire de 11,2 milliards de francs suisses pour 2025. Lindt affiche 12,4% de croissance organique en 2025 et porte ses ventes à 5,92 milliards de francs. Le CEO d'UBS, Sergio Ermotti, prévoit de passer la main en avril 2027. Ørsted annonce qu'un tribunal fédéral américain a accordé une injonction préliminaire autorisant la reprise de la construction du projet Revolution Wind. AMS-Osram est en pourparlers avancés pour la vente de certaines activités dans le cadre de son plan de désendettement accéléré. Alphabet dépasse les 4’000 milliards de dollars de capitalisation, dopé à l'IA. Apple conclut un partenariat pluriannuel avec Google (Alphabet), qui fournira au fabricant de l’iPhone ses modèles d’IA générative Gemini afin d’améliorer ses fonctionnalité, notamment l’assistant vocal Siri. L'Autorité antitrust italienne réduit l'amende infligée à Amazon de 1,128 milliard d'euros à 752,4 millions d'euros pour abus de position dominante sur le marché des services logistiques. Meta dévoile «Meta Compute», une ambitieuse infrastructure de calcul à l'échelle du gigawatt. Meta qui prévoit par ailleurs de supprimer environ 10% des effectifs dans son département Reality Labs, selon le NYT. Un rapport du Sénat accuse UnitedHealth d’avoir utilisé des pratiques agressives pour gonfler diagnostics et remboursements Medicare privés. Toyota Motor conserve sa place de leader mondial des ventes automobiles pour la sixième année consécutive, devant Volkswagen, selon une estimation de Nikkei.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo décolle de 3,1%, Hong Kong gagne 0,9%, Shanghai perd 0,64%, Séoul prend 1,47% et le Nifty50 recule de 0,49%. L’or se maintient juste en-dessous de 4600 dollars l’once, le pétrole tente de tester la barre des 60 dollars le baril de WTI Light Crude.