Liontrust: perspectives pour 2026

Communiqué, Liontrust

4 minutes de lecture

A quoi pouvons-nous nous attendre en 2026? Les équipes d'investissement de Liontrust envisagent l'avenir avec un optimisme certain.

La diversification attendue des rendements a commencé en 2025, avec de solides performances relatives des marchés d'actions au Royaume-Uni, en Europe, au Japon et dans les marchés émergents. Mais la concentration des marchés mondiaux sur les méga-capitalisations américaines est également restée d’actualité, avec des capitalisations boursières atteignant des milliers de milliards de dollars. En outre, la puissance des marchés obligataires et leurs avantages en termes de diversification se sont à nouveau rappelés à nous. A quoi pouvons-nous nous attendre en 2026? Les équipes d'investissement de Liontrust envisagent l'avenir avec un optimisme certain.

Samantha Gleave, co-responsable de l'équipe Solutions de flux de trésorerie

Le redressement des marchés boursiers mondiaux dans le sillage de l’accès de volatilité induit par les droits de douane plus tôt dans l'année s’est poursuivi et, à l'approche de 2026, le marché européen continue de s’inscrire dans une tendance technique constructive. Malgré cette forte reprise et une surperformance par rapport aux actions américaines, les valorisations européennes demeurent raisonnables, en particulier pour les entreprises qui génèrent des flux de trésorerie attrayants et durables.

Notre processus d'investissement nous permet de trier l'univers des actions européennes à l'aide d'indicateurs de flux de trésorerie exclusifs et ainsi d'identifier les entreprises présentant la meilleure dynamique en la matière, qui rejoignent notre «liste de surveillance des champions en matière de flux de trésorerie» (Cashflow Champions Watchlist), à partir de laquelle nous sélectionnons les titres du portefeuille. Malgré les récentes hausses du marché, cette liste n’a que très rarement reflété des valorisations aussi intéressantes.

La discipline en matière de flux de trésorerie dont continuent de faire preuve les équipes de direction des entreprises constitue un autre signal positif. Dans ce contexte, et compte tenu de l'évolution de l'environnement macroéconomique, nous continuons de privilégier un positionnement équilibré en termes de styles au sein des portefeuilles à l'horizon 2026.

Storm Uru et Clare Pleydell-Bouverie, co-responsables de l'équipe Innovation mondiale

Nous entrons dans une ère de cycles d'innovation qui se chevauchent, de l'IA physique (robots et systèmes autonomes) au calcul accéléré, en passant par les plateformes biotechnologiques, qui connaissent des avancées majeures. D'ici 2026, les innovations commercialisées au cours des trois dernières années devraient commencer à produire des effets cumulés : les logiciels automatiseront davantage de tâches intellectuelles grâce aux assistants de codage, les infrastructures s’étendront grâce à de vastes clusters de calcul accéléré, et les plateformes biotechnologiques industrialiseront de plus en plus certaines portions de la recherche et du développement. Ces évolutions donnent un sérieux coup d’accélérateur aux capacités de test, d’itération et de développement des entreprises de premier plan.

A l'approche de la fin de l'année 2025, une question est sur toutes les lèvres : sommes-nous au beau milieu d’une bulle de l'IA, ou essayons-nous simplement de nous convaincre qu’il en existe une? Les termes «surconstruction» et «surcapacité» sont souvent employés pour décrire les bulles traditionnelles, mais il en va autrement de l’IA. Les capacités en termes de calcul, d’énergie et de centres de données restent limitées, et il faudra probablement attendre plusieurs années, et non quelques trimestres, avant que l’offre ne puisse répondre à ces besoins. Il convient d’en tenir compte pour 2026, dès lors que cela implique une fenêtre d'investissement et d’adoption plus longue, même si la discipline en matière de valorisation demeure essentielle. Les divergences en termes de moteurs du leadership sur les différents marchés ne doivent par ailleurs pas être négligées : les gains récemment enregistrés par le secteur technologique américain découlent plutôt de la croissance des bénéfices que de l’expansion des multiples, tandis qu’ils sont davantage liés aux valorisations dans certains pays européens et aux Japon.

La configuration du secteur des soins de santé s’améliore également. Après une profonde récession de trois ans, des organisations plus légères et plus ciblées commencent à réinvestir, faisant de plus en plus la part belle aux approches fondées sur des plateformes. Celles-ci peuvent permettre de raccourcir les cycles de développement et de réduire les coûts, et l'intégration d'outils d'IA devrait encore améliorer la productivité dans les domaines de la recherche, de la conception des essais et des opérations.

Nous sommes convaincus que les gagnants de la prochaine décennie ne seront pas les mêmes que ceux des dix dernières années. Chaque changement technologique majeur bouleverse les avantages concurrentiels, comme nous l’avons vu avec la téléphonie mobile ou avec l’adoption du cloud. L'IA représente une évolution plus large, dans la mesure où elle peut concerner tous les secteurs. Plutôt que de partir du principe que les géants d’aujourd’hui resteront sur leur piédestal, il y a fort à parier que les challengers proposant des produits spécialement conçus pour l'ère de l'IA conjugués à une économie unitaire supérieure pourraient commencer à monter en puissance en 2026. Dans cet environnement, nous privilégions les entreprises qui surpassent la concurrence parce qu'elles sont pensées pour les nouvelles plateformes, et non parce qu’elles se contentent d’adapter d’anciens modèles à celles-ci.

Mark Hawtin, responsable de l'équipe Actions mondiales

Nous entrevoyons de grandes opportunités pour les marchés d'actions mondiaux en 2026, dès lors que la croissance demeure robuste et que les taux d'intérêt baissent partout dans le monde, sous l'impulsion du ton accommodant de la Fed. La diversification conserve cela dit toute son importance, et est incontournable pour rester pleinement investi.

Deux facteurs principaux expliquent selon nous les rendements des actions, à savoir les incertitudes macroéconomiques entourant la croissance économique, l'inflation et l'évolution des taux d'intérêt, d’une part, ainsi que celles concernant l'évolution des investissements et des rendements dans le domaine de l’IA, d’autre part.

Nous estimons que le dollar américain restera sous pression, que l’évolution du thème de l’IA sera volatile et imprévisible et qu’une stratégie de diversification vis-à-vis des poids lourds du marché offrira le meilleur profil risque/rendement. 

Le marché semble encore trop pessimiste à l’égard de l'Europe, où nous identifions de nombreuses idées d'investissement prometteuses, et la perspective d'un dollar faible est favorable aux actions émergentes.

L'Europe est constamment critiquée pour son retard en matière de réformes structurelles et d'investissements, mais la situation est en train de changer. Bien qu'un euro plus fort ne soit pas idéal pour nombre de titres de qualité sur le marché, les dépenses de défense et les investissements dans les infrastructures électriques nous semblent en effet mettre fin à un quart de siècle de sous-investissements.

Les valorisations s’inscrivent à des niveaux raisonnables et l'effet lié aux «Sept Magnifiques» s’inverse en Europe, les plus grandes capitalisations sous-performant depuis un certain temps.

Les marchés émergents semblent bien partis pour prolonger leur surperformance de 2025, grâce à l’amélioration de la liquidité dans les différents pays, qui s’accompagne d’un retour de la prime de croissance des bénéfices par rapport aux marchés développés. Bon marché et sous-représentés au sein des portefeuilles après un cycle de sous-performance de près de 15 ans, les marchés émergents sont mûrs pour une reprise, l'assouplissement imminent de la Fed ouvrant la voie à une réduction quasi généralisée des taux d'intérêt à l’échelle mondiale, tandis que la fin de la domination du dollar lève un obstacle majeur. L'Inde et l'Amérique latine offrent parmi les opportunités les plus intéressantes, malgré des moteurs et des caractéristiques très différents.

Donald Phillips, responsable du crédit, équipe Multi-actifs

Les spreads de crédit restent faibles, ce qui signifie que les revenus (plutôt que le resserrement des spreads de crédit) devraient constituer le principal moteur des rendements. Le rendement global de la classe d'actifs du haut rendement, compris entre 6,5% et 7%, est toujours attrayant. Les valorisations (telles que mesurées par les spreads de crédit) étant relativement élevées, le marché est devenu plus sensible aux nouvelles défavorables ou aux tensions idiosyncratiques sur le crédit. La dispersion sur le marché est particulièrement évidente parmi les émetteurs moins bien notés, dont les risques sont plus nettement récompensés ou punis.

Une légère augmentation des taux de défaut n’est pas à exclure, en particulier au niveau des émetteurs moins bien notés. Toutefois, notre scénario de base ne prévoit pas de défaillances systémiques à grande échelle. Dans cet environnement, la gestion active conserve toute son importance pour faire face à une dispersion croissante.

A plus long terme, disons sur un horizon de cinq ans, nous pensons que le haut rendement est en mesure de générer des rendements similaires à ceux des actions, moyennant un risque de baisse nettement inférieur.

Cela dit, dans un contexte de ralentissement potentiel de la croissance, les crédits dotés de fondamentaux robustes, les structures financières saines et les caractéristiques défensives sont susceptibles de surperformer. Nous conserverons une approche disciplinée en ce qui concerne les risques idiosyncratiques et continuerons d’éviter les expositions thématiques ou cycliques concentrées, ce qui nous permettra de viser des rendements ajustés au risque attrayants, de réduire notre exposition aux défauts et de ne pas vendre des obligations à un prix nettement inférieur à leur valeur nominale pendant les périodes de volatilité.

A lire aussi...